Même s'il se dit bien traité, l'attaquant Derek Gentile a fait savoir à l'organisation des Remparts qu'il désirait poursuivre sa carrière junior ailleurs qu'à Québec.

Gentile veut changer d'air

ROUYN-NORANDA — En apparence heureux à Québec, l’attaquant des Remparts Derek Gentile a demandé à être échangé. Rencontré au terme du périple abitibien de l’équipe, le Néo-Écossais de 18 ans n’a pas nié vouloir changer d’air.

La mine basse après la défaite de 7-4 des siens face à l’Aréna Iamgold de Rouyn-Noranda vendredi, Gentile avait eu sa part de responsabilité dans le revers des Remparts, s’étant montré coupable du revirement ayant mené au but égalisateur des Huskies, en désavantage numérique. Ce fut le prélude d’une poussée de sept buts de l’adversaire. La séquence a été à l’image de la soirée de travail du petit ailier droit, qui avait «labouré» en défensive et terminé la rencontre avec un différentiel de - 4.

Utilisé à toutes les sauces par Philippe Boucher — il évolue à forces égales et sur une unité d’avantage numérique —, le choix de quatrième ronde en 2015 se dirige toutefois, à sa troisième saison dans la LHJMQ, vers sa meilleure production offensive en carrière, cumulant 14 buts et 19 mentions d’aide en 33 matchs.

Faisant partie du noyau offensif de l’équipe, Gentile semblait également obtenir la faveur de ses entraîneurs. Qu’est-ce que a alors bien pu le pousser à demander d’être transigé?

«J’ai vraiment aimé le temps que j’ai passé à Québec. J’ai tellement appris! J’ai apprécié les partisans et tout ce qui tourne autour de l’équipe. Mais j’ai aussi eu mes frustrations… De toute façon, ce n’est pas garanti que je parte, alors pour l’instant, je suis toujours un Remparts. Je dois garder la tête basse, travailler et me reposer. Peu importe ce qui arrive après le congé, je serai prêt à jouer», a fait savoir le natif de Sydney, qui n’a pas voulu élaborer sur ses «frustrations».

Bien traité

Il ne s’agit toutefois pas d’une volonté de se rapprocher de sa famille, une suggestion qu’il a rapidement repoussé du revers de la main. «Ce serait agréable de me rapprocher de la maison, mais je suis un joueur de hockey d’abord. Je veux être un joueur de hockey professionnel et c’est ma priorité. Peu importe si je suis à Val-d’Or, Cap-Breton ou Québec, je veux devenir un joueur de hockey professionnel. C’est ce qui m’importe», s’est-il contenté de répéter.

Gentile a également rejeté l’idée qu’il veuille partir en raison d’un conflit entourant son temps de glace ou la manière dont il est utilisé par le personnel d’entraîneurs des Remparts. «Je ne veux pas aller dans les détails. J’ai été très bien traité ici. C’est une organisation qui a beaucoup de classe. Je ne vais pas en dire plus», a-t-il laissé tomber.

Quant à savoir qu’elles étaient ses émotions du moment, s’il avait disputé son dernier match avec les Remparts? L’attaquant a semblé pris à contre-pied. «Je ne sais pas quoi dire… C’est difficile de trouver les mots pour parler de ça.»

De son côté, le directeur général et entraîneur-chef Philippe Boucher a fait savoir qu’il ferait tout pour accommoder son joueur, dont ce serait la deuxième demande de transaction depuis son arrivée avec l’organisation. Étant donné son talent offensif et la possibilité de le voir jouer encore deux saisons et demi dans la LHJMQ, l’homme de hockey ne le transigera toutefois pas à rabais. Selon les informations qui circulent, ce dernier demanderait deux choix de première ronde en retour de Gentile.

«Je ne négocie pas dans les journaux, mais le prix va aller avec le marché et le fait qu’il est l’un des meilleurs joueurs de 18 ans disponibles sur le marché», a assuré Boucher.

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HENLEY ET BOUCHER SUSPENDUS

Le défenseur des Foreurs, David Henley, a été suspendu sept matchs pour sa mise en échec par derrière à l’endroit de l’attaquant des Remparts Mikaël Robidoux, lors du match de jeudi au Centre AirCreebec, à Val-d’Or.

Henley avait écopé d’une suspension de six matchs pour un geste similaire posé envers l’attaquant Pavel Koltygin (Drummondville), le 11 novembre. À sa deuxième infraction de la sorte en un peu plus de un mois, le capitaine des Foreurs n’allait pas s’en sortir à moins. Surtout qu’on a diagnostiqué une commotion cérébrale à Robidoux à la suite du coup.

Tout ça a pesé dans la décision du directeur du département de la sécurité des joueurs de la LHJMQ, Raymond Bolduc. Il a estimé qu’Henley avait frappé son adversaire dans le dos, alors qu’il tentait de récupérer la rondelle et qu’il se trouvait en position vulnérable, face à la bande. Il a aussi jugé que, même s’il n’arrivait pas à fond de train, Henley n’a pas fait d’effort pour éviter son adversaire ou minimiser le contact, le frappant «avec force» dans le dos, à trois pieds de la rampe.

Sous la force de l’impact, la tête de Robidoux a donné violemment contre la baie vitrée. L’attaquant des Remparts suit présentement le protocole de retour au jeu en cas de commotion cérébrale, qui le tiendra à l’écart pour une période minimale de sept jours. Étant donné la longue pause de Noël, il pourrait donc, s’il est suffisamment remis, disputer le prochain match des Remparts, qui recevront le Drakkar, le 30 décembre.

Québec devra toutefois se passer des services du capitaine Matthew Boucher, qui a écopé d’une suspension d’un match pour un plaquage sévère à l’endroit de William Cyr (Rouyn-Noranda). Pour ce geste posé en début de deuxième période du match de vendredi, il s’était vu décerné une pénalité mineure et un deux minutes supplémentaire pour rudesse pour s’être colletailler avec Taylor Ford, venu à la rescousse de Cyr.