Pierrick Dubé célèbre après avoir reçu la confirmation que le tir de son coéquipier Luke Kutkevicius avait déjoué le gardien Alexis Gravel des Mooseheads lors d’un avantage numérique.

Les Remparts gagnent la première face aux Mooseheads [VIDÉO]

HALIFAX — Tout le monde le répète : les séries, c’est pas pareil! Vendredi soir, les Remparts l’ont prouvé de belle façon en gagnant 3-2 le premier match de leur série huitième de finale contre les puissants Mooseheads, à Halifax.

Les juniors de Québec affrontent les champions de l’Association Est et hôtes du prochain tournoi de la Coupe Memorial, une équipe qui a cumulé 22 victoires et 35 points de classement de plus qu’eux en saison régulière. Mais les éliminatoires, c’est vraiment autre chose.

Les Mooseheads ont beau avoir le meilleur désavantage numérique de la LHJMQ, et ils l’ont encore prouvé en inscrivant un but à court d’un homme, les Remparts ont tiré le plus profit de la situation en marquant à deux reprises sur l’attaque massive, au grand déplaisir de 7650 amateurs réunis au Centre Scotiabank.

Les buts de Matthew Grouhcy et de Luke Kutkevicius procuraient une avance de 2-0 aux visiteurs dès la première moitié de rencontre. Les Remparts se sont ensuite surtout défendus, repliés dans une défensive efficace doublée d’un gardien solide en Anthony Pagliarulo. Le troisième but inscrit par Pierrick Dubé sur une échappée causée par un revirement, en début de troisième vingt, a fait beaucoup de bien.

«J’ai dit aux gars de savourer celle-là maintenant, parce qu’on se concentre sur la rencontre de samedi dès qu’on rentre à l’hôtel», a commenté l’entraîneur-chef Patrick Roy, après la victoire des siens.

L’ex-gardien de but étoile a d’abord encensé ses unités spéciales et sa brigade défensive, avant de bien sûr s’attarder au travail des portiers. «Notre gardien a été bon, meilleur que le leur», a affirmé Roy, jugeant les 19 arrêts de Pagliarulo supérieurs aux 19 d’Alexis Gravel.

Groulx malade, Asselin expulsé

Déjà privés de leur deuxième marqueur en Benoît-Olivier Groulx, qui a obtenu confirmation qu’il souffre d’une mononucléose juste avant la partie, les Mooseheads ont ensuite dû se passer de leur meilleur marqueur et premier buteur de la LHJMQ, Samuel Asselin, auteur d’un plaquage par-derrière à l’endroit de Thomas Caron en cours de deuxième période.

Sur le jeu, Asselin a écopé d’une punition majeure de cinq minutes et d’une extrême inconduite de partie, ce qui pourrait le priver de jouer samedi si la ligue lui impose une suspension. Quant à Groulx, on parle bien sûr de semaines d’absence, dans son cas.

«La pénalité à Asselin ne nous a pas aidés, c’est un gros morceau pour nous. En fait, deux gros morceaux [avec Groulx]. Ç’a changé le temps d’utilisation de certains joueurs, mais c’est les séries et c’est comme ça», a résumé le pilote des Mooseheads, Éric Veilleux, calme malgré le revers.

Veilleux, dont les troupiers ont passé 13 minutes avec un patineur en moins contre 4 pour Québec, en avait aussi contre deux pénalités infligées à ses protégés pour avoir exagéré leur réaction à un coup (puni) de l’adversaire.

«On n’en a eu aucune durant toute l’année... Si c’est de la faute de nos joueurs, ils vont le savoir», a-t-il laissé tomber, refusant de remettre en doute le travail des officiels sur la place publique.

Justin Barron et Jared McIsaac ont marqué pour Halifax.

Le but de Barron, qui a déjoué Pagliarulo au-dessus de l’épaule gauche du côté rapproché du poteau pour ramener le score à 2-1, aurait pu faire mal. Le gardien des Remparts n’a pas bien paru, alors que Halifax évoluait à quatre contre cinq.

«Je devais rester concentré parce que si le lancer suivant passait, ça devenait 2-2 et la game changeait complètement», a analysé Pagliarulo, fier de son premier départ éliminatoire dans le junior. «Je ne cacherai pas que j’étais plus nerveux que d’habitude, mais on commence du bon pied et on est très contents», a conclu le sympathique numéro 31 des Remparts.

NOTE : Blessés, Aleksei Sergeev (clavicule) et Dylan Schives (main) n’ont pas joué pour Québec et pourraient ne pas revoir d’action cette saison.

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Lu

Dans l’avion menant les Remparts de Québec à Halifax, le capitaine et défenseur Étienne Verrette a lu quelques pages du livre C’était au temps des mammouths laineux de l’anthropologue Serge Bouchard, lecture obligatoire dans son cours de français de cégep. Il trimballait aussi dans son sac d’école La vérité sur l’affaire Harry Quebert de l’auteur à succès Joël Dicker, roman qui semble davantage correspondre à ses goûts. Olivier Bossé

Vu

Le Centre RBC à Dartmouth, quartier général et lieu d’entraînement des Mooseheads de Halifax. Situé à une vingtaine de minutes en voiture du Centre Scotiabank, où les Mooseheads disputent leurs matchs locaux, le complexe construit depuis un an et demi abrite quatre patinoires, bureaux, salle d’entraînement, salle vidéo et local médical. La grande majorité des joueurs résident à Dartmouth, ville séparée de Halifax par un bras de l’océan Atlantique qu’enjambent les ponts MacKay et Macdonald. L’aréna principal, inauguré en 1978 et aussi connu sous son ancien nom de Metro Centre, est pour sa part planté en plein centre-ville de Halifax, littéralement à deux pas de l’hôtel où séjournent les Remparts jusqu’à samedi. Olivier Bossé

Entendu

L’entraîneur adjoint des Remparts Benoît Desrosiers jaser cricket avec le chauffeur de taxi. Pas l’insecte, le sport! Selon un petit échantillon tout ce qu’il y a de moins scientifique, plusieurs chauffeurs de taxi de Halifax sont d’origine indienne. Le sympathique bonhomme à l’accent marqué expliquait donc le fonctionnement de la ligue de criquet de Halifax, dont il fait partie, circuit de quatre équipes dorénavant doté d’uniformes grâce à de nouveaux commanditaires. On a comparé séries éliminatoires au hockey et au cricket, en plus de soulever la situation de l’équipe nationale afghane, qui s’entraîne parfois en Inde par manque de terrain en Afghanistan. Olivier Bossé