James Malatesta a joué un autre fort match, s’impliquant physiquement en plus de ses prouesses avec la rondelle. «Je suis très intense, je n’ai pas peur d’aller dans les coins», a déclaré la recrue de 16 ans.

Chicoutimi 4/Québec 6: Pagliarulo vole le spectacle

Au baseball, on utilise le concept de victoire protégée quand un releveur réussit à préserver la mince avance des siens en fin de match. Si on appliquait ce concept au hockey, le gardien des Remparts Anthony Pagliarulo en aurait largement mérité une vendredi soir dans la victoire de 6 à 4 des siens sur les Saguenéens de Chicoutimi.

Les Diables rouges n’avaient qu’une avance d’un but avec moins de six minutes à faire au match quand Pierrick Dubé, qui avait marqué ce qui s’est avéré être le but gagnant quelques minutes plus tôt, a écopé d’une pénalité pour avoir retenu.

Les Sags ont bourdonné dans la zone des Remparts, bombardant Pagliarulo, qui a réalisé quelques arrêts miraculeux et a même reçu l’aide de son défenseur Darien Kielb qui a aussi bloqué un tir.

Comble de malheur, c’est ensuite Andrew Coxhead qui a été envoyé au cachot à 15:52, puis Félix Bibeau à 17:00 pour avoir donné de la bande, une pénalité qui a soulevé la colère de l’entraîneur-chef des Remparts Patrick Roy.

Les Remparts ont ensuite traversé les deux plus longues minutes du match à cinq contre trois, puis à six contre quatre alors que l’entraîneur des Sags, Yannick Jean, a retiré son gardien Alexis Shank. Heureusement, Pagliarulo continuait à sauver les meubles et Anthony Gagnon a fini par inscrire le but d’assurance dans un filet désert.

«À cinq contre trois, les gars ont travaillé fort. Mes défenseurs m’ont donné un bon coup de main, c’est un travail d’équipe», a commenté un Pagliarulo heureux et soulagé après la partie. «On avait étudié leur avantage numérique avant le match avec Pascal [Lizotte, entraîneur des gardiens] et Patrick et c’était exactement ça. Je n’ai eu aucune surprise devant le filet», a avoué le portier des Remparts.

Roy était évidemment lui aussi satisfait de la performance de son cerbère. «Notre meilleur joueur a été notre gardien qui a fait tous les arrêts, même un qu’il n’a pas vu», a-t-il déclaré dans son point de presse d’après-match.

Revenant sur la pénalité à Bibeau, Roy estime qu’elle n’était pas méritée. «Il faut faire attention dans cette ligue, car il y a des gars qui se tirent par terre», a-t-il brièvement commenté.

Excitant 

Même si ce genre de match très ouvert qui a donné lieu à plusieurs revirements, surnombres et échappées des deux côtés de la patinoire a généralement l’habitude de déplaire aux entraîneurs, Roy a préféré regarder le bon côté des choses.

«C’était un match excitant. Notre plan de match était de mettre beaucoup de pression sur la défensive des Sags et d’être les premiers sur la rondelle. C’est sûr que quand on faisait une erreur, c’en était toute une», a-t-il concédé à propos des deux échappées des Saguenéens, dont une qui a débouché sur un but d’Ethan Crossman. 

«J’ai reçu des textos de personnes qui ont apprécié le spectacle. C’est du hockey inspirant qui est l’fun à voir. Quand il y a du jeu ouvert, il y a des chances et des bévues d’un côté comme de l’autre», a-t-il résumé, ajoutant qu’il avait apprécié la résilience des siens quand ils tiraient de l’arrière 4 à 3 en deuxième.

Du côté des perdants, Yannick Jean ne partageait évidemment pas l’enthousiasme de Roy. «La fin de la game, c’est le goaler qui l’a faite, mais pour le reste, je n’ai pas beaucoup aimé ça. On a triché pour marquer des buts et on s’est brûlés. On a donné beaucoup de surnombres, beaucoup d’échappées, on n’a pas voulu s’impliquer en défensive», a-t-il laissé tomber.

«Je suis déçu de la manière dont on s’est comportés avec tout ce qu’on avait fait de bien défensivement au cours des derniers matchs», a poursuivi Jean.

Encore Malatesta

Darien Kielb et Andrew Coxhead, avec son premier de la saison, et James Malatesta, avec deux buts, ont été les autres Remparts à déjouer Alexis Shank alors que les autres buteurs des Saguenéens ont été l’espoir des Canadiens de Montréal Samuel Houde, Louis Crevier et le Russe Vladislav Kotkov.

Malatesta a joué un autre fort match, s’impliquant physiquement en plus de ses prouesses avec la rondelle. «Je suis très intense, je n’ai pas peur d’aller dans les coins», a déclaré la recrue de 16 ans. 

«Quand c’était 4 à 4 après la deuxième, Patrick nous a dit d’être intelligents avec la rondelle, de continuer à jouer comme en première période, de lancer au but et que ça allait finir par rentrer», a conclu le numéro 11 des Remparts.

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LOUIS CREVIER GAGNE EN CONFIANCE AVEC LES SAGS

Après avoir participé au camp du Lightning de Tampa Bay, le défenseur format géant Louis Crevier est de retour chez les Saguenéens de Chicoutimi avec une nouvelle confiance en lui.

«Oui, ça m’a donné un peu de confiance, surtout que je ne suis pas quelqu’un qui a beaucoup confiance en lui dans la vie de tous les jours. J’ai découvert que je pouvais faire plus de choses en zone offensive», a commenté le hockeyeur de Québec vendredi, avant le match contre les Remparts.

Laissé de côté au repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH), Crevier a reçu son invitation au camp du Lightning deux jours plus tard. «Quand ils m’ont retourné à mon équipe junior, ils m’ont dit que j’avais progressé entre le camp de développement et le vrai camp et ils m’ont aussi dit d’améliorer ma force physique», a commenté celui qui fait maintenant 6 pieds 7 pouces.

«J’ai fini de grandir, je devrais prendre du poids...», a-t-il poursuivi. À Tampa Bay, l’athlète de 18 ans a eu la chance de côtoyer Braydon Coburn, un autre grand défenseur dont il dit s’inspirer.

Pour celui qui est né à Sainte-Foy, les matchs contre les Remparts revêtent toujours un caractère particulier. «Justement, j’en parlais avec Xavier Labrecque, qui est de Québec lui aussi. Le Centre Vidéotron, c’est une ambiance spéciale également.»

Talent rare

L’entraîneur des Sags, Yannick Jean, a sorti l’encensoir pour son défenseur qui a déjà cinq buts et une aide en huit matchs cette année alors qu’il n’avait accumulé que quatre aides en 44 parties l’an passé.

«Il ne fait pas d’erreur, il contribue à l’offensive. Ce gabarit-là avec son sens du hockey, des pieds comme ça, des mains comme ça, c’est rare qu’on voit ça. Il a connu une progression constante et c’est facile de travailler avec lui», a résumé celui qui voit déjà son protégé dans la LNH.

«Il est arrivé ici à 181 livres l’an passé, il est maintenant à 212 livres. Je pense qu’il va jouer dans la LNH à 235 livres. Avec son coup de patin et son sens du hockey : “sky’s the limit» !”», a conclu l’entraîneur des Saguenéens. Ian Bussières