Les Remparts ont été limités à un seul but même s’ils ont obtenu 34 tirs sur le filet des Tigres de Victoriaville défendu par Tristan Côté-Cazenave, mardi soir, au Centre Vidéotron.

Défaite des Remparts et dispute

Remparts et Tigres ne se sont pas donné de bisous, mardi soir, au Centre Vidéotron de Québec. On a plutôt eu droit à plusieurs prises de bec dans ce match de veille de Saint-Valentin gagné 4-1 par Victoriaville.

Cette rencontre junior majeur disputée devant plusieurs jeunes hockeyeurs du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a donné lieu à une troisième période où pas moins de 50 minutes de pénalités ont été partagées entre les deux factions.

«Les coachs de l’Europe ont pu voir notre jeu de puissance, qui a marqué, et notre jeu défensif», a d’abord souri l’entraîneur-chef des Tigres, Louis Robitaille, sur la présence des pee-wee.

«C’était un match nord-américain avec de l’intensité entre deux équipes qui sont fières. Un gros match avec de l’émotion, mais sans débordement. Il n’y a pas eu de geste vicieux et c’est ce qu’on veut voir. L’animosité fait partie du sport», a poursuivi Robitaille, qui ne boudait jamais la chamaille dans ses années de joueur.

Les locaux ont commencé la rencontre en force avec le 14e but de la saison de Philipp Kurashev dès la 41e seconde. Mais à part deux ou trois poteaux, l’attaque des Remparts n’a plus menacé sérieusement la cage adverse protégée par Tristan Côté-Cazenave, auteur de 33 arrêts.

Dotée d’une force de frappe offensive impressionnante, Victo a répliqué avec les bâtons de Dominic Cormier et de Vitalii Abramov, en première période. Félix Lauzon, en deuxième, et Ivan Kosorenkov, en troisième, en supériorité numérique, ont complété la marque. Le gardien de Québec, Antoine Samuel, a bloqué 32 rondelles. Abramov a récolté trois points avant d’être expulsé pour conduite antisportive.

Sixième victoire de suite

Les Remparts ont raté l’occasion de devancer les Tigres au septième rang du classement et au deuxième échelon de la division Est. Victoriaville enchaînait une sixième victoire de suite, son dernier revers remontant à l’affrontement précédant contre Québec, le 31 janvier.

Match après lequel Robitaille avait demandé à ses joueurs d’apprendre à détester davantage les représentants de la capitale. Ça semblait être le cas, mardi.

«Louis, c’est pas ça qu’il leur a demandé, de nous haïr, la dernière fois?» a questionné l’entraîneur-chef des Remparts Philippe Boucher, à son micro d’après-match. «C’est ça que j’ai lu dans le journal le lendemain matin, en tout cas. Mais ce soir, ça s’est passé entre les joueurs et il n’y a rien eu de disgracieux», a tempéré Boucher, qui se demandait encore pourquoi l’officiel Nicolas Dutil avait expulsé son défenseur Benjamin Gagné, aussi au dernier vingt. Dutil n’a offert aucune explication, selon Boucher.

On a par ailleurs eu droit à une scène inquiétante, en début de rencontre. À la poursuite du disque, le défenseur des Tigres, Jérôme Gravel, a trébuché dans le coin avant que sa tête ne frappe la bande sur la mise en échec de Gregor MacLeod.

Gravel a mis plusieurs instants avant d’être capable de se relever. Ses jambes ne le portaient plus, comme s’il avait enfilé des protège-lames! L’arrêt du jeu et l’aide de la soigneuse lui ont ensuite permis de rentrer au banc par lui-même.

NOTES : L’arrière des Remparts Sam Dunn a purgé son match de suspension automatique, mardi, après avoir enlevé le casque de Nathan Légaré lors d’une bagarre survenue samedi, à Baie-Comeau... Boucher a retranché le défenseur tchèque Tomas Dajcar de l’alignement pour la cinquième fois dans les sept derniers matchs... Frappé à l’œil gauche par Jeffrey Durocher dans une bataille, mercredi dernier, à Gatineau, l’ailier des Remparts Pascal Laberge avait déjà retrouvé sa demi-visière, mardi, contre son ancienne équipe. Laberge portait une grille complète dans le match de samedi et l’avait toujours à l’entraînement de lundi... Les Remparts jouent vendredi, à Drummondville.

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UN VALENTIN POUR PICCO

«Je cherche encore un rendez-vous pour demain, on ne sait jamais!»

Andrew Picco entendait encore à rire malgré la défaite de 4-1 des Remparts de Québec, mardi soir. Le défenseur de 20 ans des Remparts avait été au cœur de plusieurs altercations d’abord verbales, puis physiques avec des joueurs des Tigres de Victoriaville.

En troisième période, il s’est même colleté avec Maxime Comtois, attaquant vedette des Tigres, médaillé d’or au dernier Championnat du monde junior avec l’équipe canadienne et joueur par excellence de la dernière semaine dans tout le hockey junior majeur à travers le Canada. Mardi, Comtois a amassé une mention d’aide.

«Ça fait partie de mon rôle, c’est ce que je fais d’habitude», a reconnu le Terre-Neuvien. «Même dans l’échauffement d’avant-match, ça parlait déjà beaucoup des deux bords. On savait qu’ils viendraient pour ça quand on a lu que leur coach voulait qu’ils nous haïssent plus. Je suppose qu’ils ont apporté ça.»

L’entraîneur rival ne s’est pas gêné pour décrier le comportement du numéro 42. «Il a de la jasette, lui! Pour moi, il parle anglais, français et russe, parce qu’il écœurait tout le monde», a lancé Louis Robitaille, au sujet de Picco.

Ce à quoi le principal intéressé a répondu, sans perdre le sourire : «Qu’ils parlent n’importe quelle langue l’autre bord, ça me va. Je sais me faire comprendre», a dit Picco, loin de repousser la controverse.

Quant à sa relation avec Comtois, Picco a blagué que leur Saint-Valentin commune n’était pas encore gâchée.

«Il s’est attaqué à Comtois en fin de match, gratuitement, a insisté Robitaille. Comme le dernier match ici [deux semaines plus tôt]. Comtois n’est pas hot ces temps-ci? Il a été choisi joueur de la semaine et peut-être que Picco ne le savait pas... On va lui donner le bénéfice du doute», a dit Robitaille, n’entretenant en réalité aucun doute sur les intentions de Picco. «Si on ne les haïssait pas avant la game, je pense qu’on les haït, là», a conclu le coach des Tigres.

Plus posé dans son style, le pilote des Remparts a résumé la situation en disant qu’il s’agit d’un jeu qui se joue à deux. «Quand Louis jouait, il parlait plus que tout autre joueur. C’était son style. [Chase] Harwell [ailier de 20 ans des Tigres] est toujours devant notre banc et il parle à tout le monde. Ça fait partie de la game», a terminé Philippe Boucher.