Même s’il a fait l’arrêt sur ce jeu, Antoine Samuel n’a pas obtenu les succès espérés, jeudi, cédant six fois sur 30 lancers dans une défaite de 6-1 des Remparts contre les Screaming Eagles.

Les Remparts écrasés par des Screaming Eagles acharnés

Dans la catégorie des mauvais matchs, celui de jeudi occupera une place de choix dans leur présente saison. Face à une équipe plus acharnée, les Remparts ont encaissé un revers de 6-1 contre les Screaming Eagles du Cap-Breton.

Ils ont donc bien mal entrepris un week-end qui ne s’annonçait déjà pas de tout repos, puisqu’ils seront à Victoriaville, vendredi, et recevront Bathurst, dimanche, deux équipes encore plus redoutables que les visiteurs du jour au Centre Vidéotron.

«Tu ne peux pas jouer à 75 % et espérer l’emporter. Ils ont travaillé plus que nous, c’est le résultat que ça donne», admettait l’entraîneur-chef Philippe Boucher.

Les siens ont pris les devants 1-0, tôt en première période, mais peu à peu, les visiteurs ont imposé leur rythme. Toujours à la poursuite de la rondelle, le Cap-Breton a enchaîné avec six buts sans réplique pour remporter le premier rendez-vous de la saison entre ces deux équipes.

«On l’a dit à nos joueurs après la première et la deuxième, dans une ligue où il y a de la parité, tu ne peux pas jouer comme ça. J’espère qu’ils vont s’en souvenir et qu’elle [cette rencontre] va laisser un mauvais goût. Il faut tourner la page, mais ne pas oublier ce qui vient de se passer», ajoutait Boucher.

Samuel prend le blâme

Avec une égalité de 1-1 en début de deuxième, le gardien Antoine Samuel a accordé un mauvais but et l’adversaire n’a jamais ralenti la cadence par la suite. En bout de ligne, il a cédé six fois sur 32 lancers. À deux reprises, une révision vidéo a validé des buts des vainqueurs.

«Six buts sur 30 lancers, ce n’est pas la performance désirée de ma part. À 1-1, j’ai donné un but ordinaire qui a fait mal. Mon rôle, c’est de garder l’équipe dans le match, je prends le blâme pour cette défaite. Ils exercent une bonne pression, ils ont travaillé leurs chances. Il y a peut-être eu quelques bonds chanceux de leur côté, mais à six buts sur 30 lancers, il faut l’arrêter à un moment donné», soulignait Samuel à la porte du vestiaire.

Le gardien a été battu par Phélix Martineau (2), Ryan Francis, Gabriel Proulx, Jordan Ty Fournier et Egor Sokolov. Le nouveau venu Gregor MacLeod (9e) a inscrit son premier but dans l’uniforme des Remparts.

De l’autre côté, l’entraîneur-chef Marc-André Dumont était ravi de la sortie des siens, mais ne pavoisait pas. «On les revoit dans une semaine, je suis persuadé qu’ils seront meilleurs. Nous ne sommes qu’à la mi-janvier, une équipe qui a fait quelques changements a toujours besoin d’un peu temps, alors que nous, on n’en a pas fait. Mais ce genre de match nous permet de bâtir notre confiance.»

Les Screaming Eagles avaient fait 12 heures de route, mercredi, pour se pointer en ville à 21h. Les Remparts en feront autant, mardi, pour leur match à Sydney, mercredi prochain.

«Les clubs qui viennent ici une fois sont préparés et acharnés. Ce matin [jeudi], j’ai lu que c’était un club qui avait lancé la serviette, ils n’avaient pas besoin de chercher de la motivation, il l’avait trouvée en lisant le journal… Je suis convaincu qu’ils pensent pouvoir causer des surprises, comme nous, mais on ne le fera pas en jouant comme on l’a fait», ajoutait Boucher, qui prévoyait faire à nouveau appel à Samuel pour affronter les Tigres, vendredi, à Victoriaville.

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UN COUP DE JEUNE QUI PLAÎT À DUMONT

Pour une deuxième année de suite, les Screaming Eagles ont échangé un des meilleurs joueurs de la LHJMQ pendant le Mondial junior. «J’ai reçu une offre qui était difficile à refuser», admettait Marc-André Dumont, grand manitou de l’équipe du Cap-Breton.

En fait, le transfert de Drake Batherson à l’Armada s’inscrivait dans le même objectif que celui de Pierre-Luc Dubois, envoyé aussi à Blainville-Boisbriand, l’an passé. «Après avoir transigé pour essayer de faire un long bout de chemin, il y a trois ans, nous avons amorcé une transition, l’an passé, et Pierre-Luc s’avérait une monnaie d’échange de grande valeur. Et c’était la même chose avec Drake, car pas moins de cinq équipes avaient de l’intérêt pour lui», soulignait celui qui porte les chapeaux d’entraîneur-chef et directeur général.

Ainsi, sa formation se retrouve avec 10 joueurs âgés de 16 et 17 ans dans son alignement. Des jeunes qui évoluent à toutes les sauces, sans compter les espoirs qui poursuivent leur développement dans le midget AAA ou dans les Maritimes. «Quand nos gars de 16 et 17 ans auront 18 et 19, ils ne seront pas lancés dans des situations qu’ils n’auront jamais vécues. Ce qui est important, également, c’est qu’il s’agit de la première fois que l’on parvient à bâtir un cycle de l’interne, avec nos choix, nos joueurs. On joue largement au-dessus de ,500 depuis deux ans avec nos jeunes», disait avec conviction celui qui n’aura peut-être plus à échanger son meilleur joueur dans un avenir rapproché.

Et malgré la distance, ses joueurs se font remarquer par les dépisteurs internationaux et ceux de la LNH. «Nous sommes la seule équipe de la Ligue à avoir eu des représentants aux trois dernières présentations du Mondial junior, et on détient la plus longue séquence [depuis 2008] de joueurs repêchés par la LNN. Notre programme va bien, et ce qu’il nous reste à faire, maintenant, c’est de gagner davantage.»

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BON POUR DUCLAIR

Philippe Boucher estime que l’échange ayant fait passer Anthony Duclair de l’Arizona à Chicago, mercredi, pourrait être positif pour l’ancien joueur des Remparts. Duclair a joué deux saisons sous les ordres de Boucher, à Québec avant de faire le saut dans la LNH. À 22 ans, il en est déjà à sa troisième équipe en quatre saisons dans la LNH après les Rangers et les Coyotes.

«Il arrive dans une organisation qui a fait ses preuves et qui possède peut-être le meilleur encadrement pour lui. À Chicago, son entourage sera complètement différent qu’en Arizona. Il y a plusieurs bons vétérans, comme [Jonathan] Toews et [Patrick] Kane, et un entraîneur-chef d’expérience en Joël Quenneville. Anthony possède tous les outils pour réussir, ça ne peut qu’être bon pour lui», soutenait Boucher à propos de l’ailier qui montrait une fiche de neuf buts en 33 matchs, cette saison. Sa meilleure campagne remonte à 2015-2016, où il a marqué 20 buts et amassé 44 points avec les Coyotes.