La troupe de Patrick Roy devra trouver un moyen de contenir le Russe Valentin Zykov (photo), qui forme un dangereux duo au sein du Drakkar avec le Tchèque Petr Straka.

Les Remparts dans le rôle des négligés

Dans leur histoire récente, il n'est pas souvent arrivé aux Remparts de s'amener à Baie-Comeau dans le rôle des négligés. Ce sera pourtant le cas ce soir, alors que les hommes de Patrick Roy (31-19-2-2) disputeront au Drakkar (37-14-2-3) le cinquième de six matchs entre les deux équipes, cette saison.
Ayant divisé les honneurs de leurs quatre affrontements jusqu'à maintenant, les Remparts et le Drakkar verront pour une rare fois leurs rôles inversés ce soir, au Centre Henry-Leonard, où les Diables rouges ont remporté le seul duel y ayant été disputé cette année. Il en sera de même au Colisée de Rimouski, où ils affronteront l'Océanic (37-12-1-5), une autre équipe «roulant à un rythme d'enfer», dimanche.
«Être les négligés, ce n'est pas arrivé souvent, mais ce qui est clair, c'est qu'on l'est. Il n'y a pas grand monde qui va aller contre ça. Et je suis content pour eux autres. Leurs dg ont bien travaillé, ont été patients, ont vécu leurs moments difficiles. Aujourd'hui, ils récoltent le fruit de leurs efforts. [...] C'est à nous de faire comme eux, quand ils venaient dans notre aréna jouer contre nous, essayer de surprendre et connaître de bons matchs», a indiqué Patrick Roy, avant le départ pour la Côte-Nord, jeudi.
Le retour au jeu du vétéran défenseur Martin Lefebvre (épaule) tombe à point nommé pour la troupe québécoise, qui devra, dans un premier temps, contenir le dangereux duo européen du Drakkar, formé du Russe Valentin Zykov (66 points) et du Tchèque Petr Straka (70 points).
«Zykov et Straka connaissent des saisons extraordinaires. J'étais au repêchage de la LNH à Pittsburgh quand l'agent Rolland Hedges essayait de placer Zykov... Dire qu'il n'a même pas été le premier choix du Drakkar! [Le Suédois Fredric Anderberg avait été sélectionné au premier tour, 16e au total.] Ç'a été leur deuxième choix [76e au total]. J'étais dans l'aréna et c'était clair dans ma tête qu'ils avaient une grande confiance dans ce joueur-là», s'est rappelé Roy.
Contre la machine bien huilée du Drakkar, des Remparts éprouvant plus de difficultés à marquer depuis la pause des Fêtes pourront notamment mesurer les améliorations apportées à leur jeu collectif.
«Ce qui est important pour nous autres, c'est de jouer un bon match. On travaille sur beaucoup de choses. C'est de les amener dans la game, là-bas. On verra où on sera rendus après. [...] De leur côté, ils sont solides dans tous les aspects du jeu, devant le filet, à la défense, à l'attaque, dans les unités spéciales», a estimé l'entraîneur.
La trappe?
Question d'augmenter leurs chances de victoires contre leurs deux coriaces adversaires de la fin de semaine, les Remparts pourraient-ils être tentés de jouer la trappe, un style peu prisé, mais ayant connu du succès à Halifax?
«On va voir quel genre de hockey on va jouer contre eux autres... On n'a pas décidé encore. On a cinq heures et demie devant nous pour réfléchir à tout ça», a laissé entendre Roy.
Chose certaine, les succès actuels du Drakkar ne suffisent pas à convaincre l'entraîneur des bienfaits d'une reconstruction complète pour sa propre équipe.
«Imaginez si on avait seulement 10 victoires, cette année! Ce serait négatif, ce serait l'enfer. Alors ça va être correct. On a chacun notre façon de travailler. [...] Même nous, comme entraîneurs, pour en avoir parlé Lappy et moi, je ne suis pas sûr qu'on serait prêts à vivre ce qu'un gars comme André Tourigny, par exemple, a vécu il y a deux ou trois ans...»