Serge Beausoleil a laissé échapper des mots durs à l'endroit d'Andrew Picco dimanche, après la rencontre de l'Océanic de Rimouski contre les Remparts. Il s'est excusé lundi d'avoir dit : «Picco n'avait pas besoin de personne pour échapper une rondelle.»

Beausoleil s'excuse à Picco

Déjà, dimanche, il n'était pas fier de lui. Lundi, Serge Beausoleil s'est excusé auprès du défenseur des Remparts, Andrew Picco, qu'il avait visé dans un point de presse dominical «où mes propos ont dépassé ma pensée», a admis l'entraîneur-chef de l'Océanic de Rimouski.
«Andrew est un petit gars que j'aime beaucoup, nous avons remporté la Coupe du président ensemble, on lui a donné la chance de poursuivre sa carrière junior avec une organisation de premier plan. Il n'avait rien à voir avec notre punition. Dimanche soir, je n'étais pas de bonne humeur après moi-même, c'était totalement déplacé de ma part», a expliqué Beausoleil, lundi après-midi.
Il devait joindre Picco dans les minutes suivantes, son premier appel ayant frappé la boîte vocale de l'arrière de 19 ans. Il tenait à lui présenter ses excuses directement, et non pas laisser un message. «Je n'ai pas tendance à me défiler», a-t-il ajouté au lendemain du revers des siens par 7-6 face aux Remparts.
Lundi matin, il avait aussi échangé quelques mots avec Philippe Boucher. L'entraîneur-chef des Remparts, qui avait embauché Beausoleil pour diriger l'Océanic lorsqu'il en était le directeur général, n'a pas aimé l'entendre dire que «Picco n'avait pas besoin de personne pour échapper une rondelle».
«Serge et moi, on a travaillé ensemble et il connaît mon opinion là-dessus. Je pense que ça ne se dit pas. Il a gagné la Coupe du président avec lui, il devrait plus le remercier que le critiquer», a indiqué Boucher, joint sur le traversier menant de Matane à Baie-Comeau, où jouent les Remparts, mardi.
Beausoleil avait assuré Boucher qu'il contacterait le joueur visé pour s'excuser. «Serge va faire ce qu'il a à faire. Nous, on doit défendre nos joueurs, qui n'ont pas apprécié non plus. Je peux comprendre que ç'a été dit sous le coup de l'émotion, mais c'était regrettable et j'estime qu'il faut toujours épargner les joueurs», a ajouté Boucher.
À fleur de peau
De part et d'autre, les deux hommes avaient les nerfs à fleur de peau après le match de dimanche. Si Beausoleil a critiqué le travail de l'arbitre, Boucher n'a pas accepté le laisser-aller de sa troupe, qui l'a emporté malgré une avance gaspillée de 6-2.
«Lorsqu'on s'en prend aux arbitres, il y a une facture à payer, j'en sais quelque chose! Serge va peut-être l'apprendre, ce n'est pas à moi de juger. De notre côté, il faut reconnaître avec une vue de recul qu'on a quand même marqué sept buts et gagné sur la route à un endroit où ce n'est jamais facile de le faire. On va se concentrer sur les choses positives, comme la première période, et rappeler aux joueurs pourquoi ça fonctionne lorsqu'on joue de telle manière.»
Même s'ils ont laissé filer une avance de quatre buts, dimanche, les Remparts ont obtenu deux précieux points de classement. L'objectif est d'aller chercher ceux à l'enjeu contre le Drakkar, mardi, au Centre Henry-Leonard. Venu en relève à Evgeny Kiselev en troisième période, dimanche, le gardien Dereck Baribeau sera devant le filet.
«Lorsqu'on regarde le classement à l'approche des séries, les deux points à Rimouski étaient très importants. Nous avons disputé des matchs serrés en début de saison en respectant notre manière de jouer, on a même obtenu quelques blanchissages, et on s'est peut-être éloigné un peu de ça dernièrement. Il reste que parfois, on n'a pas le temps de décanter après un match et on parle peut-être un peu trop rapidement.»

Une première étoile pour Boland

En quatre matchs, Tyler Boland a marqué trois buts et amassé neuf points, bouclant le tout avec un différentiel de + 5.
Auteur de son 30e but de la saison, dimanche, Tyler Boland a été nommé première étoile de la semaine dans la LHJMQ. L'ailier de l'Océanic de Rimouski cherche à devenir le troisième joueur de l'histoire de la franchise à remporter le championnat des marqueurs du circuit Courteau.
Le numéro 22 a connu une semaine à la fois chargée et productive. En quatre matchs, il a marqué trois buts et amassé neuf points, bouclant le tout avec un différentiel de + 5.
«J'ai récemment eu une bonne discussion avec lui, il désire obtenir un contrat professionnel. Et je suis convaincu qu'il peut le faire. Tyler a le coup de patin, le lancer et réalise qu'il fait aussi jouer sur les 200 pieds de la patinoire», a expliqué l'entraîneur-chef Serge Beausoleil, avant le match de dimanche contre les Remparts de Québec.
Boland y a marqué le troisième but des siens dans une défaite de 7-6, où son entraîneur-chef réservait des commentaires acidulés envers l'arbitre pour l'appel d'une punition contre son équipe en fin de troisième, alors que la marque était de 6-6. Un but en avantage numérique allait ensuite procurer la victoire aux Remparts.
«Il est possible que Tyler soit le champion compteur, mais il ne maîtrise pas ce que vont faire [Maxime] Fortier et [Nico] Hischier à Halifax. Personnellement, je n'ai aucun problème quand l'intérêt individuel d'un joueur sert celui de l'équipe», ajoutait Beausoleil.
Avec 65 points, dont 30 buts, Boland n'accuse que deux points de retard sur Fortier, meneurs de la colonne des marqueurs dans la LHJMQ. Jusqu'à présent, Brad Richards (1999-2000) et Sidney Crosby à deux reprises (2003-2004 et 2004-2005) ont remporté le trophée Jean-Béliveau à Rimouski.
Les deux autres étoiles de la semaine dans la LHJMQ ont été décernées à l'attaquant Zack MacEwen, des Olympiques de Gatineau, et au gardien Olivier Rodrigue, des Voltigeurs de Drummondville.  

Lemay encouragé

Le gardien de but de l'Océanic Jimmy Lemay, qui a eu le malheur de lancer la rondelle dans son propre filet, permettant ainsi au gardien adverse Mathieu Bellemare d'être crédité d'un but parce qu'il avait été le dernier joueur à y toucher, vendredi, à Gatineau, a eu droit aux mots d'encouragement de son entraîneur-chef, en fin de semaine. «Ça joue en boucle à la télévision et en vidéo GIF sur Twitter depuis deux jours, le jeune est meurtri. Je lui ai demandé pourquoi les chemins de garnotte existaient. Ils sont là pour nous faire apprécier les routes asphaltées. Dans la vie, tu as deux choix : t'apitoyer sur ton sort ou continuer à avancer», a raconté Serge Beausoleil, qui a lui-même choisi la seconde option lorsque son club avait perdu un match par défaut pour avoir aligné un joueur suspendu dans le temps des Fêtes.