Même si son excellente performance en 2016 ne lui avait pas permis d’améliorer son rang de repêchage, Pascal Laberge (54) estime que le Match des meilleurs espoirs représente une belle opportunité de se faire valoir auprès des états-majors des équipes de la LNH.

Le Match des meilleurs espoirs, une belle vitrine

Est-ce que le match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne de hockey, disputé jeudi à Guelph, aura le même impact sur Philipp Kurashev qu’il avait eu sur son coéquipier Pascal Laberge? Le prochain repêchage de la LNH le dira, mais le souvenir est encore frais à la mémoire de l’attaquant québécois des Remparts.

En 2016, Laberge avait reçu le prix de joueur par excellence de cette rencontre annuelle. Le jeune homme de 17 ans qu’il était, à l’époque, était revenu de Vancouver avec une récolte de deux buts. Classé 31e meilleur espoir, en janvier, il a finalement été sélectionné au 36e rang par les Flyers de Philadelphie, en juin.

«Je vais me rappeler de ce match toute ma vie, j’avais été le joueur le plus utile. Ça avait été une belle expérience, c’était plaisant de se comparer aux autres gars bien classés pour le repêchage», rappelait celui qui souhaitait à son coéquipier Kurashev de profiter du moment.

Laberge avait raté plusieurs matchs réguliers avant celui des meilleurs espoirs en raison de diverses blessures. Il en avait profité pour se faire un peu plus connaître.

«Pour moi, ça avait ouvert les yeux à plusieurs dépisteurs. Un bon match peut te faire monter un peu sur les listes. Un joueur classé dans les cinq premiers ne bouge pas vraiment, mais pour ceux dans le top 100, il est possible de gagner quelques rangs», notait l’ancien des Olympiques de Gatineau et des Tigres de Victoriaville.

Si Kurashev évoluait pour la formation dirigée par l’ancien coloré entraîneur-chef des Bruins et commentateur Don Cherry, jeudi, Laberge jouait pour sa part sous les ordres du plus discret Bobby Or, considéré par plusieurs comme étant le meilleur défenseur de l’histoire de la LNH. «J’ai une photo avec Bobby Orr, je vais la garder toute ma vie», disait-il.

Tout à gagner

Avant qu’il ne parte pour Guelph, l’entraîneur-chef des Remparts Philippe Boucher avait suggéré à Kurashev d’aborder ce match le plus sérieusement possible. «J’ai coaché le Match des meilleurs espoirs, l’an passé [à Québec], je peux vous dire que les gars le prennent au sérieux. Ce n’est pas un match d’étoiles à trois contre trois ou comme au baseball.»

La boule de cristal de Boucher ne lui permet pas de voir où sera repêché Kurashev, présentement classé en troisième ronde. «Je ne suis pas sûr qu’un joueur peut perdre des points, mais il peut assurément en gagner. Tout le monde est là, dépisteurs--chefs, directeurs généraux, etc. Ce n’est pas vrai que les dg vont voir jouer Phil 20 fois, alors si tu veux laisser une bonne impression, c’est la place à être.

«Il s’agit aussi d’une bonne mesure de comparaison pour les joueurs et une belle occasion pour faire connaître son nom», estimait Boucher, en qualifiant ce rendez-vous d’une belle marque de visite.

NOTES : Toujours par mesure préventive, le capitaine Matthew Boucher n’a pas participé à la séance d’entraînement, jeudi, mais il sera en uniforme, samedi, à Sherbrooke… Les Remparts reçoivent les Voltigeurs, dimanche après-midi… L’ancien des Remparts Mikhail Grigorenko s’alignera avec l’équipe des «athlètes olympiques de la Russie» aux Jeux olympiques.

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«NOTRE JEU DE PUISSANCE DOIT S'AMÉLIORER»

À l’entraînement, jeudi, Philippe Boucher et ses adjoints ont tenu une clinique de lancers. Ça peut servir en tout temps, notamment en avantage numérique, une unité spéciale qui ne produit pas à un rythme effréné chez les Remparts. «Il faut être réaliste, notre jeu de puissance doit s’améliorer. Lorsqu’on regarde l’historique, ça peut faire la différence dans le dernier droit, en séries, même dans un septième match… Ces buts importants, il faut aller les chercher».

Il rappelait qu’à Dallas, où il a joué plusieurs saisons dans la LNH, les Stars avaient établi six principes de base pour réussir un bon lancer. Mais il s’amusait souvent à demander ce qu’il en était du désir de marquer! «Je comprends que certains principes doivent être respectés, mais il faut aussi avoir soif de compter. On ne se le cachera pas, on a des gars qui se cherchent, autant à cinq contre cinq qu’en avantage numérique. Il faut trouver le moyen d’avoir des tirs plus dangereux, de faire la différence dès qu’une chance se présente, d’avoir confiance à 100 % dans sa prise de décision. Je trouve qu’on est trop généreux entre nous, pour marquer, il faut être un peu égoïste, surtout lorsqu’une occasion se présente dans l’enclave. Je suis sûr qu’on va s’en sortir.»

Le vétéran Pascal Laberge sera appelé à jouer un rôle majeur. Il a d’ailleurs modifié sa technique de lancer en compagnie de Boucher. «Je l’ai améliorée, j’ai changé ma technique et ç’a porté fruit, en fin de semaine. Il faut lancer plus, moi le premier. On essaie trop le jeu parfait, il faut attaquer plus le filet. On a marqué quelques buts dans les Maritimes [lors du dernier voyage], mais on devra augmenter notre pourcentage de réussite parce qu’en séries, ça peut faire la différence», précisait celui qui montre une fiche de cinq buts et 9 points en 12 matchs avec les Remparts. Sa fiche saisonnière s’établit à 11 buts et 18 passes en 43 parties réparties entre Victoriaville et Québec.