Patrick Roy n’a jamais caché son admiration envers l’autre Roy du week-end, soit Joshua, des Chevaliers de Lévis, qui devrait être le premier joueur à entendre son nom sur la grande scène du Centre Vidéotron, samedi, à l’occasion de la séance de repêchage 2019 de la LHJMQ.

Le premier choix interdit aux Remparts

Coup de fil des Sea Dogs de Saint-Jean aux Remparts de Québec : «Seriez-vous intéressés à acquérir notre première sélection au repêchage?» Le directeur général Patrick Roy aurait bien aimé répondre positivement, mais un règlement de la LHJMQ l’empêche toujours d’obtenir tout choix ayant déjà appartenu à l’Armada de Blainville-Boisbriand. Et vice-versa!

«C’est un peu ridicule», admet le Diable rouge en chef à propos de cette règle qui interdit toute transaction entre les deux équipes (Remparts et Armada) appartenant au même propriétaire, soit Québecor. Les choix au repêchage ayant appartenu à l’une ou l’autre des deux organisations ne peuvent pas être impliqués non plus, et ce, même s’ils se retrouvent maintenant ailleurs qu’à Québec ou Blainville-Boisbriand.

«Saint-Jean m’a appelé pour voir si j’avais un intérêt à repêcher au premier rang, mais malheureusement, ça n’arrivera pas», indiquait Roy, mercredi, avant la réunion des gouverneurs et directeurs généraux aux assises de la LHJMQ, à Québec.

Roy n’a jamais caché son admiration envers l’autre Roy du week-end, soit Joshua, des Chevaliers de Lévis, qui devrait être le premier joueur à entendre son nom sur la grande scène du Centre Vidéotron, samedi, à l’occasion de la séance de repêchage 2019 de la LHJMQ.

Transaction de 2017

Si les Sea Dogs parlent au premier rang, samedi, c’est en raison de tractations qui remontent à janvier 2017. Cette année-là, l’Armada cédait à Drummondville son premier choix en 2019 pour les services d’Alex Barré-Barré Boulet. Et en décembre 2017, les Voltigeurs utilisaient ce choix, et quelques autres, pour obtenir Joe Veleno, qui s’alignait alors à Saint-Jean. Ce fameux choix de l’Armada est maintenant le tout premier de la séance de samedi.

«Je peux comprendre qu’au départ, il était important pour la Ligue de s’assurer qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts. Les équipes savent très bien qu’on est deux entités complètement différentes bien que nous ayons le même propriétaire. On a une fierté, on veut gagner tous les deux. Je peux comprendre pour les échanges directs, pour ceux indirects, je trouve que c’est un peu exagéré», ajoutait Roy à propos de ces choix qui sont intouchables de part et d’autre.

Un an après l’achat des Remparts par Québecor, une transaction avec les Screaming Eagles du Cap-Breton avait dû être modifiée parce qu’un choix cédé à Québec avait déjà appartenu à l’Armada. À l’époque, certains dirigeants avaient souligné qu’un peu de souplesse pourrait être acceptée… notamment avec des choix ayant été échangés deux ou trois fois.

Dans son nouveau rôle de gouverneur des Remparts, Jacques Tanguay avait l’intention d’aborder la question au tout aux assises, qui se tiennent au Bonne-Entente.

«Ce n’est pas le sujet le plus important, mais Gilles [Courteau] travaille là-dessus depuis un an. Il y a définitivement des améliorations à apporter à ce règlement. À l’époque, il était tout à fait normal que les équipes soient nerveuses et on acceptait les règles du jeu. Aujourd’hui, on connaît la vraie réalité. Il s’agit d’une rivalité entre deux équipes qui est aussi forte que d’autres dans la Ligue, et ça va rester comme ça. Je n’ai aucun problème à ce qu’il n’y ait pas de transactions entre les Remparts et l’Armada, mais je pense qu’on peut bouger sur les choix qui remontent à plusieurs années et qui passent par d’autres équipes. Il ne faut pas y voir de complots, il n’y en a pas», disait le président des Remparts, qui aimerait que l’interdiction touchant les choix soit levée à temps pour la période des transactions, en décembre.

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DES CHOIX DE DEUXIÈME RONDE EN DEMANDE

Patrick Roy se présente au repêchage de la LHJMQ avec une plus grande marge de manœuvre qu’à celui de l’an passé, où il venait à peine de reprendre sa double fonction de directeur général et entraîneur-chef des Remparts de Québec.

Il détient le huitième choix de la première ronde et quatre au total dans les deux premiers tours. Ceux qui s’attendent le voir réaliser un coup d’éclat, samedi, au Centre Vidéotron, devront cependant revoir leurs attentes à la baisse.

«Je trouve qu’on en a assez fait pendant la période de transactions des Fêtes. J’ai toujours aimé la stabilité, et on a fait les changements qu’on devait faire. Je m’attends à être plus tranquille», disait-il, mercredi.

Il n’en demeure pas moins que le présent repêchage sera important pour son organisation, qui pourrait ajouter beaucoup de profondeur à diverses positions.

Les Remparts feront l’acquisition de Félix Bibeau, des Huskies de Rouyn-Noranda, dans une transaction en lien avec celle ayant envoyé Louis-Filip Côté là-bas, en janvier dernier.

«Ce sont les rumeurs. On va annoncer des choses, vendredi, comme plusieurs gens s’en doutent. Mais on se concentre sur le repêchage, qui sera différent parce que plusieurs joueurs veulent garder leur option. Cela fait en sorte qu’il est plutôt difficile de savoir vers qui vont s’enligner les équipes qui repêchent tôt», notait-il à propos des espoirs qui reluquent aussi le hockey scolaire américain.

Le défenseur du Blizzard du Séminaire Saint-François Guillaume Richard est l’un de ceux-là. «C’est certain», répondait-il avec prudence lorsqu’on lui demandait s’il était le genre de joueurs qui pouvaient l’intéresser.

Les Remparts n’ont jamais eu peur de repêcher des jeunes qu’on voyait prendre la route des États-Unis par le passé.

«On est habitué de les prendre en troisième ou quatrième rondes, pas en première. Vendredi, je vais parler avec Jacques [Tanguay] et je lui expliquerai la situation dans laquelle on est. Je lui ferai part de mes suggestions et on prendre les meilleures décisions pour l’organisation.»

À l’heure actuelle, le DG des Remparts ne prévoyait pas bouger son choix de première ronde, le huitième au total. Il détient huit droits de parole dans les quatre premières rondes.

«Ça me surprendrait qu’on s’avance et qu’on recule, surtout en première ronde. On verra bien comment se déroulera la deuxième. Je m’attends à ce qu’il y ait plus d’action que jamais pour nous parce qu’on n’a jamais eu autant de choix dans les deux premières rondes. Je m’attends à ce que des équipes nous appellent et c’est déjà commencé… C’est la journée où les choix valent le plus.»