L'entraîneur-chef Philippe Boucher et le président Claude Rousseau n'ont pas tenté de cacher leur déception devant l'élimination hâtive de l'équipe en séries.

Bilan décevant pour les Remparts

Au moment d'effectuer le bilan de la saison des Remparts, lundi, le président Claude Rousseau et l'entraîneur-chef Philippe Boucher n'ont pas tenté de cacher leur déception devant l'élimination hâtive de l'équipe en séries. «Perdre en première ronde, ce n'est pas acceptable», a soutenu Boucher, pour qui la dernière campagne en a été une de transition pour l'équipe et d'apprentissage pour lui-même.
Appelé à remplacer Patrick Roy dans l'entre-saison, Boucher a admis que sa première année à la barre des Remparts n'a pas été de tout repos. En plus de l'omniprésente pression de gagner, la «recrue» des Remparts a dû composer avec un ensemble de circonstances difficiles. Il a d'abord essuyé les critiques des amateurs, lorsque l'équipe éprouvait des ennuis en début de saison, avec un dossier de 1-8, dont une dégelée de 11-2 à domicile face aux Foreurs. «Il a fallu se regarder dans le miroir», a-t-il admis, au sujet de ses adjoints Martin Laperrière, Pierre Sévigny et lui.
Après avoir redressé la barque aux Fêtes - les Remparts occupaient alors le quatrième rang de la LHJMQ -, il a dû composer avec la controverse entourant la présence de trois joueurs européens à Québec. «C'est prévu dans le règlement de la LCH», a-t-il rappelé.
À travers tout cela, Boucher a dû rivaliser d'astuces pour garder une équipe compétitive sur la glace, en dépit de la multiplication des blessés à long terme, à l'attaque.
«À Québec, les réflecteurs sont souvent tournés vers ici. On est facile à critiquer par le reste de la ligue parce qu'on est un gros marché. C'est correct. Ça vient avec. Mais faire de l'autobus, ça ne me dérange pas! Sauf peut-être quand il brise en revenant d'une défaite à Rouyn! Là, c'est moins le fun. Autrement, j'ai adoré», a affirmé celui qui a raté la marque symbolique des 40 victoires par un seul gain.
Des absences qui ont fait mal
Sur la glace, l'élimination expéditive des Remparts par les Huskies demeure le plus grand désappointement de la dernière saison. L'absence des deux meilleurs marqueurs de l'équipe en séries, Anthony Duclair et Adam Erne, tous deux blessés, a compliqué la vie d'une formation axée sur la possession de rondelle.
«On aurait aimé avoir Duclair et Erne dans l'alignement. Quand il manque ton meilleur joueur offensif et ton joueur le plus physique, ce n'est pas facile. Mais on avait assez de joueurs sur la glace pour livrer une meilleure bataille que ça», a déploré Boucher.
Ce dernier avait profité de la période des Fêtes pour échanger le pilier défensif Ryan Culkin aux Voltigeurs, en retour du vétéran Francis Lambert-Lemay et du jeune Nikolas Brouillard, un geste qu'il ne regrette pas dans l'éventualité de la présentation de la Coupe Memorial, en 2015. Le rajeunissement de la défensive a toutefois peut-être coûté leurs séries aux Remparts.
«Cody Donaghey, qui n'avait pas joué dans les séries l'année d'avant, est le premier marqueur chez les défenseurs jusqu'à maintenant [huit points, à égalité avec MacKenzie Weegar, des Mooseheads]. C'est du millage incroyable pour lui! Lanoue a joué, MacIntyre a joué. À long terme, ça va être bon.»
Malgré cette décision, l'organisation croyait posséder suffisamment de bons éléments pour passer la première ronde des séries. «On est déçus. On a fait ce qu'on avait à faire pour rajeunir notre équipe, tout en ayant un regard sur l'année prochaine avec la Coupe Memorial, mais on n'a jamais abandonné sur cette année. [...] On croyait en cette équipe-là», a assuré Boucher.
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265 matchs ratés
Vu l'engorgement qu'a connu la salle de thérapie des Remparts, son responsable, Steve Bélanger, a dénombré pas moins de 265 matchs ratés en raison de blessures ou de la maladie, la plupart concentrées à l'attaque. «T'as un gars [Archambault] qui s'en va 10 semaines pour une mono. Le jour où il revient, il y en a un autre [Boivin] qui repart. Lamarre, qui veut s'affirmer dans l'équipe, se fracture la rotule en deux. Ça ne s'est jamais vu. T'arrives dans les séries sans tes deux meilleurs joueurs [Erne et Duclair]. Il y a plein d'affaires qui sont arrivées cette année qui fait qu'on est à 265 matchs manqués. Il y a aussi eu Turcotte, qui est notre joueur le plus amélioré, qui se défait le genou. Ce n'est pas des excuses, mais il faut être réalistes. [Ça ne nous a pas aidés]», a estimé Philippe Boucher, qui a dû «traîner» de 26 ou 27 joueurs toute la saison afin de pallier les absences.
Un message pour Brassard
Parce qu'il avait besoin «d'un gars qui nous vole un match», Philippe Boucher a pris la décision de faire confiance à la recrue Callum Booth, dans le dernier match de la série face aux Huskies, vendredi. Ce faisant, il a porté un dur coup au vétéran François Brassard (photo), qui avait accordé 16 buts lors des quatre premiers matchs. Devant les médias, samedi, le portier de 19 ans a tout de même estimé qu'il avait disputé une bonne série. Un commentaire qui n'est pas passé inaperçu. «Des fois, il faut se regarder plus dans le miroir et c'est à nous autres de leur apprendre à faire ça. Quand tu perds une série, je n'aime pas ça entendre quelqu'un dire qu'il a très bien joué. C'est bien de valeur, mais ce n'est pas comme ça que ça marche. [...] Je ne veux pas nécessairement blâmer le leadership de l'équipe, mais lors d'une année de Coupe Memorial, ça va nous en prendre plus que ça», a laissé entendre l'entraîneur-chef, lundi.
En vitesse...
Le pilote des Remparts ne croit pas que la formule de séries 2-3-2 ait joué un rôle dans l'élimination hâtive de sa troupe. «C'est le premier match ici qui nous a fait mal. Si on gagne le premier match, et qu'on a le même résultat au deuxième, on est certains de revenir au Colisée. Ça aurait été une série complètement différente»... L'entraîneur-chef pense que certains de ses soldats auraient pu lui en donner davantage face aux Huskies. «On n'a pas été opportunistes. Mais l'opportunisme, il faut que tu travailles plus fort pour ça. On s'est fait brasser là-bas. On n'a pas réussi à exposer leur jeune défensive.»