Le centre des Remparts de Québec Théo Rochette
Le centre des Remparts de Québec Théo Rochette

Remparts: Théo Rochette affecté plus longtemps que prévu par sa mononucléose

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Bien qu’il soit recouvert d’un masque dans ses déplacements à l’intérieur du Centre Vidéotron, Théo Rochette a la ferme intention de montrer son vrai visage, cette saison. Le centre de 18 ans des Remparts de Québec est finalement libéré de tous les symptômes de la mononucléose ayant hypothéqué la majeure partie de sa dernière saison.

Rochette avait raté tout le mois d’octobre, l’automne dernier, en raison de la maladie. Il admet, aujourd’hui, ne pas avoir pu jouer en pleine santé, que ce soit lors de son retour avec les Saguenéens de Chicoutimi ou après l’échange l’ayant amené avec les Remparts à la pause des fêtes.

«Je m’étais informé sur la mononucléose, je savais ce que c’était, mais je ne m’attendais pas à ce que m’affecte autant à long terme. Je pensais qu’une fois terminée, que je pourrais revenir au même niveau assez rapidement, mais j’ai eu des symptômes au moins jusqu’à la mi-février. Je ne sais pas si c’était lié à cela, mais j’avais encore des nausées à ce moment-là, et physiquement, je n’étais pas au sommet de forme. J’avais peut-être recommencé un peu trop tôt», disait-il, mardi, après une séance d’entraînement ayant pris fin par une séance de patinage.

Après trois matchs en septembre, la saison dernière, Rochette s’est retrouvé au rancart par ce virus qui force les personnes les plus touchées à cesser leurs activités, notamment la pratique des sports. La fin de saison hâtive, la pause forcée par la pandémie et le congé de l’été lui ont permis de faire le plein d’énergie.

«Je me sens beaucoup mieux, maintenant. Le confinement m’a aidé à retrouver la santé à 100%. Pendant les trois premières semaines [du confinement], je n’ai absolument rien fait. Ça m’a permis de prendre mon temps, de relaxer et de soigner tout cela avant de reprendre l’entraînement, il y a quatre mois, en prévision de la saison. J’ai tout fait en sorte pour être prêt pour cette saison», expliquait le numéro 9 des Diables rouges.

Le voilà prêt à revenir plus fort que la saison dernière, qui n’a finalement pas à la hauteur de ses aspirations. Choix de première ronde (7e au total) des Saguenéens, en 2018, Rochette a été acquis par les Remparts en décembre dans la transaction ayant envoyé le vétéran Félix Bibeau à Saguenay.


« Le but de tous les joueurs est d’être repêchés au rang le plus élevé possible, c’est le mien aussi. Quand tu y penses, que ton nom sorte en troisième ou cinquième ronde, ce qui importe le plus est de savoir qu’une équipe s’intéresse à toi et qu’elle veut te développer »
Théo Rochette

«Je n’ai pas eu la saison que j’espérais. Là, j’ai la chance de prouver aux recruteurs de la LNH en début de saison que je vaux plus que ce que j’ai fait, l’an passé», expliquait celui qui est admissible au repêchage de la LNH qui aura lieu les 6 et 7 octobre.

Lors de la publication de la dernière liste de la centrale de recrutement de la LNH, le nom de Rochette apparaissait au 89e des patineurs nord-américains, soit en fin de troisième ronde. Et cela ne tient pas en compte tous les joueurs européens disponibles.

«L’aspect qui inquiétait le plus les recruteurs, c’était mon jeu physique, mon implication dans le jeu, les petites batailles à un contre un. En améliorant cette facette de mon jeu, les matchs hors-concours et les deux premiers de la saison régulière pourraient me permettre de gagner quelques points, il n’y a pas vraiment de risques d’en perdre. Puisqu’il n’y a pas d’autres ligues en action, les recruteurs sont présents à nos matchs, ils peuvent le remarquer.»

Cela dit, Rochette a confiance d’entendre son nom et souhaite que ce soit le plus vite possible.

«Le but de tous les joueurs est d’être repêchés au rang le plus élevé possible, c’est le mien aussi. Quand tu y penses, que ton nom sorte en troisième ou cinquième ronde, ce qui importe le plus est de savoir qu’une équipe s’intéresse à toi et qu’elle veut te développer. Il y a beaucoup d’exemples de gars qui sont sortis plus loin dans le repêchage, mais pour un jeune, c’est toujours le fun d’être repêché le plus haut possible», ajoutait l’auteur de deux saisons de 14 (43 et 39 points) à ses deux premières campagnes dans la LHJMQ.

Peu importe qui le sélectionnera, et à quel rang, l’entraîneur-chef Patrick Roy veut l’aider à développer cet aspect physique dans son jeu.

«Théo possède des habiletés individuelles extraordinaires, il a un bon lancer, de bonnes mains, c’est un excellent passeur et il a une belle vision du jeu. Il le fait de mieux en mieux dans les pratiques, mais on veut qu’il s’améliore dans les batailles à un contre un, qu’il impose sa présence devant le filet adverse. Avec Pierrick Dubé, il aura un rôle important dans notre offensive», notait Roy.

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LE PROCHAIN CAPITAINE

Patrick Roy nommera bientôt le remplaçant d'Anthony Gagnon (photo) comme capitaine de l'équipe.

Les Remparts devraient dévoiler l’identité de leur capitaine dans la semaine précédant le match d’ouverture, le 3 octobre. «Je vais attendre encore un peu, mais j’ai une bonne idée où je m’en vais. Je regarde comment ça se passe, présentement, comment les gars réagissent, qui sont les plus vocaux», disait Roy sans vendre la mèche. La saison dernière, le vétéran Félix Bibeau avait été nommé le capitaine en début de saison et Anthony Gagnon, un autre joueur de 20 ans, lui avait succédé après l’échange avec les Saguenéens.

APPRENDRE À MARCHER AVANT DE COURIR

À leur retour au bureau, mardi, les joueurs des Remparts ont eu droit à une petite séance de visionnement à la suite de leur match préparatoire de dimanche contre les Cataractes, qu’ils reverront d’ailleurs vendredi, à Shawinigan.

«On a eu une bonne leçon de hockey, dimanche, les Cataractes étaient plus compétitifs que nous, ils étaient plus sur la rondelle. On aurait aimé les voir jouer de cette façon. J’ai trouvé, dimanche, qu’on se laissait glisser dans notre territoire, qu’on avait de la difficulté à générer de l’attaque, qu’on n’était pas présent devant le filet.»

Roy aime bien son équipe, malgré sa jeunesse et les périodes difficiles qui accompagnent parfois cette situation.

«On est jeune, mais je ne veux pas utiliser cette excuse tous les matchs. Si on veut progresser, il faut être exigeant envers soi-même, autant les joueurs que le personnel d’entraîneur. Si tu n’es pas capable de marcher, tu ne pourras pas courir, alors présentement, on met plus d’emphase sur la culture qu’on veut mettre en place. Nous sommes tous des partenaires, là-dedans, et comme j’ai dit aux gars dans notre réunion, ton père va peut-être te reprocher certaines choses, mais ça ne veut pas dire qu’il ne t’aime pas…»