L'attaquant Vladimir Kuznetsov a marqué deux buts, mardi, contribuant au gain de 7-3 du Titan d'Acadie-Bathurst sur les Remparts. Québec n'a plus droit à l'erreur, tirant de l'arrière 3-0 dans la série.

Adieu, marge de manoeuvre

Même s'ils ont disputé leur meilleur match éliminatoire à ce jour, les Remparts de Québec font malgré tout face à l'élimination à la suite d'une défaite de 7-3 contre le Titan d'Acadie-Bathurst, mardi, au Centre Vidéotron. Une poussée de cinq buts en 11:21 en troisième période a permis aux visiteurs de prendre les devants 3-0 dans cette série.
Les Remparts n'ont plus aucune marge de manoeuvre et ils devront absolument l'emporter, mercredi, pour éviter un deuxième coup de balai en deux ans devant leurs partisans.
Après avoir vu les Remparts prendre les devants 3-2 en début de troisième grâce à Andrew Coxhead, le Titan a rebondi avec cinq buts sans réplique. Ils ont d'abord profité d'une punition à Matthew Boucher pour créer l'égalité, ce qui a parti le bal.
«J'ai pris une punition stupide, ça nous coûte le match et j'en prends l'entière responsabilité. Ça fait trois fois que c'est 2-2 après deux périodes et qu'on l'échappe. Il faut trouver un moyen de se sortir de ça [déficit de 3-0]. Je l'ai vécu l'an passé, il faut se présenter à l'aréna avec confiance mercredi et jouer 60 minutes», a dit le capitaine des Remparts.
Jeffrey Viel (2), Christophe Boivin, Vladimir Kuznetsov et Dawson Theede ont été sans pitié pour le gardien Dereck Baribeau dans ces 12 dernières minutes d'enfer. Le Titan a lourdement compliqué la tâche des Remparts, sachant que dans l'histoire de la LHJMQ, seulement cinq équipes sont parvenues à combler un déficit de 0-3 dans une série.
«À 3-2, on a pris une punition qui nous fait mal et j'ai de la misère à expliquer la suite. Ç'a été très ardu pendant les 15 dernières minutes», a noté l'entraîneur-chef Philippe Boucher, qui venait pourtant de voir les siens disputer leurs deux meilleures périodes de la série.
Bonne réaction
Le Titan avait quand même pris les devants 2-0 en première. Un mauvais but accordé par Evgeny Kiselev avec 1,4 seconde à faire aurait pu assommer les Remparts, mais au lieu de s'écraser, ils ont redoublé d'ardeur.
Après le retrait du gardien de l'année dans l'équipe au profit de Dereck Baribeau, en début de deuxième, Boucher a réduit l'écart à un but dès la 40e seconde. Et moins de cinq minutes plus tard, le numéro 91 servait une passe habile devant le filet à Derek Gentile, qui provoquait l'égalité 2-2. Privés de Dmitry Buynitskiy, les Remparts avaient plus d'intensité, le trio de Coxhead, Yanick Turcotte et Mikaël Robidoux s'imposant physiquement.
«Je ne veux pas enlever du crédit à Bathurst, c'est un peu un rouleau compresseur avec leurs trois lignes, et leurs vétérans ont pris charge, c'est ce qui nous fait mal. On est dur avec nos jeunes parce qu'on y croit, on leur donne des minutes extrêmement importantes. De voir notre gardien du futur répondre en deuxième et une partie de la troisième, c'est positif. C'est grâce à eux qu'on a gagné 31 matchs, cette saison, parce qu'ils ont joué avec caractère. On n'a jamais abandonné, je serais déçu s'ils le faisaient, mais je ne m'attends pas à ça. Sauf que ça va nous prendre plus de constance dans discipline», a résumé l'entraîneur-chef.
Brillant devant les siens
Originaire de Québec, Christophe Boivin a reçu la première étoile, devant une vingtaine de parents et amis parmi la foule de 7719 spectateurs. «Ça été plus difficile dans les deux premières, mais on a joué une grosse troisième et trouvé un moyen de gagner. On mène 3-0, reste à aller chercher la quatrième [victoire] qui est la plus difficile», a déclaré le numéro 11 du Titan.
Si un cinquième match était nécessaire, il aurait lieu à Bathurst, vendredi. Mais pour cela, ça prend une victoire des Remparts!
Kiselev joueur de l'année
Le gardien Evgeny Kiselev a été nommé au titre de joueur de l'année chez les Remparts.
Le gardien Evgeny Kiselev a mérité le titre de joueur de l'année chez les Remparts, mardi, avant d'être retiré du match après 20 minutes. Il a décroché cet honneur en raison du nombre de points obtenus dans les quatre tranches de la Coupe Budweiser tout au long de la saison. Il succède ainsi à Matthew Boucher, qui avait été couronné en 2015-2016. Le Russe de 19 ans a obtenu 65 points, pour devancer par 10 points les attaquants Matthew Boucher et Philipp Kurashev. Ironiquement, celui qu'il a remplacé comme gardien numéro 1 à la période des transactions de décembre, Callum Booth, a fini quatrième avec 50 points accumulés avant d'être échangé à Saint-Jean. En 44 matchs, Kiselev a conservé une fiche de 12 victoires, 20 défaites, trois revers en prolongation et deux autres en tirs de barrage et maintenu une moyenne de buts alloués de 3,33. Kiselev a bien sûr mérité le titre de joueur défensif de la quatrième tranche de la saison, l'honneur offensif allant à Mathieu Ayotte.
«Ils sont venus nous narguer»
Le Titan se retrouve dans une position confortable avec une avance de 3-0, a admis leur entraîneur-chef. «Je n'étais pas vraiment satisfait de nos deux premières périodes, on travaillait en périphérie, mais en troisième, on a joué selon notre identité. On a marqué un gros gros but en avantage numérique et on a su faire le reste du travail après cela. Ils sont venus nous narguer après un but ou deux, regardez la vidéo, on est une équipe fière et les gars l'ont pris personnel», a indiqué Mario Pouliot à propos des Remparts. Invité à répliquer, Philippe Boucher disait que Christophe Boivin, auteur du filet vainqueur, avait aussi nargué le banc des siens après son but. «Il a tourné son bâton comme un lasso en recevant la première étoile, ç'a toujours fait partie du hockey. Après un match de 7-3, ça ne devrait pas trop te déranger, j'espère...» 
Le plaisir de la famille Boivin
Manon Flamand et André Boivin étaient heureux de pouvoir assister, mardi, à une rare visite au Centre Vidéotron du Titan, l'équipe pour laquelle évoluent leurs fils, Christopher et Félix Boivin.
Ils ne sont pas les plus grands, ni les plus gros, mais avec le coeur à la bonne place, les frères Christophe et Félix, du Titan d'Acadie-Bathurst, ont réussi à s'imposer dans un sport où le physique a souvent fait foi de tout.
Dans la section 103, André Boivin et Manon Flamand sont bien fiers de voir leur fils à l'oeuvre, d'autant plus que ceux-ci n'ont pas l'occasion de jouer souvent au Centre Vidéotron.
«Tout le mérite leur revient, ça n'a pas toujours été facile à cause de leur gabarit, mais ils croyaient en eux et ils ont réussi à faire leur place par le travail. C'est un grand sentiment de fierté qui nous habite lorsqu'on les voit les deux sur la glace, même si la maman est toujours nerveuse...», disait le paternel, mardi.
Sur la fiche d'alignement du Titan, les deux montrent le même poids, à 166 livres. Christophe, l'aîné, y devance Félix d'un pouce, à 5 pieds et 8. Si le plus vieux a été le meilleur marqueur de son équipe avec 90 points, le plus jeune vient d'en amasser 35 à titre de défenseur offensif.
«À son année de 17 ans, mon frère a prouvé qu'il pouvait jouer dans le junior majeur et ça m'a sûrement aidé à me faire repêcher. On a toujours parlé de notre petit gabarit, mais on s'en est toujours servi comme source de motivation», a précisé Félix, mardi, avant le troisième match de la série contre les Remparts.
Le rêve des frères du quartier Neufchâtel n'était pas seulement d'évoluer dans la LHJMQ, mais aussi de jouer dans la même équipe. Le Titan n'a pas hésité à repêcher Félix en troisième ronde en 2014 après la première saison de Christophe, choix de première ronde en 2013 à Bathurst.
«Nous sommes une famille unie, on a trouvé ça dur de voir Christophe partir à l'autre bout et on était emballé quand Félix l'a rejoint à Bathurst. Les deux sont restés dans la même pension formidable, des gens très accueillants qui nous hébergent aux deux semaines lorsqu'on y va pour suivre le rêve de nos garçons avec eux», note André Boivin.
Une place pour les petits
Les frères n'ont pas toujours eu la partie facile, Christophe étant retranché du bantam AA à sa première année. Il est ensuite passé par le midget espoir pour atteindre le AAA. Félix, lui, a toujours joué dans le double lettre.
«Ils ont toujours la pédale au fond et ne lâchent pas. Les petits joueurs combatifs ont leur place, même qu'on y croit encore pour Christophe [qui s'en va à l'UQTR l'an prochain], il n'arrête pas de nous surprendre», admet leur père, qui espérait une série Titan-Remparts.
«Des petits joueurs, il y en a qui percent. Regardez Jonathan Audy-Marchessault [qui évolue avec les Panthers de la Floride]. L'important, c'est de croire en nos moyens et de jouer de façon intelligente, surtout lorsqu'on se retrouve dans le coin avec des gars de plus de 200 livres», enchaîne Félix en riant.
Les deux joueurs avaient été dirigés au SSF par Bryan Lizotte, aujourd'hui entraîneur-adjoint du Titan, et qui a beaucoup contribué à leur développement, souligne M. Boivin.
«Bryan nous les avait vendus exactement comme ils sont, à l'effet que Christophe ferait des points et que Félix avait un très bon lancer et qu'il jouerait sur le jeu de puissance, a précisé Mario Pouliot, entraîneur-chef du Titan. Selon moi, il y a de la place pour ces gars-là, surtout les plus petits qui se présentent et qui jouent comme des gros.»
Dans cette série, Félix Boivin discute un peu moins avec son meilleur ami, Matthew Boucher, des Remparts. Et pour cause, les deux s'affrontent. «On n'a rien gagé, on est juste content de jouer l'un contre l'autre», disait-il à propos de celui qu'il a connu au SSF, dans le midget AAA.