Selon l'entraîneur-chef Philippe Boucher, Mathieu Ayotte est un des vétérans qui doit en donner plus si les Remparts veulent avoir une chance de combler leur retard dans la série contre le Titan.

Boucher lance un appel aux vétérans

En retard 2-0 dans la série qui les oppose au Titan d'Acadie-Bathurst, les Remparts de Québec ne peuvent pas regarder au-delà du prochain match. Pour cette raison, l'entraîneur-chef Philippe Boucher lance un appel à ses vétérans à l'approche de ce qui sera probablement leur plus important rendez-vous de la saison, mardi soir, au Centre Vidéotron.
«Dans une telle situation, on doit compter sur nos vétérans. Ce n'est pas compliqué, en plus de montrer la voie à nos jeunes, chacun d'entre eux doit jouer son meilleur hockey pour qu'on revienne dans la série», a dit Boucher, dimanche, au lendemain d'une deuxième défaite (6-2) en autant de jours à Bathurst.
Les Remparts ont mieux fait les choses, samedi, comparativement au premier match, vendredi, perdu 4-2. Ils ont bloqué des lancers et arrêté le jeu de puissance de l'adversaire. Mais pour l'emporter, il en faudra plus que ça.
«Il y a trop d'individualisme sur notre jeu de puissance, je trouve que certains veulent trop faire les choses tout seul et ça m'agace», a ajouté Boucher sans pointer un joueur en particulier. Il sait cependant ce que chacun peut apporter, conscient aussi que certains jouent malgré des blessures.
«Mathieu Ayotte doit créer des occasions de marquer, Raphaël Maheux doit être efficace défensivement, Yanick Turcotte doit amener de l'énergie physiquement, Matthew Boucher et Dmitry Buynitskiy doivent contribuer offensivement», a énuméré celui qui est ravi par la qualité du jeu du gardien Evgeny Kiselev, le meilleur joueur des Remparts depuis le début de la série et troisième portier le plus occupé (il a reçu 85 lancers) de la LHJMQ après deux matchs.
Possession de la rondelle
Boucher et ses adjoints se sont réunis, dimanche, pour analyser le match de samedi. Ils y ont sûrement perçu l'efficacité du désavantage numérique, qui a fermé la porte sur les cinq occasions du Titan. Par contre, la note de 24 % (15 en 62) sur les mises au jeu pose un problème. Depuis le début de la série, les Remparts n'ont gagné que 30 % de celles-ci.
«Ce n'est pas facile de courir après la rondelle. Quand le match est serré, il faut en avoir possession. On a perdu des mises au jeu franches, mais dans 50 % des cas, c'est souvent les ailiers qui perdent la bataille», a noté celui qui avait récemment invité l'ancien joueur de la LNH Éric Bélanger à donner quelques trucs sur le sujet.
Bien que déçu des deux défaites encaissées en Acadie, Boucher est convaincu que les siens auraient pu mieux s'en sortir, d'où l'espoir de rebondir devant les partisans de l'équipe.
«On n'était qu'à 20 minutes d'une prolongation, samedi, et de revenir à Québec avec une égalité de 1-1, et ce, sans même avoir joué notre meilleur hockey. En saison, on n'a pas perdu lorsqu'on menait après deux périodes et on est revenu de l'arrière pour gagner sept ou huit fois en troisième. Il faut revenir à ce qu'on faisait de bien», a suggéré Boucher, dont le club est rentré à Québec au milieu de la nuit après le match de samedi.

Pouliot influencé... par son fils

Mario Pouliot n'hésite pas à dire que son fils Raphaël, dépisteur avec la future équipe de Las Vegas, l'a influencé dans son évolution en tant qu'entraîneur-chef.
Depuis qu'il dirige le Titan d'Acadie-Bathurst, Mario Pouliot dit avoir changé son approche auprès des joueurs. Et même si son fils Raphaël a déjà refusé de devenir son adjoint, il y est quand même pour quelque chose dans son évolution comme entraîneur-chef.
Chez les Pouliot, le hockey se fait en famille. Le père est à la barre du Titan, le fils est depuis peu dépisteur pour les Golden Knights de Las Vegas, et Robert, le frère de Mario, occupe les fonctions de directeur de l'équipement avec les Voltigeurs de Drummondville.
«J'ai essayé d'amener ''Raph'' ici comme adjoint, mais le coaching ne l'attirait pas. Il a une bonne tête de hockey, une bonne analyse des joueurs. Ça lui arrive de me dire de ne pas retrancher tel joueur, que je ferais une gaffe», a raconté Pouliot au cours des derniers jours.
Choix de troisième ronde des Cataractes de Shawinigan en 2007, Raphaël Pouliot a joué trois ans dans la LHJMQ, dont la dernière année avec l'Armada de Blainville-Boisbriand, qui venait de succéder au Junior de Montréal. Il a été dirigé par Éric Veilleux, Pascal Vincent, Jean-François Houle et Joël Bouchard. «Il a eu de très bons entraîneurs dans le junior et il m'a aidé à comprendre la génération d'aujourd'hui, il m'a beaucoup aidé à faire de moi le coach que je suis devenu», a admis Pouliot.
Possibilité d'avancement
Après son stage junior, Raphaël Pouliot a pris le chemin de l'Université de Moncton. À la recherche d'un dépisteur dans la région, les Huskies de Rouyn-Noranda lui ont demandé de jeter un coup d'oeil sur les espoirs des Maritimes. Il a poursuivi ce travail à temps partiel malgré son transfert à l'Université McGill, où il a étudié en finances, avant d'être nommé dépisteur-chef quand le poste s'est libéré. Il l'aura occupé deux ans, jusqu'à l'appel de la LNH.
«Quelqu'un a refilé le nom de Raphaël à Las Vegas, qui cherchait un dépisteur au Québec. Raphaël a une bonne tête de hockey, il est vaillant et structuré. Ce qui est intéressant, pour lui, c'est qu'il connaît bien les espoirs du prochain repêchage, car ce sont les mêmes gars qu'il suit depuis le midget AAA. Je suis bien fier de lui, je ne serais pas surpris qu'il monte un jour au niveau administratif», estime-t-il à propos de son fils de 25 ans, qui est aussi planificateur financier.
Pouliot est établi à Bathurst, où il en est à sa troisième saison à la barre du Titan. Son contrat vient à peine d'être renouvelé pour deux ans. «Je ne veux pas lancer la pierre à Léo-Guy [Morissette, l'ancien propriétaire], mais le Titan a longtemps été un cimetière d'entraîneurs à Bathurst. J'aime ce qu'on a commencé, ici, depuis trois ans, le plan est respecté et ils m'ont demandé si je voulais continuer. Je suis bien ici», a ajouté celui qui a profité de son second passage comme adjoint à Rouyn-Noranda après une première expérience en chef à Baie-Comeau pour améliorer sa relation avec les joueurs, dont il se dit maintenant plus proche qu'à ses débuts dans ce milieu.

Le gardien Dumont-Bouchard profite de sa chance

Acquis un peu avant Noël par le Titan, le gardien Anthony Dumont-Bouchard a vécu son baptême des séries éliminatoires de la LHJMQ, en fin de semaine. Une attente qui en valait la peine.
L'homme masqué de Lévis avait raté son rendez-vous à la valse du printemps, l'an passé, en raison d'une commotion cérébrale. Au bout de plusieurs mois d'inquiétude, on a fini par conclure qu'il n'avait besoin que d'un ajustement cervical.
«J'ai raté les séries à cause de ça, l'an passé, et je n'ai pas été capable de m'entraîner de l'année. J'ai été arrêté pendant sept mois avant de pouvoir recommencer à jouer», a raconté l'ancien des Commandeurs de Lévis avant le deuxième match de la série.
Le choix de septième ronde de Drummondville en 2013 n'est revenu au jeu qu'en novembre dernier. Il avait eu le temps de s'apercevoir que les Voltigeurs effectuaient un virage jeunesse et qu'il ne serait utilisé que dans un match sur deux, dans le meilleur des scénarios.
«Je n'ai pas demandé à être échangé, mais j'étais content d'arriver à Bathurst, qui avait une bonne équipe. Je me plais ici, autant qu'à Drummondville, les gars m'ont bien accueilli.»
Mais surtout, il apprécie la chance de jouer en séries. «Ça fait longtemps que j'attendais cette opportunité», notait-il.
Les gardiens du Titan ont l'heure juste avec l'entraîneur-chef Mario Pouliot. Les deux sont appelés à voir de l'action, mais pour l'instant, c'est Dumont-Bouchard qui détient la pole position devant Reilly Pickard.
«On savait ce qu'on faisait en allant chercher Anthony, on voulait de la profondeur devant notre filet, c'est lui qu'on avait ciblé. C'était son premier match, vendredi, il n'avait jamais eu l'occasion de jouer en série avant cela et il cherchait un peu ses repères au début, mais ensuite, il est revenu à son calme habituel», a commenté Pouliot.  

En vitesse

Les Remparts s'entraîneront lundi matin au Centre Vidéotron tandis que le Titan le fera à son arrivée à Québec, en fin d'après-midi... Jeffrey Truchon-Viel, du Titan, a reçu l'absolution du préfet de discipline de la LHJMQ pour ce qui pouvait avoir eu l'air d'un coup de genou à l'endroit de Philipp Kurashev, samedi, en première période... Philippe Boucher a réservé de bons commentaires à l'endroit des défenseurs Benjamin Gagné et Étienne Verrette dans son analyse des deux premiers matchs... Autre constat de l'entraîneur-chef : éviter les punitions en zone offensive, ce qui est arrivé deux fois à Mathieu Ayotte et à Matthew Boucher, samedi.