Austin Eastman a marqué le deuxième but des Remparts en deuxième période.

Les Remparts impeccables

Plongée dans un sommeil profond en l'absence de Vitalii Abramov, l'attaque des Olympiques a rendu la vie facile aux Remparts dans un match enlevé 3-0 par les hommes de Philippe Boucher devant 11 170 amateurs, samedi au Centre Vidéotron.
Après deux périodes, Gatineau n'avait dirigé que huit lancers sur Dereck Baribeau, qui a enregistré on quatrième gain en quatre matchs cette saison. Il a signé son premier jeu blanc de la campagne, prenant la pole dans la plupart des catégories de statistiques de la Ligue chez les gardiens de but : moyenne de buts alloués, pourcentage d'arrêts, victoires, etc.
«On a une très bonne défensive. Je pense qu'on a six gars qui pourraient être top 4 partout ailleurs dans la ligue. Même, les attaquants, ils travaillent tellement fort pour suivre la rondelle en zone défensive qu'on ne donne jamais rien. Tous les lancers que je reçois viennent de l'extérieur. Ça fait des games très simples pour moi», a raconté l'espoir du Wild du Minnesota.
Après quatre matchs cette saison, les Remparts n'ont accordé que très peu de tirs au but et ont limité leurs adversaires à trois filets. Au chapitre des buts alloués, ils occupent d'ailleurs le premier rang dans la LHJMQ. Tout un contraste avec la saison dernière, où les gardiens devaient repousser des barrages de lancers pour l'emporter!
«On joue comme ça depuis le début de la saison. On a six défenseurs qui peuvent jouer. On en avait deux au banc des punitions à la fin du match et on avait encore quatre autres qui pouvaient jouer dans toutes les situations. C'est un luxe qu'on a», a noté l'entraîneur-chef Philippe Boucher.
«C'est sûr qu'il manquait deux bons joueurs [Abramov et Breton], de l'autre côté. On en a profité. On a joué du bon hockey. On exécute bien. Défensivement, on n'a pas donné grand-chose et quand on a donné quelque chose, Baribeau a été vraiment vraiment bon.»
Un coup discutable de Huntley
Olivier Garneau (3e) en première, Austin Eastman (1er) en deuxième et Derek Gentile (3e), dans un filet désert en troisième, ont inscrit les buts des Diables rouges dans un match qui a été marqué par un coup discutable du défenseur Christian Huntley. Au premier vingt, il a frappé par derrière l'attaquant des Olympiques William Basque, qui est rentré tête première dans la bande. Il est demeuré longuement allongé sur la glace avant d'être escorté par des coéquipiers hors de la patinoire. Il a été transporté à l'hôpital pour y subir des tests.
L'entraîneur-chef Éric Landry n'a pas apprécié le coup et entend envoyer le film du match au directeur de la sécurité des joueurs de la LHJMQ, Raymond Bolduc.
«On a récemment eu des vidéos sur ce type de coup-là, où on nous disait que s'il y avait un coup dans le bas du dos, vers la bande, c'était pour être sanctionné. Ç'a été sanctionné avec un deux minutes pendant le match. Je me serais attendu à une plus grande punition que ça, mais ça n'a pas été considéré. C'est le choix de l'arbitre. C'est un vidéo qu'on va envoyer à la ligue. Mais c'est un vidéo que la ligue aurait revu de toute façon.»
Boucher a convenu que le geste était punissable, mais a pris la défense de son joueur, qui est reconnu pour son jeu propre. «On ne parle pas d'un récidiviste. On parle d'un gars qui joue une game clean et qui joue une game plus intelligente que physique. [...] Je vais voir ce que Raymond va faire avec ça. Mais c'est sûr que ce n'était pas intentionnel.»
Les Remparts ont congé dimanche. Ils entreprendront lundi leur préparation en vue d'un voyage qui les amènera à Halifax, Charlottetown et Bathurst, vendredi, samedi et dimanche.
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Abramov de retour sur «la petite glace»
Après s'est accordé quelques jours de réflexion à la suite de son retranchement par les Blue Jackets de Columbus, Vitalii Abramov a finalement rejoint les Olympiques de Gatineau, samedi à Québec.
Meilleur marqueur de la LHJMQ avec 104 points en 2016-2017, l'attaquant russe était convaincu qu'il n'avait plus rien à prouver dans le Circuit Courteau et pouvait, à 19 ans, percer l'alignement de la formation de la LNH. Tant et si bien qu'il n'avait pas participé au camp des Olympiques. Sa déception n'en a été que plus grande, lorsqu'il s'est fait montrer le chemin de Gatineau par les Blue Jackets, mercredi.
Pendant quelques jours, il a soupesé ses options, mais elles étaient plutôt limitées puisqu'une règle stipule qu'un joueur de la Ligue canadienne repêché dans la Ligue nationale doit être cédé à son équipe junior s'il est âgé de moins de 20 ans. Abramov affichait néanmoins un sourire lorsqu'il s'est présenté au Centre Vidéotron, deux heures avant la rencontre entre les Olympiques et les Remparts. Il n'a toutefois pas pu prendre part au match puisqu'il n'avait toujours pas obtenu sa libération de la Fédération internationale de hockey.
«Ç'a été difficile. Je pensais que j'étais en mesure de faire l'équipe. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver. J'avais travaillé fort pendant le camp d'entraînement pour être à mon meilleur. Les choses ne se sont pas passées comme je l'espérais. C'était difficile à avaler. C'est pour ça que j'ai pris le temps de réfléchir à où ce serait le mieux pour moi de jouer», a expliqué celui qui revendique 197 points en 129 matchs dans la LHJMQ.
Contre mauvaise fortune bon coeur
Son retour à Gatineau, où il n'a encore rien gagné, était inévitable, même si une offre d'une équipe professionnelle finlandaise était sur la table.
«Le règlement est assez clair», a relevé le dg des Olympiques, Alain Sear. «Ils n'ont pas beaucoup d'options. Je ne pense pas que le clan Abramov avait songé à ça, pensé à ça, avait su ça. Et Columbus, c'était leur voeux qu'il vienne jouer junior. Ils ont eu une bonne conversation avec notre entraîneur Eric Landry pour échanger sur ce qu'il doit améliorer pour se rendre à l'autre niveau. On va l'encadrer là-dedans.»
Déçu d'avoir été retranché par les Blue Jackets de Columbus mercredi, Vitalii Abramov a finalement rejoint les Olympiques à Québec, samedi, mais n'a pas participé à la rencontre.
Quant à Abramov, il semble déterminé à faire contre mauvaise fortune bon coeur et se dit maintenant impatient de rejoindre ses coéquipiers. «C'est une bonne ligue, une bonne équipe, une bonne organisation. J'aime être ici. C'est bon pour moi de rester en Amérique du Nord et sur la petite glace. L'Europe, c'était une option, mais ce n'était pas très sérieux.»
Sear est convaincu qu'Abramov ne perdra pas son temps en disputant une troisième saison dans la LHJMQ. Pour l'organisation, il pourrait en plus représenter une bonne monnaie d'échange aux Fêtes.
«À 19 ans, jouer dans la LHJMQ, ce n'est pas une punition. Il a encore beaucoup de choses à apprendre dans le junior. Il doit apprendre à être un leader, à gagner. J'ai vu Claude Giroux revenir à l'âge de 19 ans et faire 51 points dans les séries éliminatoires et nous aider à gagner notre septième Coupe du Président.»
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Le parcours inusité de Roelens
Né en Belgique et arrivé à l'Île d'Orléans il y a quatre ans, le centre des Olympiques Métis Roelens a connu un parcours vers la LHJMQ pour le moins inusité. 
Ayant fait ses premières armes dans le hockey à Eeklo, à une trentaine de minutes du domicile familial de Bruges, puis pendant trois saisons en France avant d'investir le programme de l'Arsenal de l'Académie Saint-Louis à Québec, le centre de 6'4" et de 196 livres peut se targuer d'être seulement le troisième Belge à avoir été repêché dans le circuit Courteau.
«En France, le calibre de jeu était moins bon qu'ici, mais c'était quand même meilleur que ce que j'avais connu en Belgique. Je suis allé là pour m'améliorer», a raconté le grand blond, fils de deux anciens basketteurs professionnels.
Métis Roelens a fait ses premières armes dans le hockey dans un aréna situé à une trentaine de minutes de sa ville natale, Bruges, en Belgique.
Puis ses parents ont acheté la maison de l'Île d'Orléans, qui était déjà dans la famille de sa mère, et ont déménagé au Québec. D'ici, ils continuent d'exploiter des bed and breakfast à Bruges. Samedi, ils étaient toutefois au Centre Vidéotron, en compagnie de leurs quatre autres enfants - Milo, Émile, Ceydie et Sari - pour assister au premier match de Métis à Québec. «Je suis un petit peu stressé, mais je suis très content d'être ici et j'espère avoir beaucoup de plaisir. C'est un bel aréna. Ça va être vraiment spécial», avait raconté le produit du Blizzard du Séminaire Saint-François 
À l'entendre, difficile de croire qu'il ne parlait pas un mot de français lorsqu'il est arrivé de Belgique! Encore aujourd'hui, toutes les conversations se déroulent en néerlandais à la maison. Dans l'apprentissage des langues comme au hockey, Roelens aura connu une progression fulgurante. Avec les Olympiques, il ne compte toutefois pas brûler les étapes, lui qui pivote le troisième trio. «Je ne me mets pas trop de pression. Je vais essayer de jouer mon jeu.»