Les plus grands joueurs de l'histoire des Remparts étaient réunis dans le cadre des festivités du cinquantième anniversaire de la LHJMQ

Les légendes des Remparts réunies pour les 50 ans de la LHJMQ [VIDÉO]

Juste avec Lafleur et Roy, ça fait déjà beaucoup de talent dans la même pièce. Ajoutez Savard, Cloutier, Lowe et Marois, en plus des plus jeunes, Gagné, Chouinard et Ouellet. Les étoiles des deux générations des Remparts brillaient de tous leurs feux, vendredi soir, au Centre Vidéotron.

Tout cela pour souligner les 50 ans de la LHJMQ et la soirée hommage au grand bâtisseur qu’a été Maurice Filion. Décédé en 2017, l’homme de sport associé aux Remparts, aux Nordiques et aussi au club de football du Rouge et Or, avait toute une haie d’honneur pour rejoindre les autres immortels au plafond de l’amphithéâtre.

Dans le lot, Lafleur a bien sûr été le plus applaudi. «Guy! Guy! Guy!» a même osé une foule somme toute polie.

«C’est les Remparts qui nous remercient, mais c’est plutôt nous qui devons remercier les Remparts», a commenté Lafleur avant la rencontre, ressassant entre autres de vieux souvenirs avec son ancien coéquipier Savard.

Pour la campagne 1970-1971, Lafleur et Savard ont compilé ensemble 417 points, dont 211 buts, en 76 matchs de saison et de séries. Les Remparts ont gagné la Coupe Memorial ce printemps-là, justement sous les ordres de Filion.

Ajoutez Réal «Buddy» Cloutier, auteur du record d’équipe de 26 matchs avec cinq points ou plus, et vous obtenez une pas pire ligne. «Pas à notre âge, mais dans le temps, c’est vrai que ç’aurait fait un bon trio!» lance Lafleur, avant d’ajouter en riant que «Buddy ne passait pas beaucoup la puck».

Cloutier était aussi la victime des gentils quolibets de son ex-coéquipier Marois. Des cinq représentants de la première génération présents, Barrette étant décédé l’automne dernier, l’orgueil de Saint-Émile était le seul à ne pas arborer le C du capitaine sur son beau gilet rouge. «On va te mettre assistant», a lancé un Marois toujours blagueur.

Lowe dit avoir appris beaucoup de Marois. «J’étais assis à côté de Mario dans le vestiaire et on a joué sur la même paire de défenseurs. J’ai appris mon français, mais aussi la manière de jouer. Il était robuste, j’ai appris ça de lui», affirme le natif de Lachute, vainqueur de six Coupes Stanley et aujourd’hui vice-président des Oilers d’Edmonton.

Avec les grands

Si Lowe a côtoyé Gretzky, Messier et compagnie dans la LNH, il n’oublie pas ses années junior aux côtés des «Michel Goulet, Pierre Lacroix, Jean Savard, Eddy Godin, Gaston Therrien... Et je pourrais en nommer plusieurs. Ils ne sont pas tous devenus des vedettes dans la LNH, mais ils étaient de très bons joueurs.»

Membre de la nouvelle génération — il a même fait le pont entre les Harfangs de Beauport et les Remparts nouveau-nés de 1997 —, Gagné se réjouit pour sa part d’avoir, avec des coéquipiers et amis comme Chouinard et Ouellet, ravivé la flamme allumée par ces légendes.

L’ancien des Flyers, du Lightning, des Kings et des Bruins se souvient aussi avoir côtoyé un certain Radulov avant que le spectaculaire Russe fasse le saut dans la LNH. «L’année du lockout, en 2004-2005, je venais m’entraîner avec les Remparts et il était là. Il restait à la fin des séances d’entraînement et on exerçait nos lancers. C’était un travaillant», se rappelle Gagné.

Pour le 50e de la LHJMQ, Québec sera l’hôte du gala des Rondelles d’or, en avril, et du repêchage, en juin.

ÉQUIPES D'ÉTOILES DES REMPARTS

1969 à 1985

Attaquants :

Guy Lafleur (1969-1971)

André Savard (1969-1973)

Réal Cloutier (1972-1974)


Défenseurs :

Kevin Lowe (1976-1979)

Mario Marois (1974-1977)


Gardien :

Maurice Barrette (1973-1976)


Entraîneur :

Maurice Filion (1969-1972)


1997 à aujourd’hui


Attaquants :

Simon Gagné (1997-1999)

Éric Chouinard* (1997-2000)

Alexander Radulov (2004-2006)

Jonathan Marchessault* (2007-2011)


Défenseurs :

Marc-Édouard Vlasic (2003-2006)

Mikaël Tam (2007-2012)


Gardiens :

Maxime Ouellet* (1997-2000)

Cédrick Desjardins* (2005-2006)


Entraîneur :

Patrick Roy

(2005-2013 et 2017-...)

* à égalité pour le nombre de votes

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LAFLEUR: FILION, «COMME UN PÈRE POUR NOUS»

«Maurice Filion était comme un père pour nous. Il est certainement le meilleur coach que j’ai eu durant mes années junior. Il allait toujours chercher le maximum de ses joueurs», a expliqué Guy Lafleur (photo), vendredi, lors de l’hommage rendu par les Remparts à leur ancien entraîneur-chef décédé en juillet 2017.

«Et il était juste pour tout le monde!» ajoute Lafleur, alors la jeune vedette du club. «Je me souviens qu’une année, on jouait à Verdun juste avant le congé de Noël et je voulais descendre chez mes parents [à Thurso]. Il avait dit que si on gagnait, on serait libres. Mais on a perdu. «J’avais hâte d’aller passer Noël dans ma famille, alors je suis parti quand même après la game», poursuit le célèbre Démon blond. «Avant que je parte, Maurice m’a dit : “T’es mieux d’être sur la glace demain à 10h!” J’étais là, mais j’étais aussi content d’être allé voir mes parents.»

Kevin Lowe, lui, a connu le Filion qui a mené les Nordiques au championnat de l’Association mondiale en 1977, la conquête de la Coupe Avco. Lowe était alors avec les Remparts. Il ne se gêne donc pas pour placer Filion au rang des Sam Pollock (Canadien) ou Glen Sather (Oilers).

«Quand une équipe gagne des championnats, les gens pensent aux personnes qui ont bâti cette équipe. Maurice, c’est LE nom ici à Québec», dit le membre de la dynastie des Oilers des années 80. Né en 1980, Simon Gagné garde davantage le souvenir d’un Filion qui a redressé les Nordiques au tournant des années 90 et remis Québec «sur la carte des villes de hockey».

Pour représenter la famille, la femme de Maurice Filion, Fernande, ainsi que leurs trois fils, Raymond, Marc et Mario, étaient sur place pour voir la bannière hissée au plafond.