Les 18 propriétaires du circuit Courteau suivent de très près les efforts de syndicalisation des joueurs de la LHJMQ. Pour sa part, le président des Remparts, Claude Rousseau, regarde calmement les choses évoluer.

Claude Rousseau quitte la présidence des Remparts

Claude Rousseau n'est plus le président des Remparts de Québec, un poste qu'il occupait depuis 2008. Ses nombreux mandats à l'extérieur de la capitale et des défis moins nombreux à relever dans l'organisation ont mené à un changement de garde à la tête des Diables rouges.
Jacques Tanguay, l'un des quatre propriétaires de l'équipe, reprend donc le titre qu'il a longtemps assumé lors de la renaissance du club de hockey junior en 1997.
«Les raisons pour lesquelles Claude s'était joint aux Remparts, il y a six ans, n'existent plus. À l'époque, il venait de terminer une longue carrière à Bell Canada, on venait de présider ensemble le Championnat mondial, on lançait la station [radiophonique] Québec 800 et il avait du temps à nous offrir. Il était temps de passer à autre chose. Claude est un homme avec beaucoup de talent et il pourra se consacrer à d'autres projets», a expliqué Jacques Tanguay, hier après-midi, quelques minutes après le dévoilement de la nouvelle par le FM93.
Rousseau et Tanguay avaient effectivement mené à terme la présentation du Championnat mondial de l'IIHF, événement phare du 400e anniversaire de la Ville de Québec en 2008. De quatre entités, à l'époque, l'organisation en compte désormais deux, soit les Remparts et la Coupe Banque Nationale autrefois connue sous le nom de Challenge Bell. La fermeture de Québec 800 et la vente récente du Blizzard (midget AAA) au Séminaire Saint-François réduisaient donc considérablement le besoin d'avoir un président à temps plein.
La décision de mettre fin à la relation entre les Remparts et Rousseau n'a pas été prise après le match de dimanche, comme cela peut survenir lorsqu'un entraîneur-chef est relevé de ses fonctions. Les deux hommes discutaient de la situation depuis le mois d'août.
Painchaud toujours là
«Il s'agit d'une décision prise à l'amiable. Je remercie Claude pour son travail avec les Remparts et ses engagements dans la communauté, mais pour nous, rien ne change et tout se fait sous le signe de la continuité. J'ai toujours assumé mes fonctions avec les Remparts dans le passé, je ne fais que reprendre le titre de président. Notre objectif reste le même, soit d'avoir la meilleure équipe possible sur la glace, et à ce titre, Philippe [Boucher] fait un très bon travail depuis qu'il a succédé à Patrick [Roy]. Je pense que nous avons joué notre meilleur match de la saison, hier [dimanche]. Et au niveau administratif, Louis [Painchaud] est toujours là, pour une 18e année avec nous», a précisé Tanguay.
Même si le tournoi de la Coupe Memorial pointe à l'horizon au Colisée Pepsi, le moment de l'annonce du départ de Rousseau n'a rien de stratégique puisque l'événement est sur les rails depuis déjà plusieurs mois. En 2003, bien avant que Rousseau ne soit nommé président, les Remparts avaient aussi présenté ce tournoi.
En marge de ce boulot qui ne l'occupait pas à temps plein, Claude Rousseau multipliait les présences au sein de divers conseils d'administration. Il est encore conseiller chez Telus, en plus d'avoir déjà été président d'Équipe Québec et du CAA. Il a aussi joué un rôle auprès de la Ville de Québec dans l'entente de gestion du nouvel amphithéâtre.
«Le moment était bon pour faire une transition»
Claude Rousseau ne quitte pas les Remparts en mauvais termes, ni à regret. «On était rendu là», a avoué l'administrateur qui restera un fidèle partisan de l'équipe qu'il suit depuis le début des années 70...
Selon lui, la décision n'a pas été prise à la légère. Mais depuis la fermeture de Québec 800 et la vente du Blizzard (midget AAA) au SSF, il voyait bien que les astres s'alignaient pour un changement à la direction.
«De plus en plus, mes autres mandats professionnels m'amenaient vers Montréal, où je passe de deux à trois jours pas semaine. Et dans la mesure où j'en acceptais plus, il devenait difficile de combiner cela avec mes tâches qui diminuaient et il n'était pas question d'échanger ces mandats pour la présidence des Remparts», a indiqué Claude Rousseau, hier en fin d'après-midi.
Toujours conseiller chez Telus, il est aussi membre de plusieurs conseils d'administration. En quittant son poste avec les Remparts, il pourra aussi passer plus de temps en famille «parce que depuis trois ou quatre ans, c'était du sept jours sur sept», a confié celui qui n'a pas dévoilé ce qui pouvait l'attendre dans un avenir rapproché.
«Je ne sais pas s'il s'agit d'une grosse nouvelle, mais ce n'est pas quelque chose qui a été décidé hier [dimanche] soir. Jacques et moi, on se connaît depuis une quinzaine d'années, on a pris le temps d'en parler depuis le mois d'août. Le travail pour l'obtention de la Coupe Memorial était terminé, Jacques s'occupait déjà du dossier de l'amphithéâtre, le moment était bon pour faire une transition.»
Rousseau dit avoir apprécié son passage à la présidence des Remparts. Il a remercié les propriétaires - Tanguay, Michel Cadrin, André Desmarais et Patrick Roy - pour leur confiance. «J'ai vécu des choses extraordinaires avec eux et je n'ai pas l'intention d'arrêter de me pointer au Colisée», a-t-il conclu.