Même si la cérémonie de samedi dernier pour honorer les joueurs de 20 ans lui a rappelé que sa carrière junior tire à sa fin, Matthew Boucher (à droite) a maintenant la tête aux séries et dit avoir encore beaucoup de choses à prouver sur la patinoire.

Le capitaine Boucher enfin en santé!

Pour la première depuis qu’il endosse l’uniforme des Remparts de Québec, Matthew Boucher entreprendra les séries éliminatoires en bonne santé. Et ça tombe bien, puisqu’il s’agit de son dernier rendez-vous du genre puisque sa carrière junior tire à sa fin.

Boucher n’a jamais été en mesure de se faire valoir lors de ses deux précédentes participations aux séries. L’an passé, il avait joué malgré une vilaine entorse à la cheville qui lui avait fait rater le dernier mois de la saison régulière.

«Depuis que je suis ici, j’ai toujours été un peu magané dans les séries, mais là, je suis en pleine forme, je suis vraiment en meilleure santé», disait-il en référence aux printemps 2016 et 2017.

Le capitaine n’avait pas pu apporter sa contribution essentielle aux succès de l’équipe dans les séries perdues en quatre matchs contre les Olympiques de Gatineau et le Titan d’Acadie-Bathurst. Meilleur compteur de l’équipe depuis trois ans, l’auteur de 88 buts et 88 passes dans l’uniforme des Remparts aborde les séries sans penser à ce qui sera, éventuellement, son dernier match.

«En début de saison et à Noël, je me disais que j’allais être nostalgique à l’approche de la fin de ma carrière junior, que les cinq ou 10 derniers matchs seraient émotifs, mais ça n’a pas été le cas et c’est correct comme ça. La cérémonie des 20 ans, samedi, ç’a été un beau moment, j’ai vraiment apprécié, et là, j’ai hâte aux séries», confiait-il sur le dernier droit qui s’en vient.

Encore des choses à prouver

En fait, Boucher estime avoir encore des choses à prouver, bien que son objectif principal est d’aider les Remparts à franchir la première ronde pour la première fois, ce qu’ils n’ont pas fait lors des deux dernières valses du printemps.

«Même si ça tire vers la fin, j’ai encore énormément de choses à prouver. Non seulement dans le junior majeur, mais dans ma carrière de joueur de hockey. Les séries vont peut-être dicter ce qui va arriver pour moi dans l’avenir, j’ai hâte de voir.»

Pour l’heure, le numéro 91 n’a la tête qu’aux Remparts. À rien d’autre. «Les deux autres joueurs de 20 ans [Antoine Samuel et Andrew Picco] et moi, on est vraiment focus sur les séries, sur ce qu’on doit faire. Quand ce sera fini, on pourra dire qu’on a tout laissé sur la glace. Il n’y a rien qui va rester dans le vestiaire, je vais tout donner.»

Malgré tout, le temps file à la vitesse de l’éclair. Dans quelques semaines, Boucher tournera la page sur son aventure dans la LHJMQ. «Je me souviens, quand j’avais 16 ans, je jouais des matchs dans les séries. C’était gros, je me pensais dans la Ligue nationale. Maintenant, c’est différent. Il s’agit du dernier droit, et je vais essayer d’en profiter le plus possible.»

Mercredi, les Remparts ont tenu des réunions afin d’en savoir plus sur les Islanders de Charlottetown, qui se pointent en ville jeudi soir en prévision des deux matchs de samedi et dimanche, à 15h, au Centre Vidéotron. «Il s’agit d’une équipe qui travaille fort. Ils ont de bons joueurs offensifs et défensifs, et il paraît que leur gardien est aussi très bon. Les deux matchs contre eux, cette saison, ç’a s’est joué à la fin.

«On n’en connaît pas beaucoup, mais juste assez pour savoir qu’il s’agira d’un bon défi et qu’il faudra tout donner», ajoutait le capitaine, qui estime que la version actuelle des Remparts a plus de vitesse que celle des deux années précédentes.

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LES AMIS DU FRÈRE DE LA COIFFEUSE

Des têtes blondes peroxydées entraient et sortaient du vestiaire des Remparts, mercredi. D’autres joueurs n’avaient par contre pas osé abîmer leur chevelure soyeuse. Pas encore.

Look rétro pour le concert de Santana jeudi soir? Se faire beau pour le Bal des Grands romantiques de vendredi, aussi au Centre Vidéotron? Pas vraiment. Les porte-couleurs du club junior majeur de Québec préparent plutôt le début des séries et la visite des Islanders de Charlottetown, samedi (15h), pour le premier match éliminatoire.

«Tous les gars y travaillent, mais ce n’est pas encore tout le monde qui a eu son rendez-vous. J’ai été chanceux, ma sœur est coiffeuse et elle était ici pour la fin de la saison. Alors elle s’est occupée de quelques-uns de nous», a expliqué le vétéran défenseur Andrew Picco, qui préférait garder sa casquette pour cacher sa nouvelle blondeur.

Heureux d’avoir ainsi pu épargner un peu d’argent, il assure ne pas vouloir économiser ses énergies en vue de la première ronde des séries. Picco a soulevé la Coupe du Président avec Rimouski, en 2015. Il connaît donc tous les efforts nécessaires pour atteindre le sommet.

«C’est sûr qu’après ça, tu peux juste avoir envie d’y retourner. Ça te donne plus faim. Et je dois transmettre ça aux autres joueurs, surtout aux plus jeunes. Leur montrer toute la volonté que ça prend, à quel point il faut travailler fort pour te rendre là», affirme Picco.

Il trace d’ailleurs quelques parallèles entre la formation championne de l’Océanic en 2015 et celle des Remparts, cette année. À commencer par deux gardiens solides. À Philippe Desrosiers, l’Océanic avait ajouté le vétéran Louis-Philip Guindon aux Fêtes; un peu comme l’acquisition d’Antoine Samuel cette année par Québec, qui comptait déjà sur Dereck Baribeau.

Picco souligne de plus la bonne profondeur de l’alignement actuel des Remparts. «Profondeur et gardiens, voilà deux éléments qui peuvent te mener loin», résume-t-il.

Lui qui est natif de Terre-Neuve, où sa sœur exerce le métier de coiffeuse, le grand 42 des Remparts a aussi une autre sœur qui étudie à Charlottetown. Où lui et son équipe passeront toute la semaine prochaine pour disputer les rencontres numéro 3, 4 et 5, si nécessaire. Sa mère, qui était aussi à Québec pour la fin de la saison, pourra du coup suivre la série de très près.

En plus d’une sœur qui y habite, Picco dit avoir plusieurs amis dans la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard. Des «amitiés» qui remontent à deux ans, lors de son passage au Centre Eastlink en première ronde des séries de 2016, dans l’uniforme de l’Océanic.

«Les gens de là-bas me connaissent déjà un peu et je suis sûr qu’ils vont m’attendre. J’ai des amis partout!» rigole l’arrière de 20 ans reconnu pour son jeu robuste, parfois à la limite de la légalité. Rimouski avait été éliminé en six, subissant trois de ses quatre revers à Charlottetown.

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L'AVANTAGE DE LA GLACE, «UN CADEAU EMPOISONNÉ»

Avec une série 4 de 7 forcée d’adopter un horaire de format 2-3-2 à cause de la distance de plus de 800 km séparant Québec et Charlottetown, Philippe Boucher en est à se demander si le fameux avantage de la glace si chèrement acquis au cours de la longue saison régulière n’est pas aussitôt effacé.

«C’est un peu un cadeau empoisonné», lance l’entraîneur--chef  des Remparts, à l’aube de la première ronde éliminatoire contre les Islanders. S’il accepte à contrecœur cette «réalité du hockey junior» où l’on souhaite réduire les coûts et le transport, il évalue que partir sept jours sur la route, en vue des matchs 3, 4 et 5 (si nécessaire), n’avantagera en rien sa troupe. «On part lundi [26 mars] et revient dimanche [1er avril]. Une semaine complète! On a fait ça juste une fois durant toute la saison [du 15 au 21 janvier]. Passer une semaine dans un hôtel, ce n’est pas l’idéal. Et la chose la plus difficile pour une équipe de hockey, c’est de revenir d’un long voyage. En plus, là, faudra tout de suite jouer les matchs 6 et 7 [2 et 3 avril] pour finir la série sur quatre parties en cinq jours.»

Il prépare déjà ses ouailles en conséquence en leur faisant prendre conscience qu’«une série, ça peut être long». À noter qu’après leur seule semaine loin de la maison au cours du calendrier régulier, les Remparts ont bénéficié de six jours sans jouer et avaient quand même perdu leurs deux rencontres suivantes.

Si la LHJMQ établit pour l’instant à 800 km la frontière entre les horaires 2-2-1-1-1 et 2-3-2, cette limite sera ramenée à 600 km dès l’an prochain. Pour Québec donc, Val-d’Or, Moncton et Saint-Jean rejoindront Rouyn-Noranda , Charlottetown, Halifax et  Sydney au rayon des villes trop loin pour le traditionnel et plus équitable 2-2-1-1-1.