Conscient que ses joueurs ne sont pas des marqueurs naturels, l’entraîneur des Islanders Jim Hulton estime que ceux-ci doivent continuer à travailler à fort et à tirer davantage vers le filet.

Hulton prône la patience, et encore la patience

CHARLOTTETOWN — Sur une île-province reconnue pour la pêche et la culture de la patate, le «coach» des Islanders a plutôt jasé foresterie, jeudi. Pas que ses hommes doivent bûcher plus ou plus fort, mais bien se montrer patients pour faire tomber les Remparts.

Avec une domination de 37-19 au chapitre des lancers au but, de 12-8 pour les chances de marquer, de 11-4 au rayon des mises en échec et une quasi-égalité de 27-28 sur les mises en jeu, les Islanders de Charlottetown étaient en droit de s’attendre à gagner le troisième duel de ce quatre de sept disputé mercredi, à Charlottetown.

Mais la réalité a été tout autre. Les visiteurs de Québec sont sortis vainqueurs, 4-2, et mènent la série huitième de finale 2-1.

«C’est comme couper un arbre. Il ne tombera pas au premier ou au deuxième coup de hache. Il ne faut pas lâcher, faut continuer dans le même sens», a illustré Jim Hulton, au lendemain de la défaite, après une courte séance optionnelle d’entraînement au Centre Eastlink à laquelle quelques vétérans comme Pierre-Olivier Joseph et Derek Gentile n’ont pas participé.

Manifestement, les Islanders n’ont pas l’instinct du marqueur très développé. Rien de nouveau pour les protégés de Hulton, qui n’ont inscrit que 209 buts durant la saison, 14e équipe de la LHJMQ dans cette catégorie malgré leur neuvième rang au classement final. Les Remparts ont marqué 18 fois de plus (227) en 68 rencontres régulières.

Lancer davantage

De leurs huit buts dans cette série, quatre appartiennent au même joueur, Keith Getson, dont un enfilé dans une cage déserte.

«Ç’a été un problème pour nous toute l’année», admet Hulton. «On compte plus sur la quantité et on doit tirer beaucoup, même si ce ne sont pas toujours les plus beaux lancers, pour obtenir des rebonds et des déviations. Mais il est clair qu’on ne trouvera pas un interrupteur à allumer à ce stade-ci de l’année pour faire de nos gars des marqueurs de 50 buts du jour au lendemain», ne peut que constater le coach.

Qui évalue néanmoins la performance des siens de mercredi comme de loin leur meilleure de la série jusqu’ici. «On a réussi plusieurs lancers et mis du trafic devant [Antoine] Samuel, mais il a été bon. Il ne faut pas laisser la frustration prendre le dessus et si on fait un peu mieux dans chaque aspect du jeu vendredi, on peut espérer un meilleur résultat.»

Pendant que le vétéran de 20 ans Samuel se montre impérial devant la cage des Remparts depuis deux matchs, son taux d’arrêts de ,968 dans les deux victoires de Québec en témoigne, son vis-à-vis Matthew Welsh (,875), 18 ans, en arrache un peu plus depuis la victoire des Islanders en ouverture de série.

«Welsh doit être meilleur et il le sait», reconnaît le coach. «Il a réalisé quelques arrêts-clés et il y a d’autres tirs qu’il aimerait revoir, mais on peut dire la même chose de Samuel dans le premier match» perdu 6-2 par les Remparts.

Quant à du renfort offensif, le patron du volet hockey des Islanders espère en trouver au prochain repêchage, le 2 juin, à Saint-Jean (N.-B.). Grâce à un échange avec Val-d’Or, Charlottetown disposera de 3 des 21 boules dans la loterie du premier choix effectuée jeudi prochain.

Ce qui donne 14 % des chances de parler premier, contre 43 % pour Saint-Jean (neuf boules), 28 % pour Shawinigan (six), 10 % pour Chicoutimi (deux) et 5 % pour Sherbrooke (une, d’un échange avec Moncton).