La recrue des Remparts, Andrew Coxhead, a dû s'ajuster au rythme de la LHJMQ et à une surcharge de travail depuis la perte des blessés. 

Coxhead prend les bouchées doubles

Avec quatre des six meilleurs attaquants des Remparts sur le carreau, la recrue Andrew Coxhead est amenée à prendre les bouchées doubles au centre du deuxième trio de l'équipe. Une lourde commande pour un attaquant de 16 ans.
Le natif de Bedford, en Nouvelle-Écosse, accueille toutefois le défi avec enthousiasme, lui qui pivotait une ligne complétée par Jesse Sutton, à gauche, et Derek Gentile, à droite, à Baie-Comeau, samedi.
«Je me sens bien dans ce rôle. C'est un challenge, mais c'est en même temps une bonne opportunité et une bonne expérience à prendre pour un joueur qui veut aider l'équipe», a indiqué le grand bonhomme de 6'2" et 185 livres.
De son côté, l'entraîneur-chef Philippe Boucher aime bien ce qu'il voit de son choix de première ronde (14e au total) en 2016, même s'il sait lui avoir confié de grandes chaussures à chausser.
«Buynitskiy, Garneau, Ayotte et Boucher, ce sont des gars qui jouent en moyenne 20 minutes par match à l'avant, soit entre 17 et 22 dépendamment des soirs. Coxhead, en ce moment, c'est lui qui est dans la chaise du gars de 20 minutes. Il le fait bien. Il progresse. On a juste besoin que plus de gars le fassent dans l'équipe», a noté le pilote.
La recrue n'est pas le seul joueur de première année chez les Remparts qui a dû s'ajuster au rythme de la LHJMQ et à une surcharge de travail depuis la perte des blessés. Philippe Boucher cite Philipp Kurashev, Darien Kielb et Olivier Mathieu, notamment.
«J'ai dit Olivier Mathieu : "Je ne te lâcherai pas." Je peux être dur avec lui des fois, mais c'est un bon joueur de hockey. Je veux qu'il travaille, qu'il ait du plaisir, qu'il fasse les choses comme il faut. S'il fait un pas de côté, je vais le ramener au centre. Coxhead depuis qu'il travaille plus, ça va mieux. Le régime du hockey junior, il ne connaissait pas ça. Dans le midget AAA des Maritimes, c'était plus facile pour lui. Il a trouvé c'est quoi les exigences et il travaille, depuis deux mois», estime l'entraîneur.
Semaine sans match
Ce dernier a profité de la longue semaine sans match - une rareté cette saison - pour convier ses joueurs à une séance en gymnase au Centre Vidéotron, à 7h15, mardi matin. Cette dernière a été suivie d'une session de patinage au Colisée de Loretteville, vu l'occupation du Centre Vidéotron et du Pavillon de la jeunesse. Ce programme relevé s'avérait une nécessité, a-t-il jugé, à la suite d'une fin de semaine où il a constaté un relâchement dans l'éthique de travail de ses hommes.
«Gagner ou perdre, dans les séries, c'est primordial, mais dans la saison, c'est un processus. C'est l'effort qui est important. Le système, on va le retravailler un peu. On s'est perdu dans certaines notions de base. Mais l'éthique de travail a été irréprochable, cette année. C'est pour ça qu'on a réussi à gagner des games. Et c'est ce que j'ai moins aimé, en fin de semaine.»
Philippe Boucher avait surtout ce message pour ses joueurs : le travail est beaucoup agréable à abattre dans le plaisir. «C'est important de travailler et d'avoir du fun. Si tu veux avoir du succès, il faut que tu travailles et que tu aimes ça venir à l'aréna. Et le hockey, c'est le fun. Si tu n'as pas de fun à jouer au hockey à cet âge-là, il y a un problème. La victoire et la défaite vont influencer tout ça. Les plus vieux l'ont vu, c'était quoi, le bon mix de travail et de plaisir, l'année de la Coupe Memorial (2014-2015). On l'avait trouvé. Et l'année passée, avant Noël, c'était ça aussi. Défaire cette équipe-là, ça m'a jeté à terre...» a laissé entendre Boucher, qui a regardé la fin de l'entraînement des gradins, en compagnie de son adjoint Christian Vermette.
Les vétérans doivent y croire, dit Philippe Boucher
Au lendemain d'une fin de semaine pénible sur la route, les vétérans des Remparts, Raphaël Maheux et Yanick Turcotte, avaient lancé un cri d'alarme à leurs jeunes coéquipiers et disaient souhaiter finir leur stage junior sur une bonne note. Il n'est pas trop tard, juge l'entraîneur-chef Philippe Boucher, qui n'a pas encore lancé la serviette sur la saison.
Malgré les blessures qui minent l'équipe, l'entraîneur-chef a choisi de demeurer positif et croit toujours à la possibilité de retour au jeu pour Dmitry Buynitskiy, dont il louange l'éthique de travail, à temps pour les séries.
«On verra. C'est sûr que tu veux bien finir. On avait toutes les raisons d'être fiers de ce qu'on faisait depuis le début de l'année. Tout ça part de nos leaders. Et ces vétérans-là en faisaient partie. Ils montraient l'exemple. Et on travaillait, on gagnait des games qu'on n'était pas supposées gagner. On gagnait souvent sur la route, ce dont on ne s'attendait pas, et on gagnait ces matchs de la manière dure», a noté le pilote.
Ce dernier constate toutefois qu'en l'absence de plusieurs vétérans, quelques jeunes sont forcés d'évoluer dans des rôles moins familiers. Pendant ce temps, plusieurs équipes se sont améliorées lors de la dernière période des transactions.
«On gagnait des matchs et on dirait que oups!, c'est disparu. Mais c'est vrai qu'on voit présentement la séparation entre les équipes qui se sont améliorées et les autres. Il y a eu beaucoup de scores de football en fin de semaine et pas juste dans nos matchs. C'est sûr que c'est frustrant pour nos vétérans, mais c'est à eux à ne pas lâcher.»
La recrue Andrew Coxhead, lui, demeure positif, malgré les pertes des Boucher, Garneau et Buynitskiy.
«Ce sont de grands leaders dans l'équipe, mais en leur absence, d'autres ont repris le flambeau dans les rôles de leadership sur la patinoire et en dehors de la glace. On se rend quand même compte de la différence. Mais on s'est regroupé et on tente de passer à travers.»