Philippe Boucher admet que le duel d'aujourd'hui contre les Tigres, un adversaire qui pourrait se retrouver sur la route des Remparts dès la première ronde éliminatoire, revêt un cachet particulier.

Les Remparts c. les Tigres et l'Océanic: un prélude aux séries

Avec les séries éliminatoires qui se pointent à l'horizon, la fin de la saison régulière est beaucoup plus qu'un simple exercice de routine pour les Remparts de Québec. En fait, les trois derniers matchs contre les Tigres de Victoriaville, aujourd'hui, et l'Océanic de Rimouski, vendredi et samedi, serviront de tests préparatoires pour l'examen du printemps.
Et ça commence dès aujourd'hui, au Colisée Pepsi, avec la visite des Tigres, qui s'amènent en ville un peu plus de deux semaines après avoir servi une leçon que leurs rivaux québécois n'ont pas oubliée.
Sans crier vengeance, l'entraîneur-chef Philippe Boucher admet que ce duel contre un adversaire qui pourrait se retrouver sur la route des Remparts, dès la première ronde éliminatoire, revêt un cachet particulier.
Un test contre les Tigres
«Il s'agit d'un match important, surtout qu'on n'a pas bien joué lors de notre dernier [match] là-bas. On veut mieux répondre au test que les Tigres vont nous amener. Avec ce que j'ai vu ce matin [mardi] et de la façon que l'on joue dernièrement, on va être prêt. Même si ça ne paraît pas dehors, c'est la fièvre du printemps. Les séries s'en viennent, les gars le sentent et le réalisent, mais ils reconnaissent aussi l'importance du match de demain [aujourd'hui]», a reconnu Boucher, au terme d'un entraînement où l'on pouvait sentir l'air frais des prochaines séries.
Le 21 février, les Remparts avaient plié les genoux 3-0 à Victoriaville, les Tigres ayant disputé cette rencontre avec plus de vigueur que leurs adversaires. Mais depuis, la formation de la capitale a rayé cette contre-performance de sa mémoire et retrouvé son aplomb malgré l'absence de nombreux joueurs.
«J'ai adoré l'intensité de la pratique, ce matin [mardi]. Les gars réalisent l'importance des matchs qui s'en viennent, mais les séries commencent le 21, pas mercredi [aujourd'hui]. On joue du bon hockey, l'avantage numérique va bien, le désavantage va très bien et on donne beaucoup moins de chances de marquer dernièrement. J'ai hâte de voir comment ça ira contre Victoriaville et Rimouski, on va voir si ça peut tenir, comme ç'a tenu contre Val-d'Or», a expliqué Boucher.
Les Remparts occupent le cinquième rang du classement général de la LHJMQ et si le calendrier avait pris fin mardi, les Tigres seraient leurs rivaux de la première ronde. Même si le rideau tombe sur la saison régulière, samedi, plusieurs équipes peuvent encore changer de position.
«Que ce soit eux, Rouyn-Noranda, Cap-Breton ou Moncton, on ne veut pas enlever d'importance à quiconque. On va se concentrer sur Victo parce qu'on les affronte [aujourd'hui], on verra ensuite. Je ne suis pas celui qui surveille le plus le classement. On va savoir samedi soir contre qui on jouera. On veut gagner nos matchs, c'est sûr, mais ce qui compte, c'est notre intensité et la manière dont on fait les choses.»
Même si la page est tournée sur la défaite de 3-0 encaissée à Victoriaville, la fierté reste une valeur à défendre. «Lorsqu'on est parti de là, on n'était pas fier de la manière dont on avait joué. On en a parlé dès le lendemain matin, on est passé à autre chose. Les gars sont fiers, ils ne veulent pas jouer deux matchs de suite de la même manière contre Victo.»
Le trio européen reste intact
En plus d'avoir permis aux Remparts d'ajouter quatre précieux points au classement, les deux matchs de la fin de semaine ont aussi vu naître un trio fort redoutable. Réunis au sein d'une même unité en l'absence d'Anthony Duclair et d'Adam Erne, les trois joueurs européens ont vite trouvé une cohésion qui a fait des ravages contre Shawinigan et Phoenix. 
En effet, Mikhail Grigorenko (1-5), Fabrice Herzog (3-4) et Nick Sorensen (3-3) ont amassé 19 points, en fin de semaine. 
N'en doutez pas, le trio des «Euros» restera intact pour la visite des Tigres, aujourd'hui. «Ils nous forcent à les garder ensemble. Offensivement, une bonne partie de notre attaque passe par eux. Ils se trouvent partout, ils aiment évoluer au sein de la même ligne. Et défensivement, ils sont responsables», a noté l'entraîneur-chef Philippe Boucher, conscient que le niveau de compétition serait plus élevé cette semaine.
Duclair: premier pas vers un retour
Pendant que ses coéquipiers affronteront les Tigres, Anthony Duclair ratera le rendez-vous en raison d'une commotion cérébrale. Deux semaines après être entré en collision avec le poteau du filet, à Shawinigan, le buteur des Remparts grimpera pour la première fois sur le vélo stationnaire, aujourd'hui.
Voilà un pas dans la bonne direction, mais il est encore trop tôt pour prédire la date de son retour au jeu. 
«Ça va un peu mieux, il y a du progrès à chaque jour. Je ne sais pas quand je reviendrai, je recommence à faire du vélo demain [aujourd'hui], et on verra comment ma tête réagira. Quand ça touche le cerveau, il ne faut pas niaiser avec ça, on doit prendre son temps et s'assurer d'être à 100 % parce que ça peut affecter ton avenir. Il est important d'être bien rétabli», a souligné Duclair, spectateur attentif de l'entraînement des siens.
S'il n'écoutait que son instinct, Duclair chausserait les patins. Mais le protocole de retour au jeu est un processus avec lequel on ne badine pas chez les Remparts, et ce, même si le numéro 10 n'est qu'à un point du plateau de la centaine, cette saison.
«Je trouve plus frustrant d'être blessé que de ne pas atteindre les 100 points. Ça tombe au mauvais moment parce que les séries s'en viennent et j'aurais aimé y entrer en pleine confiance. Je vais tout faire pour être là, mais ça me prend la permission d'embarquer sur la glace et le feu vert pour jouer», a ajouté celui qui ne cachait pas avoir été envahi par un sentiment d'inquiétude à l'idée d'être victime, à son tour, d'une commotion cérébrale.
L'entraîneur-chef Philippe Boucher ne peut pas encore miser sur la touche magique de son compteur de 50 buts, une première chez les Remparts depuis la saison 2006-2007 (Brent Aubin).
«Anthony, c'est au jour le jour. Il n'est pas encore sur la glace, et tant qu'il ne le sera pas, on va se concentrer sur les gars qui sont là. On a hâte qu'il revienne, c'est sûr. Ce serait le fun qu'il puisse avoir son 100e point. Ce qui nous manque, c'est 99 points, mais aussi sa vitesse et son dynamisme. De dire qu'Anthony et Adam [Erne] ne nous manquent pas, ce serait mentir», a avoué Boucher, qui a négocié avec de nombreuses absences tout au long de sa première saison à la barre des Remparts.