Claude Rousseau, président des Remparts, et Philippe Boucher, coach et dg, ont fait le point hier sur le dossier Grigorenko.

Grigorenko: les Remparts gardent espoir

Après avoir confirmé que l'attaquant russe Mikhail Grigorenko leur était cédé en milieu de journée samedi, les Remparts ont indiqué plus tard en après-midi que le joueur était en réflexion. Le directeur général Philippe Boucher n'a toutefois pas perdu espoir que le centre de 19 ans rejoigne éventuellement son équipe.
Les Remparts ont été informés en début de soirée vendredi, par le président aux opérations hockey des Sabres, Pat Lafontaine, que Mikhail Grigorenko leur était retourné et qu'il se rapporterait à l'équipe dans les jours suivants. Un scénario que souhaite toujours l'organisation québécoise même si, depuis ce temps, l'attaquant russe a fait savoir qu'il voulait réfléchir aux options qui s'offrent à lui. Ces dernières ne sont toutefois pas nombreuses. En fait, il n'y en a qu'une: jouer à Québec.
«Il y a des rumeurs qui courent un petit peu partout. De ce côté-là, je vais laisser son agent répondre pour lui. Nous, on nous a signalé que du côté des Sabres, il y avait une option pour Mikhail et que c'était ici et qu'on devrait le revoir dans les prochains jours», a soutenu Boucher, accompagné du président Claude Rousseau, lors d'un point de presse couru, au Colisée Pepsi, hier.
Le dg des Remparts a dit comprendre la déception de Grigorenko, pour qui un retour dans le junior peut être perçu comme un recul.
«Il faut comprendre une chose. Pour un joueur qui est dans la Ligue nationale, et je l'ai vécu personnellement, tu veux rester là-bas. C'est un petit peu vu comme une démotion. Tu vis beaucoup d'émotions. Tu veux rester là. Des fois, c'est dur à rendre. Je pense que de son côté, il est plus en réflexion que d'autre chose...»
Lors de conversations téléphoniques avec le joueur et son agent Jay Grossman samedi, il a pris la peine de rappeler ce qu'une organisation comme les Remparts pouvait offrir à un jeune visant une carrière dans la LNH.
«Je pense que c'est de retrouver son amour pour le hockey et son fun de jouer au hockey. C'est ça qu'on a vendu à nos joueurs en début de saison. Travailler fort, s'amuser et être passionné de son sport, c'est ce qu'on demande à nos jeunes ici. On peut voir que plusieurs ont bien répondu. Plusieurs sont en train de cheminer vers la Ligue nationale. Les joueurs qui sont ici et sont repêchés ont de bonnes saisons. L'encadrement qu'on leur donne les aide et on pense que pour Mikhail, ça peut être la même chose.»
Rien de dévalorisant
Selon Boucher, il n'y a rien de dévalorisant pour un joueur de la trempe de Grigorenko de compléter son stage junior. Plusieurs grandes vedettes de la LNH en ont fait de même.
«Les équipes olympiques des États-Unis et du Canada ont plusieurs joueurs qui, à 19 ans, ont dominé dans le junior ou le collégial. Je pense que les Sabres ont décidé que Québec était la meilleure place pour lui. Nous, on pense qu'on peut l'accommoder de ce côté-là.»
Boucher continue donc d'espérer l'arrivée de son joueur. Pat Lafontaine lui en a pratiquement fait la promesse.
«Les Sabres de Buffalo me disent qu'il va venir. C'est ce qu'on lui a demandé, alors je ne veux pas essayer d'estimer les chances qu'il revienne. J'espère qu'il va revenir, honnêtement. Parce que je suis d'accord avec eux autres. [...] C'est le joueur des Sabres de Buffalo. S'ils décident que tu vas jouer dans le junior majeur, et que ton rêve est de jouer dans la LNH, c'est ce que tu devrais faire. Son club a décidé que c'était ce qui était mieux pour lui.»
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Des airs de déjà vu pour Boucher
Personne ne sait mieux que Philippe Boucher ce que vit présentement Mikhail Grigorenko. Choix de première ronde des Sabres en 1991 (13e au total), l'entraîneur-chef des Remparts avait, à 19 ans, été cédé aux Bisons de Granby à la limite des échanges dans la LHJMQ, en février 1993. «Je ne jouais pas beaucoup, une vingtaine de games. Comme tout le monde, je voulais rester professionnel. Je pensais que je pouvais faire ma place. Le jour que je l'ai appris, j'ai été extrêmement heureux. Je me suis en allé jouer une game à Granby, je suis allé finir ma saison à Laval, et je suis allé à la Coupe Memorial. J'ai grandi comme joueur de hockey, j'ai pris confiance», s'est-il rappelé hier. C'est pourquoi Boucher croit qu'un retour dans le junior majeur peut encore bénéficier à Grigorenko. «Je parle en connaissance de cause. C'est ça qui m'est arrivé. Ce n'est pas facile pour la confiance, tu te remets en question. Je ne dis pas que c'est ce que [Grigorenko] vit, mais moi, c'est ce que j'ai vécu. Et ç'a été une très bonne expérience de revenir junior», a-t-il soutenu. Une vingtaine d'années plus tard, l'ancien défenseur estime même qu'il aurait dû y jouer toute la saison. «J'ai fait un tour du chapeau dans les matchs hors concours et ça m'a fait mal. Ils m'ont gardé pour ça...»