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Nicolas Savoie surpris de lui-même

Même lui ne pensait pas jouer autant qu’il l’a fait à sa première saison dans la LHJMQ. Le défenseur Nicolas Savoie sera l’un des piliers de la brigade défensive des Remparts de Québec, la saison prochaine.

Son passage dans le bureau des entraîneurs où l’on rencontrait les joueurs à tour de rôle, vendredi matin au Centre Vidéotron, ne s’est pas éternisé pour le natif de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, ne s’est pas éternisé. Comme la veille, en public, les commentaires de Patrick Roy à son endroit ont été aussi positifs, en privé.

«Ç’a mieux été que plusieurs personnes ne le pensaient, incluant moi. J’ai joué beaucoup plus que je ne l’avais imaginé, j’en suis même surpris un peu», admettait l’arrière de 16 ans à sa sortie du local.

Discret, Savoie a laissé parler la qualité de son jeu au fur et à mesure que la saison progressait. Quand Patrick Roy l’avait courtisé après sa sélection en quatrième ronde au repêchage de 2018, il se voyait l’utiliser dans une cinquantaine de matchs, au maximum. Savoie en a finalement disputé 54 (sur 68), mais c’est une blessure qui lui a fait rater un mois en novembre.

«À un certain point dans la saison, je me suis senti confortable. Plus ça allait, plus j’améliorais ma vision du jeu, je voyais les options que j’avais sur la glace», racontait celui qui a largement dépassé les attentes placées en lui.

Déjà membre du top 4 à la ligne bleue, Savoie jouera encore un plus grand rôle en 2019-2020 au sein d’un groupe qui devrait comprendre trois arrières de 17 ans, dont lui, Romain Rodzinski et Édouard Cournoyer (un joueur du midget AAA à Magog vanté régulièrement par Roy), et deux de 18 ans, soit Dylan Schives et Félix-Olivier Chouinard.

«Tout le monde s’est amélioré, cette année. On a tous pas mal jeune, on aura une bonne défensive, mais plus important encore, on est un bon groupe d’amis et on va grandir ensemble au cours des prochaines saisons.»

Chose certaine, Savoie ne regrette nullement sa décision d’avoir opté pour la LHJMQ au lieu du hockey étudiant.

«Tout a été parfait pour moi, la seule chose, c’est que ça n’a pas fini comme on le voulait, on aurait aimé gagner le dernier match contre Halifax», ajoutait celui dont la prochaine saison sera son année de repêchage.

Sergeev revient 

Unilingue russe à son arrivée, Aleksei Sergeev a profité du dernier rendez-vous d’équipe pour effectuer sa première entrevue en anglais sans l’aide de Philipp Kurashev, qui lui a longtemps servi de traducteur.

«J’ai adoré ma saison à Québec. Au début, Philipp traduisait tout pour moi, autant ici que partout en ville. Il m’a beaucoup aidé. Après les fêtes, j’ai commencé à pouvoir m’exprimer, à comprendre ce qu’il se disait autour de moi», indiquait l’attaquant de 18 ans auteur de 13 buts et 45 points en 63 matchs. Il a raté la fin de saison et les séries en raison d’une fracture de l’épaule.

«J’ai eu une bonne, mais pas une excellente saison. Je vais m’entraîner, cet été, pour revenir en force, l’an prochain», ajoutait le numéro 76.

Pour ce qui est du gardien Anthony Pagliarulo, son acquisition par les Remparts à la pause des fêtes a complètement changé sa saison, voire sa carrière junior.

«Quand je suis arrivé ici, je pensais être réserviste, mais j’ai réussi à prendre ma place. Je n’avais joué que huit matchs avant les fêtes [à Rimouski], puis j’en ai disputé 22 en deuxième moitié et tous ceux dans les séries. Patrick et Ghislain [Rousseau, l’entraîneur des gardiens] y ont été pour beaucoup, ils ont changé le petit quelque chose dans mon jeu qui a fait la différence.»

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Patrick Roy dresse un bilan positif de la première année de son retour [VIDÉO]

Même s’ils n’ont pas franchi la première ronde éliminatoire depuis quatre ans, Patrick Roy est d’avis que les Remparts de Québec sont en bonne voie de pouvoir rivaliser avec les meilleures formations de la LHJMQ. Voilà le constat qui émanait d’un bilan de saison que l’on espérait tenir un peu plus tard, jeudi, au Centre Vidéotron.

«Je ne dis pas que l’on va gagner dès l’an prochain, mais on sera très compétitif, j’en suis convaincu. On sera capable de faire un bond par en avant et les années qui suivront seront très intéressantes pour nos amateurs», estimait Patrick Roy, qui vient de compléter sa première saison dans son deuxième mandat à titre de directeur général et entraîneur-chef.

Après cinq ans d’absence, Roy a vite refait ses classes à la barre des Remparts. À la période des fêtes, il s’était amusé comme jamais en effectuant de nombreuses transactions. Il aura réussi à faire encore plus de place à ses jeunes éléments et à regarnir la banque de choix au repêchage sans toutefois sacrifier la saison qui a pris fin au septième match d’une série contre les Mooseheads d’Halifax, champions de la puissante conférence de l’Est ayant confiné les Remparts au huitième rang presque tout l’hiver.

«Les gens de Québec ne méritent pas d’avoir une équipe en reconstruction. Je sais qu’ils en veulent une qui fera partie du peloton de tête et qui va aspirer à la Coupe Memorial, c’est aussi notre objectif. J’ai aimé la chimie qu’on avait et ce que j’ai vu en deuxième moitié de saison et dans les séries. J’espère que les partisans apprécient le plan qu’on a en tête», disait celui qui a bien aimé faire progresser l’équipe en compagnie de ses adjoints Martin Laperrière et Benoît Desrosiers.

Selon lui, les Remparts possèdent la base défensive pour s’élever au-dessus de la mêlée. L’an prochain, trois joueurs de 17 ans, dont Nicolas Savoie et Romain Rodzinski, et deux de 18 ans seront les fers de lance de cette brigade.

«On sait tous que les championnats se gagnent avec une bonne défensive, il sera important d’amener un peu d’expérience avec eux. On est aussi allé chercher un gardien [Carmine-Anthony Pagliarulo] avec qui tout le monde est tombé en amour, ce qui nous fera un bon vétéran de 19 ans devant le filet.»

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Kurashev s’est fait discret face aux Mooseheads

Philipp Kurashev aura marqué l’histoire des Remparts, mais pas autant qu’espéré. Le centre suisse a presque été réduit au silence par les Mooseheads, à ses derniers coups de patin dans les rangs juniors.

«C’est très difficile, j’ai beaucoup de misère à parler. Les Remparts sont la plus grande organisation dans le hockey junior et je suis content d’avoir pu passer trois ans avec eux. C’est dur d’être passé aussi près, mais ce n’était pas assez», a commenté Kurashev, quelques minutes après l’ultime défaite de mardi, les larmes et la sueur se mêlant sur ses joues.

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Les adieux du capitaine Verrette

«Juste de jouer dans la LHJMQ, c’est déjà quelque chose. Mais d’avoir la chance de jouer pour une organisation exceptionnelle comme les Remparts de Québec, ça rend l’expérience encore plus incroyable.»

Étienne Verrette a disputé son dernier match junior, mardi, dans la défaite de 3-1 à Halifax. En tout et pour tout, le défenseur de maintenant 20 ans aura disputé trois campagnes pour 196 rencontres dans l’uniforme des Remparts.

Qui aurait prédit qu’il en jouerait même une seule? En juin 2015, les Remparts avaient fait de cet arrière gaucher originaire de Sainte-Thérèse un choix de 13ronde d’un repêchage qui en compte 14. Au 232e rang! Québec lui avait entre autres préféré Alexandre Larose (106e), Alec Richer (158e), Marc-Olivier Lantin (160e) et Jérémy Gauthier (229e), qui cumulent à quatre... zéro match dans la LHJMQ.

Verrette a pour sa part gravi les échelons jusqu’à être nommé capitaine de l’équipe par Patrick Roy, le 28 décembre dernier, après un ménage des Fêtes qui a vu 10 joueurs, dont le capitaine d’alors, Benjamin Gagné, partir sous d’autres cieux.

«On y croyait!»

Verrette ne sera pas parvenu à remporter une ronde de séries éliminatoires, perdant au match sept ces deux dernières années. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé, lui qui a été le meilleur pointeur de l’équipe dans la série contre Halifax avec sept points, à égalité avec l’autre défenseur de 20 ans Sam Dunn. Verrette a entre autres marqué son premier et seul but en séries dans le junior dans le quatrième match.

«C’est sûr et certain que ce n’est pas comme ça que j’aurais aimé finir ma carrière», a-t-il commenté, encore à chaud, mardi soir. «On y croyait! On ne voulait pas se contenter de remporter trois matchs contre Halifax. On voulait gagner la série, continuer et se rendre le plus loin possible.»

«Mais quand c’est fini, en quelques secondes, tu repenses à tout ce qui s’est passé et tout ce que tu as vécu. Je n’aurais jamais pu demander mieux», a poursuivi le numéro 6, le trémolo dans la voix et les yeux plein d’eau.

«On est une famille. J’ai vraiment fait de belles rencontres cette année. C’est une saison qui va rester à jamais gravée dans mon cœur.»

Au-delà des victoires et des défaites, il retient surtout les rencontres, les liens, les gens. «De nouveaux joueurs arrivent au début de chaque saison et tu crées des liens rapidement avec ces personnes-là. Tu passes quelques mois avec un gars et ça devient un vrai grand chum

«Avec tout le temps qu’on passe ensemble, on crée vraiment des liens exceptionnels, aussi les coachs et tous les membres de l’organisation», affirme-t-il, s’estimant «choyé» d’avoir pu porter le gilet des Remparts.

À l’UQTR

Si c’est la fin de sa carrière junior, Verrette n’accroche pas pour autant ses patins. Intelligent et bon étudiant de cégep, il intégrera en août les rangs des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

«Pour moi, les études, ç’a toujours été très important et le hockey est une grande partie de ma vie, alors ça va me permettre de jumeler les deux. Ce sera une autre étape, mais mes années juniors vont toujours rester», conclut celui qui étudiera l’administration, profil marketing.

Chez les Patriotes, Verrette retrouvera Samuel Hould, un ancien des Remparts, Guillaume Bergeron, avec il a joué midget, Olivier Garneau, autre ancien des Remparts maintenant avec l’Océanic de Rimouski, ainsi que Simon Lafrance, l’actuel capitaine des Tigres de Victoriaville qui a été coéquipier de Verrette dans le hockey mineur.

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Remparts

Les Remparts éliminés par les Mooseheads

HALIFAX — Incapables d’achever la bête plus tôt dans la série, les Remparts se sont avoués vaincus 3-1 dans le septième et ultime match contre les Mooseheads, mardi soir, à Halifax. Ils sont éliminés.

«Je suis fier qu’on n’ait pas abandonné. On a eu nos chances jusqu’à la fin», a d’abord commenté l’entraîneur-chef Patrick Roy, serein dans la défaite.

«Ce soir, ils ont été meilleurs que nous autour du filet. Dans les deux derniers matchs, on a manqué d’efficacité à l’attaque. Un but par-ci, par-là aurait fait la différence dans la série», a poursuivi Roy, dont la troupe n’a marqué que deux fois au cours des sixième et septième rencontres de cette série quatre de sept, à Halifax, lundi et mardi.

Bien qu’elle ait tenu tête aux champions de la conférence de l’Est, supérieurs par 35 points au classement en saison, l’équipe junior de Québec est exclue des séries dès la première ronde pour la quatrième année d’affilée. C’est également la deuxième année qu’elle perd dans un septième match.

Les Remparts ont mené cette série 2-0 et 3-2. D’aucuns se sont alors mis à croire qu’en cette première campagne de retour derrière le banc à Québec, Roy allait réussir un tour de force dont lui seul a le secret.

Même les partisans des Mooseheads ont eu chaud, une bonne part des 8168 spectateurs du Centre Scotiabank scandant mardi à répétition : «Pa-trick! Pa-trick!» Mais il n’y avait plus de lapin dans le chapeau.

Sam Dunn a ouvert le pointage à la faveur des visiteurs, mais la réplique est ensuite venue tout du même côté, de Maxim Trépanier, sur l’attaque massive, Jocktan Chainey et Keith Getson.

Dunn, Étienne Verrette et Luke Kutkevicius sont les trois joueurs de 20 ans des Remparts qui terminent leur parcours junior, tandis que le Suisse Philipp Kurashev ne reviendra pas non plus et passera dans les rangs professionnels.

«C’est très dur, je suis incapable de parler», a laissé tomber un Kurashev en pleurs, devant les deux journalistes de Québec. «Peu de gens s’attendaient à ce qu’on fasse quoi que ce soit contre eux. Mais nous, on s’en savait capable, on y croyait. C’est dur de passer si proche, mais ce n’était pas assez», a résumé celui qui gardera Québec et les Remparts dans son cœur «pour la vie».

Éviter 44 jours de congé

De leur côté, les Mooseheads voulaient à tout prix éviter d’être 44 jours sans jouer avant le tournoi de la Coupe Memorial, qu’ils accueillent en mai.

«Soulagé? Oui, je suis content pour les gars. Soulagé? Je ne dirais pas ça. Les séries, ça se gagne sur la glace et on l’a encore vu dans cette série», a d’abord affirmé le pilote des vainqueurs, Éric Veilleux, détendu.

«C’est l’une des premières rondes les plus difficiles auxquelles j’ai eu à faire face dans ma carrière en étant favoris, aucun doute. Québec a joué une bonne série intelligente», a ensuite dit Veilleux, qui a fait ses débuts dans la LHJMQ en même temps que Roy, en 2005.

Le pilote des Têtes d’orignaux a ensuite louangé son gardien Alexis Gravel, qui a assurément offert sa meilleure performance de la série après avoir été fragile par moments.

«Sur quatre victoires, tu veux que ton gardien t’en vole une. Si ça n’avait été de lui aujourd’hui, ç’aurait peut-être été une autre histoire», a-t-il dit au sujet de Gravel, auteur de 26 arrêts, dont au moins trois à des moments-clés en début et en fin de rencontre. Il a aussi mérité la première étoile.

Le portier des Remparts, Anthony Pagliarulo, a bloqué 28 rondelles.

Les Remparts feront un bilan plus détaillé de leur saison dans les prochains jours.

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Remparts 1/Mooseheads 6: place au 7e match! [VIDÉO]

HALIFAX — Avec deux buts rapides en fin de deuxième période, dont le premier controversé, les Mooseheads ont vaincu les Remparts 6-1, lundi, et forcent la tenue d’un septième et ultime match, mardi soir, à Halifax

La série huitième de finale quatre de sept est égale 3-3.

À 1-1 en fin de deuxième, Antoine Morand a marqué du patin. Ce qui a fait exploser Patrick Roy derrière le banc des Remparts et, dans la foulée, les 7623 spectateurs du Centre Scotiabank de Halifax. Les locaux ont encore marqué 63 secondes plus tard pour rentrer au vestiaire avec une avance de 3-1. Et les dés étaient jetés.

«Je n’ai aucun doute dans mon esprit que ce but-là n’est pas bon», a commenté Roy, après la défaite. «Il y a un mouvement de botté vers le filet. Pour moi, c’est automatique quand le patin s’en va vers le filet. Si son patin était resté sur la glace et n’avait pas bougé, pas de trouble», a-t-il dit, ayant vu la reprise à l’aide de la tablette à sa disposition derrière le banc.

Roy va jusqu’à remettre l’objectivité du juge vidéo en question. «L’arbitre ne peut rien faire. C’est le gars d’en haut qui prend la décision et il appartient à la ligue, j’ai tout compris ça. Mais c’est un gars qui vient d’où?» questionne Roy, sans donner de réponse.

Le livre des règlements de la LHJMQ stipule qu’un but est refusé «lorsque la rondelle a été bottée dans le but à l’aide d’un mouvement évident de botté». Ce qui n’était pas le cas de Morand, du moins aux yeux du juge vidéo.

À qui le «drama»?

Avec plusieurs pénalités imposées au troisième vingt, dont trois inconduites à Adam Gaudreau et Samuel Dickner des Remparts, tout comme Xavier Parent des Mooseheads, on croirait que la tension est à son comble. Mais pas tant, selon Roy, qui en a ajouté une couche sur l’arbitrage.

«C’est un club de drama. C’est un club qui aime ça plonger, qui aime slasher, cross-checker et aujourd’hui [lundi], aucune décision n’a été appelée. Ils ont pu faire ce qu’ils voulaient. Ils ont eu l’arbitrage dont ils avaient besoin pour ce match-là», a poursuivi le pilote.

Remparts

Patrick Roy: «Dur, jouer avec la pression»

HALIFAX — «C’est tellement dur de jouer avec la pression! Je l’ai vécu à plusieurs occasions. La pression est forte, on dirait que tes jambes deviennent pesantes, les mains… Pourtant, le match où ils avaient le moins de pression, c’était samedi! Parce qu’ils venaient de gagner deux matchs, ça roulait. Ils ont probablement eu un petit relâchement et on en a profité.»

Patrick Roy n’échangerait pas sa chaise avec celle de son vis-à-vis des Moosheads de Halifax, Éric Veilleux. Contre toute attente, Roy et ses Remparts de Québec détiennent une avance de 3-2 dans la série huitièmes de finale. Les Mooseheads feront face à l’élimination, lundi soir, devant leurs partisans.

Roy s’accommodait bien dimanche après-midi d’un vol d’avion d’une heure et demie, pour aller disputer le match numéro 6 de ce quatre de sept dans la capitale de la Nouvelle-Écosse. Si une septième rencontre devient nécessaire, ça se passera mardi, toujours sur la patinoire du Centre Scotiabank.

En fait, peut-être que Veilleux était assis dans l’exact même siège d’avion que Roy, mais quelques heures plus tôt. Après leur défaite de 4-2, le vol de samedi soir des Mooseheads a été retardé et ils n’ont pu quitter Québec que tôt dimanche matin.

Le même appareil Dash-8 de 37 places de Chrono Aviation affrété par la ligue a donc effectué deux trajets Québec-Halifax en quelques heures. Mais assurément pas avec des passagers dans le même état d’esprit.

Encore à chaud après le revers de samedi, Veilleux avait déclaré, sur le sentiment d’urgence au sein de son club : «Moi, je le sens! Eux [les joueurs], ils le sentent plus depuis cinq minutes, mais voilà une heure [pendant le match], ils ne l’avaient pas», pestait le coach des Mooseheads.

«Je ne suis pas un expert là-dedans, mais c’est sûr qu’eux, si quelqu’un leur avait dit avant la série qu’ils allaient tirer de l’arrière 3-2, pas mal de monde serait parti à rire», a de son côté illustré Roy, une fois débarqué à l’hôtel situé à deux pas de l’aréna érigé au centre-ville de Halifax.

Habitués des situations serrées

Malgré le retard de 35 points au classement en saison, le pilote des Remparts explique le succès actuel face aux champions de la conférence de l’Est en quelques facteurs.

«Comme notre position au classement n’a pas changé pendant plusieurs semaines à la fin de la saison, les joueurs ont peut-être manqué d’une certaine motivation. Mais en même temps, on a pu enseigner des choses qui rapporteraient plus à long terme. Ça fait longtemps qu’on se prépare en fonction des séries éliminatoires», explique celui dont le sort de l’équipe était fixé au huitième rang de la conférence dès la mi-janvier.

Les Remparts ont aussi été cet hiver l’une des deux formations, avec Charlottetown, à trancher le plus grand nombre de matchs en temps supplémentaire, donc prolongation ou fusillade. Vingt fois (7-13) en 68 matchs, soit trois parties sur 10. Seulement sept victoires, mais 20 occasions d’évoluer en situation de marche ou crève, comme en séries.

Les gars de Québec ont en plus brillé dans les Maritimes cette saison, souvent dans des situations serrées. Quatre victoires en six rencontres chez les clubs de l’Atlantique, dont quatre décidés en prolongation, trois gains et un revers.

Saison et séries confondues, les Remparts montrent une fiche de trois victoires en trois à Halifax en 2018-2019 et de 5-2 contre les Mooseheads.

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Les Remparts à une victoire de la 2e ronde des séries [VIDÉO]

En battant les Mooseheads de Halifax 4-2, samedi soir, à Québec, les Remparts mènent la série 3-2 et ne sont plus qu’à une victoire de causer une énorme surprise. Les Mooseheads pourraient en plus avoir un deuxième joueur suspendu dans cette série.

Ce huitième de finale de la LHJMQ se poursuit lundi à Halifax, alors que les Remparts auront l’occasion d’éliminer les champions de la conférence de l’Est et équipe hôtesse du prochain tournoi de la Coupe Memorial, en mai.

Un quatrième gain permettra surtout aux Remparts de passer en ronde des quarts de finale, eux qui ont pourtant obtenu 35 points de moins que les Mooseheads au classement de la saison.

«Ils vont avoir énormément de pression chez eux pour le match 6. On a dominé la série jusqu’à présent, mais il nous reste encore beaucoup de travail à faire», a commenté l’entraîneur des vainqueurs, Patrick Roy, après cette importante victoire décrochée devant 9105 spectateurs au Centre Vidéotron de Québec.

À la suite de deux défaites consécutives mardi et jeudi, les Remparts se sont relevés de belle façon. Ils ont été plus intenses et plus efficaces, ayant le dessus 34-24 au chapitre des tirs au but.

Matthew Grouchy, Pier-Olivier Lacombe et Pierrick Dubé ont permis aux locaux de prendre une confortable avance de 3-0 à mi-parcours, tandis qu’Édouard St-Laurent a scellé l’issue du match en marquant sur un tir de pénalité en milieu de troisième période, faisant 4-1.

Raphaël Lavoie et Arnaud Durandeau ont marqué pour les Mooseheads.

«On n’a pas joué pendant deux périodes. Pourquoi? J’aimerais le savoir», a constaté le pilote des visiteurs, Éric Veilleux.

«Ça fait 30 ans que je le dis : si tu ne travailles pas, tu ne gagnes pas! C’est aussi simple que ça. Peu importe à quel point tu penses être bon, ça ne marche pas», a indiqué celui qui reconnaissait que le rythme de la série retourne dans le camp de Québec. «Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas joué.»

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Caron fini pour les séries

À l’aube du match, les Remparts de Québec avaient appris une bien mauvaise nouvelle : l’attaquant Thomas Caron ne jouera plus cette année, victime jeudi d’une fracture de la clavicule droite, dans le quatrième match.

Caron est cet ailier en puissance du premier trio et joueur le plus physique de l’alignement des Remparts, du moins à l’attaque. «Ça ne se remplace pas, il faut juste jouer», avait commenté le patron avant le match, quant à savoir à qui la tâche du jeu plus rude reviendrait dorénavant dans son camp.

Après Luke Kutkevicius et Aleksei Sergeev, Caron est le troisième joueur des Remparts à subir une fracture de la clavicule cette saison. Le Russe Sergeev n’a pas joué depuis le 6 mars.

Kutkevicius a justement été promu au sein du premier trio aux côtés du Suisse Philipp Kurashev, muté à l’aile gauche, et maintenant Matthew Grouchy, sur l’aile droite.

Autre joueur du premier trio des Remparts blessé jeudi dans le quatrième match, au genou, Pierrick Dubé a disputé le match au sein du deuxième trio.

Ajoutons que les Mooseheads se débrouillent toujours sans leur deuxième pointeur de la saison, Benoît-Olivier Groulx, qui soigne une mononucléose.

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Éric Veilleux sait aussi compter

«Si Pat sais compter, moi aussi. Celui qui gagne le prochain aura trois victoires et ça en prend quatre. Alors c’est sûr que le match de samedi est important, très important.»

Éric Veilleux avait donné congé d’aréna à ses Mooseheads, vendredi, au lendemain de leur victoire de 5-4 dans le quatrième match et en attente du cinquième volet de leur série contre les Remparts, samedi (19h), toujours au Centre Vidéotron.

Veilleux sent bien que son équipe, largement favorite en amorce de série, a repris l’initiative dans ce huitième de finale avec deux victoires consécutives, mardi et jeudi. «On est revenus dans la série, c’est aussi simple que ça», tranche l’entraîneur-chef du club junior de Halifax.

Mais il a aussi trop de métier pour ne pas savoir qu’à égalité 2-2, rien n’est encore gagné, tout peut basculer.

Veilleux fait ici écho à une déclaration de son vis-à-vis Patrick Roy qui, à l’aube du match numéro 4 et avec ses Remparts toujours en avance 2-1, s’affirmait «capable de comprendre que s’ils perdent un match, ils feront face à l’élimination, ce qui n’est pas le cas pour nous».

Voilà maintenant les deux clubs au coude à coude et dotés d’au plus trois rencontres pour départager un vainqueur. «On a confiance en ce qu’on a. On a bon espoir de jouer un autre gros match samedi», indique Veilleux, dont la troupe a le vent en poupe.

Car difficile de le contredire quand il affirme que ses hommes ont mieux joué de partie en partie, ascension assez constante depuis la rencontre d’ouverture de la série présentée à Halifax, il y a déjà une semaine. «On espère que ce sera pareil pour le cinquième match», dit le pilote.

En plus d’être champions de la conférence de l’Est de la LHJMQ, les Mooseheads seront l’équipe hôtesse du tournoi de la Coupe Memorial, à Halifax, en mai. La pression de connaître du succès en séries, au premier chef en première ronde, existe bel et bien.

Mais le coach n’en fait pas un plat. «La pression est toujours là, on s’en met toute l’année, à tous les matchs.»

Plus que le calendrier de format 2-3-2 ou l’avantage de la glace, bien relatif dans cette série avec juste des victoires des équipes visiteuses, Veilleux souligne les bienfaits sur ses protégés du calendrier suivi à Québec au rythme d’un match aux deux jours.

Contrairement à ce qui se passe à Halifax, alors que les rencontres 1 et 2, puis 6 et 7, si nécessaire, sont disputées lors de journées consécutives.

«Avec plusieurs blessés et le retour de certains joueurs qui n’avaient pas joué depuis un moment, quelques jours d’extra pour se reposer un peu font du bien. Deux matchs en deux jours, ce n’est pas évident. On tire avantage du format actuel à Québec», constate celui qui peut remercier la Fondation du CHU de Québec d’avoir réquisitionné le Centre Vidéotron pour son bal annuel, vendredi soir.