Guy Chouinard verra son chandail retiré vendredi soir avant le match des Remparts.

Le moment en or de Guy Chouinard

Son nom rime avec l'équipe, et dorénavant, les deux seront à tout jamais indissociables. Le retrait du numéro 7, samedi, propulsera Guy Chouinard dans le club des immortels des Remparts. Moment en or pour celui qui est depuis toujours un Diable rouge de coeur!
«Il s'agit d'un honneur extraordinaire, il n'y a pas grand-chose qui peut égaler ça dans la carrière individuelle d'un joueur», note l'ancien centre aux mains magiques.
Il devient le deuxième membre de la cohorte des années 70 à voir son chandail retiré à l'occasion du 20e anniversaire de la renaissance des Remparts. André Savard a eu droit à sa fête, en octobre. Réal Cloutier aura la sienne, en février. Samedi, les réflecteurs seront sur Guy Chouinard, un enfant de Limoilou.
Et même s'il est l'un des deux seuls joueurs natifs de Québec à avoir marqué 50 buts en une saison dans la LNH (en 1978-1979 avec les Flames d'Atlanta) - l'autre étant Jacques Richard - et qu'il revendique le deuxième rang pour le nombre de victoires en carrière à titre d'entraîneur-chef dans la LHJMQ avec 569 (dont 194 à la barre des «nouveaux» Remparts), c'est sa carrière junior que l'on souligne.
«Le numéro 7, je ne le portais pas derrière le banc quand je coachais... Moi, je prends cela comme une reconnaissance de ma carrière de joueur avec les Remparts», a-t-il confié au Soleil.
Trois saisons
Guy Chouinard a joué pendant trois saisons avec les Remparts à 15, 16 et 17 ans de 1971 à 1974 avant d'être promu chez les professionnels à 18 ans. Né un 20 octobre, il n'avait que 14 ans lorsqu'il a marqué son premier but dans la LHJMQ, le 8 octobre 1971, sur une passe de Jacques Richard à l'occasion d'une victoire de 5-1 contre les Castors de Sherbrooke. Il allait boucler son stage junior avec une récolte de 147 buts et 359 points en 179 matchs.
«Comme joueur, tu ne penses pas à ça. Il faut toujours bien commencer à jouer avant de voir ton chandail retiré... Mais sans tomber dans la vantardise, je constate qu'il y a quand même des statistiques pour appuyer cela», dit humblement celui qui vient de franchir le cap de la soixantaine.
Juste sa production de 75 buts et 160 points à sa dernière saison ferait l'envie de n'importe quel joueur. Elle lui avait valu le quatrième rang des marqueurs de son équipe et le huitième de la Ligue.
«Je jouais sur le deuxième trio. On laissait Buddy, Jacques Locas Jr et Richard Nantais s'obstiner sur le premier... On avait du fun, on était un bon groupe de kids ensemble, et on avait de très bonnes équipes. À ma troisième année, je pense qu'on a causé la plus grande surprise de l'histoire en éliminant Sorel en finale», dit celui qui a participé deux fois à la Coupe Memorial, sans l'emporter.
Surdoué
Chouinard a toujours été un joueur avant son temps. Il a joué cinq ans dans le pee-wee, une année dans le bantam avant d'être surclassé dans le midget. Il aurait fait le Couillard de Sainte-Foy (Junior A) à 13 ans si un règlement ne l'en avait pas empêché.
«J'ai toujours joué avec des plus vieux, mais je n'étais pas le pire de mes équipes, même que j'étais souvent le meilleur compteur. On peut dire que je voyais bien le jeu», a illustré ce fin passeur sans prétention.
Il rappelle avoir toujours été un fan des Remparts, ne ratant aucun match de Guy Lafleur et de son frère, Pierre (membre de la première édition en 1969). Rien de plus normal, puisque son père, André, était l'un des actionnaires de l'équipe. Ses deux autres frères, Jean et Jacques, l'ont suivi chez les Remparts, ainsi que son fils, Éric.
«Mes parents n'ont jamais mis de pression pour qu'on joue au hockey, mais ils étaient présents au Colisée et sur la route. J'avais même un oncle qui était toujours là, il pouvait même venir à Calgary en auto pour me voir», raconte celui qui a joué 10 ans dans la LNH et coaché pendant 19 saisons dans la LHJMQ. Depuis trois ans, il est à la barre des Lions de St. Lawrence, en ligue collégiale.
Indissociable
Il n'oubliera pas ces matchs où le Colisée était plein à craquer pour voir les Remparts en or et ne cache pas sa joie à l'idée que son souvenir restera à jamais gravé dans l'histoire de l'équipe.
«Voir son chandail en haut et savoir que personne d'autre ne le portera, juste ça, c'est gros. Le nom des Chouinard est indissociable de celui des Remparts, parce qu'il y a un lien entre nous depuis plus de 50 ans. À quelque part, mon père serait bien fier de ça!»
Petite histoire d'un numéro
Au bout du compte, quatre des six membres de la famille Chouinard ont porté le numéro 7. Mais d'où vient cette tradition?
Dans le hockey mineur, Guy portait le 9 et ce n'est qu'à son arrivée avec les Remparts qu'on lui a donné le 7. Par la suite, Jean, Jacques et Éric l'ont imité. À son arrivée à Atlanta, Guy a attendu le départ de Randy Manery pour changer du 16 au 7.
«Quand j'étais jeune, je jouais dehors avec le chandail 7 de Red Berenson des As [de Québec]. Ma mère étant Irlandaise, peut-être qu'il y a un lien avec le lucky seven. Le summum, c'est d'avoir vu Éric le porter avec les Remparts, comme moi», raconte Guy.
«Il y avait une certaine pression, mais je devais le faire. Ça avait été spécial pour moi d'être échangé aux Remparts à leur renaissance, et je me devais de porter le même numéro que mon père et mes oncles. Je pense avoir ensuite réussi à développer ma propre identité», estime Éric, joint en France pour l'occasion.
La tradition continue
Jean se fait un malin plaisir de rappeler que dans le hockey mineur, il portait déjà le 7. Il allait de soi de faire la même chose avec les Remparts. «Dans le fond, c'est mon numéro qu'on retire et Guy me représente», dit-il sur un ton amusé, l'humour étant la marque de commerce de la famille.
Lors de l'inauguration du Centre Vidéotron, plusieurs anciens ont reçu un chandail en souvenir. Jacques, le jeune frère de Guy, a aussi eu le sien. «J'ai joué un peu avec mon frère Jean et c'est lui qui avait le 7. Lorsqu'il a été échangé à Sherbrooke, je l'ai pris et laissé tomber le 26. On retire le chandail de Guy, mais il est déjà suspendu dans mon chalet de pêche», badine Jacques, qui y invite ses frères chaque été.
L'aîné, Pierre, a porté le 11, tout comme son garçon Marc avec les Harfangs de Beauport. Mais le numéro 7 n'a pas été exclusif au hockey chez les Chouinard. Sarah, la fille de Guy, enfilait aussi le no 7 au basketball collégial, même chose pour sa petite-fille.
L'été dernier, Jean est allé voir jouer la fille d'Éric au soccer. Devinez?
«Je suis arrivé un peu en retard, et j'ai demandé à Guy : "C'est quoi son numéro?" Il m'a regardé et m'a dit : "D'après toi?"»
En chiffres
4 
participations au Tournoi pee-wee
14 
ans : son âge à son premier but dans la LHJMQ
50 
buts dans la LNH en 1978-1979
75 
buts à sa 3e saison avec les Remparts
202 
buts dans la LNH
359 
points en trois saisons avec les Remparts
569 
gains comme coach dans la LHJMQ
575 
points en 10 saisons et 572 matchs dans la LNH