Carl Brennan, le patron de la ligne offensive, s'est porté à la défense de ses hommes après les quatre sacs encaissés par les Carabins, à Montréal. Il comptera cependant sur une nouvelle unité pour affronter les très physiques Stingers de Concordia, dimanche, au Stade Telus-Université Laval.

Rebrassage sur la ligne du Rouge et Or

Alignement remanié et ajout d'un nouvel entraîneur venu des pros : la ligne offensive du Rouge et Or sort renouvelée de sa semaine de congé.
Facile de croire que les quatre sacs encaissés par le Rouge et Or (2-1) dans la défaite contre les Carabins de Montréal (3-0) ont provoqué ce remue-ménage. Surtout avec la semaine sans match qui a suivi. Une semaine de plus à jongler avec l'effectif en vue de la rencontre de ce dimanche, à l'Université Laval, contre les Stingers de Concordia (2-1).
«Je ne peux pas dire que j'étais complètement insatisfait du match à Montréal. On aurait pu faire mieux, mais c'est des choses qui arrivent», a répondu l'entraîneur responsable de la ligne offensive du Rouge et Or, Carl Brennan, après l'entraînement de mercredi.
«On parle souvent des sacs par rapport à la ligne à l'attaque et ça peut être le cas, mais pas tout le temps. Mais ça fait partie du métier que les sacs tombent sur le dos des joueurs de ligne offensive», fait valoir Brennan, se portant à la défense de ses gros bonshommes.
Brennan ne nage pas pour autant en plein bonheur. «Il faut que tu trouves la combinaison qui va te faire avancer, c'est tout», affirme-t-il, tout en demandant aux deux journalistes sur place de taire la nouvelle composition de son unité.
Question de conserver un avantage concurrentiel sur ses rivaux, qui n'obtiennent à peu près aucune couverture médiatique en semaine. Soit. Vous en saurez donc plus sur le qui-joue-où-et-pourquoi de la ligne offensive du Rouge et Or qu'au matin du match.
Son bloqueur à gauche partant de quatrième année, Francis Chabot, ne s'est pas entraîné mercredi. Blessé. Reste à voir s'il sera au rendez-vous contre les Stingers. Le centre Louis-Gabriel Beaudet est le seul finissant du groupe. Les trois autres partants n'écoulent que leur troisième ou deuxième saison universitaire, tandis que les deux suppléants sont des recrues. 
«On regarde nos options et on veut voir qui progresse et qui ne progresse pas», résume Brennan. Qui prépare sa troupe pour le front défensif de Concordia formé de «gars physiques, de gars actifs avec un moteur». «Mais en fin de compte, c'est nous qui devons être physiques, c'est ça l'affaire!» ajoute le coach.
Dans l'oeil du pro Roy
Cette jeune brigade aura donc besoin de tous les appuis disponibles. Le retour de l'ancien bloqueur étoile Jean-Simon Roy au PEPS arrive peut-être à point. Roy ne sautera toutefois pas sur le terrain.
Repêché en mai dans la Ligue canadienne (LCF), la recrue des Eskimos d'Edmonton s'est déchiré le ligament croisé antérieur du genou droit, dans le match du 17 août contre Winnipeg. Sa première saison chez les professionnels a pris fin de façon abrupte et il est de retour à Québec pour se faire opérer, en octobre.
«J'ai eu le temps de montrer ce que je peux faire et ils me faisaient confiance comme sixième pendant la saison», indique Roy, qui retournera à Edmonton en novembre pour accompagner ses coéquipiers en éliminatoires.
D'ici là, il servira de bras droit à Brennan. «Je vais leur apporter toute l'aide que je peux et ça va me permettre de garder la tête au football», dit-il.
Si Brennan préférait voir son ancien protégé en santé sur un terrain de la LCF, il se réjouit de sa présence à ses côtés pour les prochaines semaines.
«Je lui ai donné comme mandat de travailler avec les jeunes, révèle Brennan. Il va aussi me donner d'autres yeux durant les matchs. De sa position en hauteur, il pourra me relayer des informations, surtout en début de match s'il voit des différences avec ce qu'on a analysé pendant la semaine.»
Brennan y voit finalement une occasion pour Roy de s'améliorer comme joueur, même s'il est blessé. «Tu dois maîtriser ce que tu enseignes», affirme le mentor.
Plus de blessés durant le congé
Le receveur Étienne Moisan est confiant de pouvoir jouer dimanche.
La semaine sans match semble avoir laissé plus de blessés dans les rangs du Rouge et Or que le dernier affrontement, contre Montréal. Mercredi, plusieurs joueurs était exemptés d'entraînement, dont certains partants : le receveur Étienne Moisan, le bloqueur Francis Chabot, le demi défensif Louis-Philippe St-Amant et le secondeur Marc-Antoine Varin, tandis que le secondeur Cédric Lussier-Roy portait le gilet noir des intouchables.
«C'est un vieux bobo que j'ai un peu aggravé pendant l'entraînement de mardi et, pour l'instant, j'y vais au jour le jour. Mais je suis confiant de pouvoir jouer dimanche», a pour sa part indiqué Moisan, sans vouloir trop en révéler.
Après trois ans d'attente derrière Félix Faubert-Lussier, le receveur intérieur de quatrième année occupe enfin un rôle de premier plan. En trois rencontres jusqu'ici cette année (19 attrapés, 259 verges, 2 touchés), Moisan a déjà surpassé sa récolte offensive de ses trois premières saisons régulières (19, 257, 1).
«J'ai l'occasion de jouer et de faire les jeux sur le terrain. Par le passé, c'est Félix qui les avait», constate l'athlète de 23 ans de 6' 1'' et 210 livres. Il avoue avoir trouvé difficile sa troisième campagne dans l'ombre, l'an dernier, alors que sans une blessure à la hanche, l'excellent Faubert-Lussier aurait fait son nid chez les pros dès son année recrue. «J'ai trouvé ça ardu, mais il n'y a rien qui arrive pour rien. C'était peut-être mieux comme ça», philosophe le 84.
Face à Concordia, dimanche, il s'attend à un adversaire gonflé à bloc. «Les Stingers ont l'air bons et ils viennent de donner une méchante volée à McGill [68-16]. Ils sont tannés de perdre, ça paraît. Pour moi, ils vont arriver ici sans avoir peur de faire des jeux truqués ou ce genre de choses. Ils vont tout essayer pour gagner.»