«Ça a été un choc quand j’ai su la nouvelle. Je savais que les Remparts avaient acquis le gardien Thomas Sigouin, mais je m’attendais à une lutte entre nous deux au camp d’entraînement», a déclaré Émerik Despatie au <em>Soleil</em>.
«Ça a été un choc quand j’ai su la nouvelle. Je savais que les Remparts avaient acquis le gardien Thomas Sigouin, mais je m’attendais à une lutte entre nous deux au camp d’entraînement», a déclaré Émerik Despatie au <em>Soleil</em>.

Émerik Despatie estime ne pas avoir eu sa chance à Québec

Le jeune gardien de but Émerik Despatie avoue qu’il a été surpris quand il a appris jeudi matin qu’il était échangé des Remparts de Québec aux Olympiques de Gatineau. Cependant, il a décidé de faire contre mauvaise fortune bon coeur avec cette transaction qui le rapproche de chez lui et de sa famille.

«Ça a été un choc quand j’ai su la nouvelle. Je savais que les Remparts avaient acquis le gardien Thomas Sigouin, mais je m’attendais à une lutte entre nous deux au camp d’entraînement», a déclaré Despatie au Soleil. Le gardien de 16 ans a été devant la cage des Remparts durant 22 matchs la saison dernière, maintenant une décevante moyenne de buts alloués de 4.37 et un pourcentage d’efficacité de .850 après avoir été sélectionné en deuxième ronde du repêchage de 2019.

C’est d’ailleurs contre un choix de deuxième ronde au repêchage de 2021 que le directeur général Patrick Roy l’a échangé aux Olympiques. «Je pense que je n’ai pas vraiment eu ma chance à Québec. Je n’ai pas joué beaucoup de matchs, mais je me suis quand même développé cette saison», explique-t-il.

Chassé par Rousseau

Adjoint d’Anthony Pagliarulo au début de la saison, Despatie était demeuré le numéro deux après l’échange envoyant Pagliarulo à Chicoutimi puisque les Remparts avaient du même coup transigé avec les Tigres de Victoriaville pour obtenir les services de Tristan Côté-Cazenave. Jeudi, c’est l’annonce de la venue à Québec du gardien des Estacades de Trois-Rivières William Rousseau qui a été le prélude à la transaction de Despatie vers Gatineau.

«Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, car je connais beaucoup de monde à Gatineau. J’ai parlé à l’entraîneur Louis Robitaille et il m’a souhaité la bienvenue. Il m’a dit qu’il pensait que je formerais un bon duo (avec le vétéran Rémi Poirier)», poursuit-il.

Despatie aboutira dans une équipe en reconstruction, une situation qu’il connaît bien après avoir passé une saison avec les Remparts. «C’est un peu ce qu’on a vécu cette année à Québec, alors ce n’est pas quelque chose qui me dérange.»

En plus de sa famille, qui réside toujours dans la région de Gatineau, le natif de Cantley retrouvera quelques copains dans sa nouvelle équipe. «J’allais à l’école avec William Dagenais et j’ai joué avec Milo Roelens avec Team Québec. C’est un retour à la maison pour moi. J’espère simplement que je jouerai plus de matchs que la saison passée. Ma première année junior a été une année de développement pour moi et maintenant, j’ai le goût de jouer un peu plus», termine le jeune cerbère.

William Rousseau

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LA DERNIÈRE TENTATIVE DE ROY A CONVAINCU ROUSSEAU

Le gardien de but William Rousseau l’avoue, c’est la dernière tentative du directeur général et entraîneur Patrick Roy qui l’a convaincu de s’amener avec les Remparts de Québec la saison prochaine plutôt que de poursuivre son rêve de jouer et d’étudier aux États-Unis.

«Il fallait que je leur donne une réponse rapidement», a déclaré au Soleil le gardien de 17 ans natif de Trois-Rivières dont Le Nouvelliste annonçait jeudi en primeur qu’il serait un Diable rouge pour la saison 2020-2021.

Rousseau, qui s’alignait l’an dernier avec les Estacades de Trois-Rivières, a terminé la saison au cinquième rang de la Ligue de hockey Midget AAA pour la moyenne de buts alloués avec 2.23 et au sixième rang pour le pourcentage d’efficacité avec .924.

Si Patrick Roy avait dit avoir fait une croix sur Rousseau il y a quelques semaines, le laissant poursuivre son cheminement au sud de la frontière, il a tout de même tenté une ultime fois sa chance au cours des derniers jours en contactant le père de celui qu’il avait repêché en cinquième ronde du repêchage 2019.

Ultime tentative

«Patrick a contacté mon père pour s’essayer une dernière fois... On a parlé de ça et c’est vrai qu’avec ce qu’on voit aux nouvelles, les frontières qui sont fermées et tout, je ne savais pas vraiment ce qui allait se passer, je ne savais pas si je pourrais voyager et traverser la frontière», poursuit-il.

Rousseau avait été sélectionné par les Stars de Lincoln, au Nebraska, avec le cinquième choix du dernier repêchage de la United States Hockey League. S’il avait poursuivi sa carrière du côté américain, les Stars auraient été la dernière étape en route vers des études à l’Université du Nebraska et un uniforme des Cornhuskers.

Le fait que les Remparts aient proposé de payer les études de William pour devenir pilote de ligne a aussi pesé dans la balance quand est venu le moment de prendre sa décision. «Je vais m’inscrire dans un établissement de la région de Québec, je regarde ça présentement, je n’ai pas encore décidé lequel», déclare-t-il.

Sans pression

Côté hockey, Rousseau dit s’amener à Québec sans trop se donner de pression. «Ce sera à moi de faire ma place, de faire mes preuves. Je ne connais Thomas Sigouin que de nom, je sais que c’est un gardien de 20 ans, mais je vais me battre contre lui pour devenir le numéro un», indique Rousseau, qui se décrit comme un gardien extrêmement calme mais, à la fois, très compétitif. «J’hais ça, perdre!», lance-t-il.

Rousseau a discuté avec Patrick Roy à deux reprises. «Il m’a beaucoup parlé de l’organisation. Je vais renouer avec des joueurs que je connais à Québec. J’ai participé aux Jeux du Canada avec Nathan Gaucher et James Malatesta. Au moins je n’aurai pas à recevoir les tirs de James ailleurs qu’à l’entraînement. Il a tout une «shot»!»

Le jeune gardien sait aussi qu’il aura un ajustement à faire entre le hockey Midget et le hockey junior, mais il rappelle qu’il s’y connaît en adaptation. «Il y a deux ans, je jouais dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire et c’est un bon step de passer au Midget AAA. Mais j’ai eu des bons matchs, j’étais capable de voler des matchs», poursuit celui qui a bien sûr été déçu de l’élimination des siens en première ronde face aux Vikings de Saint-Eustache. «Ils avaient une bonne équipe eux aussi», concède-t-il.

«Avec les Remparts, je sais que je devrai améliorer l’aspect mental de la game, il faudra que je raffine ça un peu. Au hockey junior, on joue plus souvent et on est souvent sur la route. Pour le reste, je crois avoir le talent et la vitesse pour réussir dans ce circuit.» Ian Bussières