L'ailier gauche Olivier Mathieu a fait partie de l'échange qui a envoyé Callum Booth aux Sea Dogs de Saint-Jean.

Fils unique parmi ses «frères»

Quand Olivier Mathieu est passé des Sea Dogs aux Remparts dans l'échange de Callum Booth avant Noël, l'un de ses nombreux «frères» l'a très vite appelé pour le féliciter. Le hic, c'est que l'attaquant de 16 ans est... fils unique!
Ayant grandi dans une famille qui accueille des délinquants référés par la DPJ et le Centre jeunesse de Drummondville depuis une douzaine d'années, Mathieu en a vu passer des jeunes hommes de 17 ans - toujours au nombre de six - dans la maison familiale! Si bien qu'il en a perdu le compte! Cet environnement singulier et les liens tissés avec ces «grands frères» au passé souvent trouble ont ouvert la voie à ce qu'est devenu le nouveau numéro 11 des Remparts.
«Je suis habitué de vivre avec des personnes qui ont grandi dans la misère. Je suis habitué d'être sociable. Je n'ai pas de problème à me faire de nouveaux amis. C'était spécial, mais en même temps, ça m'a aidé à grandir. Et je ne veux pas que ça ait l'air d'un conte de fées, mais je pense que ça m'a aidé beaucoup dans mon cheminement. Être enfant unique, c'est spécial, mais avoir six frères, c'est spécial aussi», a noté le très éloquent choix de première ronde des Sea Dogs (11e au total), en 2016.
Modèles de persévérance
Au coeur de cet univers familial non traditionnel, les parents d'Olivier Mathieu, Jean-François et Valérie, se dressent comme des modèles de persévérance aux yeux de leur fils. «Mes parents n'abandonnent pas facilement. Ils y croient. Et ça, c'est dans la vie aussi. Comme un gars de 17 ans dans la LHJMQ. Si tu n'y crois pas, ça ne donne rien, alors abandonne. Mais mes parents quand ils ont un nouveau jeune et qu'ils voient que c'est un jeune qui est tombé dans la drogue ou l'alcool, [ils font leur possible]. Ce ne sont pas toutes des réussites, mais quand il y en a une, on est vraiment fiers de notre shot! Et ce que j'aime aussi, c'est qu'ils m'impliquent là-dedans», a raconté l'ailier gauche de 5'9" et de 154 livres, qui joue le rôle de modèle et de confident auprès de ces jeunes.
Mauvaise expérience à Saint-Jean
C'est donc depuis sa plus tendre enfance que Mathieu s'est fait inculquer l'importance de bien accueillir l'autre. Il a d'autant plus apprécié l'accueil chaleureux qu'il a reçu à son arrivée chez les Remparts.
«Je ne sais pas si c'est comme ça dans tous les clubs de la LHJMQ, mais j'ai vraiment reçu un bel accueil. Je connaissais déjà l'entraîneur adjoint Daniel Renaud, qui m'avait dirigé à un camp d'évaluation. J'avais adoré mon expérience avec lui. C'est un gars qui est sur la coche, qui est énergique dans les pratiques.
«Philippe Boucher, lui, il dit la vérité. Il te donne l'heure juste et n'est pas rancunier. C'est le fun, parce qu'il y a des coachs qui vont tourner autour du pot, qui vont te faire croire des choses, que tout est positif et finalement, tout est fini!» a-t-il laissé entendre, se gardant bien de donner des noms.
Une expérience bien différente de celle vécue avec les Sea Dogs, où c'est la loi des vétérans qui règne dans le vestiaire. «À Saint-Jean, quand j'allais remplacer, j'étais le seul joueur de 16 ans. Quand j'étais seul avec un joueur de 19 ans dans la chambre, il ne me parlait pas. Je vivais ça durement. Ce n'était pas une partie de plaisir.
«Ici, je parle avec Louis-Filip Côté, qui est un super bon gars. Et puis, c'est tellement chaleureux de se faire dire par Philippe Boucher : "Tu as fais le tour du midget AAA. On te garde avec nous"», a conclu le produit des Cantonniers de Magog qui, après avoir été laissé de côté pour un premier match avec les Remparts mercredi, fera un retour dans l'alignement pour le deuxième match face aux Huskies, vendredi.
En vitesse...
Acquis par les Foreurs mercredi, le défenseur des Islanders Cody Donaghey refuserait de se présenter à la formation abitibienne, qui deviendrait sa sixième équipe dans la LHJMQ. En début de carrière, l'espoir des Sénateurs avait demandé à quitter Rouyn-Noranda pour finalement se retrouver à Québec... Après la rencontre de mercredi entre les Remparts et les Huskies, Philippe Boucher a dit espérer que sa couche de joueurs de 17 ans - les Côté, Kielb, Coxhead et Kurashev - s'éveille en deuxième moitié de saison. «Dans le cas de Philipp, c'est différent. Il faut qu'il digère sa déception d'avoir été retranché de l'équipe nationale suisse»... Boucher n'exclut pas que la période des échanges puisse jouer dans la tête de certains vétérans. «Autrement comment expliquer le jeu de Maheux et MacDougall, ces temps-ci? Ils ont pourtant été excellents pour nous autres, cette année. Turcotte ne joue pas son meilleur hockey non plus.»
Bon départ pour Émond
Auteur d'une victoire à son premier match dans la LHJMQ mercredi, le gardien du Collège Notre-Dame, Zachary Émond, attendait avec impatience le moment d'obtenir son premier départ dans l'uniforme des Huskies face aux Remparts. «C'est un bon début. Les joueurs ont bien joué devant moi. Ça m'a aidé. C'est sûr que j'étais nerveux au début, mais rapidement j'ai été à l'aise», a raconté le portier originaire de Saint-Cyprien. Présentant une fiche enviable de 10-3, ainsi qu'une moyenne de buts alloués de 2,14 et un pourcentage d'arrêts de ,926, Émond contribue largement au succès de son équipe depuis le début de la saison. «Ça va très bien à Rivière-du-Loup. On a une très bonne équipe et on est au premier rang.» De la à savoir si le gardien de 16 ans pourrait se tailler un poste avec les Huskies en deuxième moitié de saison, il n'y a rien de moins sûr. «Il a de l'aplomb. C'est le meilleur gardien de but du midget AAA. Je me donne jusqu'à vendredi midi pour prendre ma décision», a indiqué Gilles Bouchard.