Le patron de l'Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil, a affirmé vendredi que le retour de Patrick Roy (photo) dans la LHJMQ était bien vu par tout le monde.

Beausoleil élogieux envers Roy et Boucher

En même temps qu’il se disait surpris par la démission de son ami Philippe Boucher, Serge Beausoleil estimait que le retour de Patrick Roy à la barre des Remparts de Québec était marqué du sceau de la passion, une qualité qu’il retrouve chez les deux hommes ayant eu une grande influence sur sa carrière.

«Il n’y a personne qui voit l’arrivée de Patrick d’un mauvais œil. Comme Philippe, il n’a pas besoin du hockey junior pour vivre, mais il redonne et traîne son baluchon. Que l’un de meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH revienne s’impliquer au niveau junior dénote un bel exemple de passion et de générosité», notait l’entraîneur-chef et le directeur général de l’Océanic de Rimouski.

Celui qui cumule désormais le plus d’ancienneté (sept saisons) derrière le banc de la même équipe dans la LHJMQ est convaincu que son ancien patron aura un impact immédiat à travers le circuit.

«Son retour sera bon pour les Remparts, les partisans, la Ligue et toutes les équipes. Patrick Roy draine les foules, partout où il va. Ce sera aussi bon pour la rivalité entre Rimouski et Québec», convenait-il lorsqu’on l’a rejoint à Boisbriand, vendredi, où il assistait au Défi d’excellence Gatorade de la LHJMQ réunissant tous les espoirs du prochain repêchage.

Beausoleil aura d’ailleurs l’occasion de renouer avec Roy, samedi, puisque le Diable rouge en chef s’y pointera pour découvrir les joueurs qui n’avaient à peine que 10 ans lorsqu’il a dirigé son dernier match dans la LHJMQ.

Plus redoutable

Il est persuadé que Roy sera un entraîneur-chef encore plus redoutable, notamment en raison de son expérience acquise pendant trois saisons avec l’Avalanche du Colorado. L’ancien gardien avait d’ailleurs remporté le trophée Jack Adams (meilleur entraîneur-chef) à sa première saison dans la LNH.

«Je ne lui ai pas parlé depuis qu’il est parti pour le Colorado. Mais comme tous les hommes de hockey, ton cheminement t’amène ailleurs, te fait progresser.»

À l’époque où il dirigeait le Blizzard du Séminaire Saint-François (midget AAA), Beausoleil avait développé des liens tissés serrés avec Roy. Non seulement celui-ci était-il copropriétaire du club de hockey midget AAA, mais il lui avait confié l’encadrement de son fils Frédérick, qui n’était pas encore le joueur de calibre junior qu’il allait devenir. Beausoleil avait aussi mis ses connaissances au profit du coach des Remparts, à l’époque.

«La saison suivante, Fred était notre capitaine et il fut le joueur le plus utile des séries. On a gagné deux coupes en deux ans. J’ai appris à connaître Patrick à cette époque, je ne l’ai jamais regretté.

«Ce que j’admire, chez lui, c’est son humilité. S’il voit une bonne idée ailleurs, il l’a prend. Patrick aime les gens qui font fi de son statut et qui disent ce qu’ils pensent. Il ne veut pas être flatté, mais bien avoir l’heure juste», se souvient-il de ses interventions à ses côtés et auprès de Jacques Tanguay, qui l’avait très bien conseillé lorsqu’il a quitté sa permanence au SSF pour s’établir à Rimouski à l’invitation de Boucher, alors dg de l’Océanic.

A-t-il été étonné par la démission de ce dernier? «Plus oui que non… Faire du hockey junior, c’est demandant, c’est du stock. Ça gruge de l’énergie, use le corps, fait vieillir tout en restant jeune parce que l’on côtoie des joueurs de 16 à 20 ans. Mais je ne pense pas qu’il faille tirer un trait sur la carrière de Philippe dans le hockey. Je suis persuadé qu’on va le revoir quelque part.»

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Olivier Garneau, qui aurait possiblement été nommé capitaine par Philippe Boucher, est bien conscient qu'il devra faire ses preuves auprès de Patrick Roy pour mériter sa place et d'avoir le «C» sur son chandail la saison prochaine.

GARNEAU VEUT REFAIRE SA PLACE

Favori de Philippe Boucher et capitaine annoncé des Remparts depuis plusieurs années, Olivier Garneau ne tient rien pour acquis avec l’arrivée de Patrick Roy derrière le banc. S’il est excité à l’idée de jouer sous les ordres d’une «légende du hockey», l’attaquant devra, de son propre aveu, refaire sa place. 

«Ma place dans l’équipe n’est pas assurée. Je vais arriver au camp prêt et donner mon 100 %», indique Garneau, conscient que l’équipe a actuellement un surplus de joueurs de 20 ans en vue de la saison prochaine. Or, si son statut de futur capitaine semblait lui assurer un poste sous Boucher, tout repart à zéro sous l’égide de Roy. 

«Je ne serais vraiment pas offusqué si Patrick décide de prendre sa propre décision au sujet du titre de capitaine. Je suis conscient que c’est Philippe qui m’avait donné ça», lance sagement Garneau. 

Évidemment, le vétéran a été «vraiment sous le choc» de voir quitter Boucher, le seul entraîneur-chef qu’il a connu au niveau junior et celui qui lui «avait permis de vivre la Coupe Memorial à 16 ans.» Personne dans l’équipe ne s’attendait à cette démission, assure Garneau, un ami proche de Matthew, le fils de l’ancien entraîneur-­chef, «mais si Philippe est heureux, c’est l’important.»

Tous les joueurs sont toutefois ravis du retour de Roy, assure-t-il. «Il n’y avait pas de meilleur choix pour remplacer Philippe. On est plusieurs joueurs de l’équipe à s’être échangé des messages. C’est rare dans le junior que tu as la chance d’être entraîné par un gagnant du trophée Jack-Adams. Patrick, c’est vraiment un gros nom, une légende.»

D’autant plus que l’enthousiasme généré par son embauche risque de donner un avantage de la glace plus prononcé aux Remparts au Centre Vidéotron, pointe l’auteur de 50 points en 67 matchs la saison dernière.  N’empêche. Qui dit plus d’enthousiasme dit plus d’attentes de la part des partisans. Sans compter que Roy est reconnu comme un entraîneur particulièrement exigeant.

Mais Garneau refuse de voir cela comme une pression supplémentaire. «Ses exigences vont imposer une bonne éthique de travail. Pour ce qui est de nos performances, on ne va pas se le cacher, il commence à être temps que l’on ait du succès en séries éliminatoires.»