Rebecca Marino connaît, jusqu’à présent, beaucoup de succès sur les terrains de tennis depuis son retour.

Rebecca Marino revient de loin

Cyber intimidation. Dépression. Les temps ont été durs pour Rebecca Marino. La Canadienne a décidé de prendre une pause du tennis pendant cinq ans avant de revenir à la compétition. Elle a depuis tourné la page sur son passé.

«Je suis si heureuse maintenant que je n’aime pas tellement parler de mon passé. Ce n’est pas parce que je ne veux pas en parler, c’est que je suis dans un bien meilleur état d’esprit en ce moment», explique-t-elle. «La joueuse que j’étais à l’époque n’est pas vraiment représentative de qui je suis maintenant.»

La joueuse de 27 ans a connu ses meilleurs moments sur le circuit de la WTA en 2011, où elle a atteint le 38e rang mondial, à l’âge de 20 ans. Cette position au classement lui a permis de se qualifier directement pour le tableau principal de tournois majeurs.

Le 17 février 2013, la Britanno-Colombienne dispute son dernier match avant de prendre la lourde décision de se retirer.

«Ç’a été difficile de prendre cinq ans, c’est un long moment, mais je crois que c’était nécessaire pour moi de prendre ce temps pour devenir qui je suis maintenant.»

Pendant cette pause, elle décide de se renouveler comme entraîneuse dans le but de transmettre sa passion aux autres. Après quelque temps, elle réalise qu’elle aime mieux frapper des balles qu’entraîner.

Puis, l’an dernier, alors que son père subit des traitements de chimiothérapie, elle «se met à penser comment la vie est courte» et qu’elle doit faire ce qu’elle aime et ne pas penser aux regrets qu’elle pourrait avoir plus tard, raconte Marino qui assure que son papa «va beaucoup mieux».

Cette pause a semblé faire le plus grand bien à Marino qui connaît, jusqu’à présent, beaucoup de succès sur les terrains de tennis. Elle a remporté les trois premiers tournois de la Fédération internationale auxquels elle a participé à son retour, en plus de décrocher le titre au Challenger de Winnipeg.

«Ça ne s’explique pas», rigole la joueuse. «Je ne m’attendais pas à avoir un départ aussi rapide. Bien sûr, je suis très contente. J’essaie de prendre ça un tournoi à la fois, aussi cliché que ça puisse paraître, mais je suis juste vraiment contente d’être ici, de compétitionner sur le court tous les jours. Je sais que j’ai le jeu et le niveau pour pouvoir rivaliser avec les autres filles.»

Ainsi, Rebecca Marino, maintenant 266e raquette mondiale, débarque à Québec pour disputer la Coupe Banque Nationale avec une fiche de 42 victoires et 9 défaites cette saison.

«Je sais que j’ai manqué beaucoup de temps, donc j’essaie de le rattraper en travaillant le plus fort possible», ajoute-t-elle. «Ma motivation est très élevée pour saisir chaque opportunité que j’ai à tous les jours et les utiliser à mon avantage.»

La Canadienne, qui a obtenu un laissez-passer des organisateurs, affrontera lundi la tombeuse de Françoise Abanda au tournoi de Chicago, Tatjana Maria.

Pas de chance pour Branstine, mais…

Carson Branstine faisait partie des cinq Canadiennes à prendre part aux qualifications de la Coupe Banque Nationale dans le but de décrocher l’une des six places disponibles pour le tableau principal.

Elle a cependant été sèchement éliminée en deux manches de 6-2 et 7-5 par Tchèque Marie Bouzkova, classée deuxième tête de série des qualifs. Après avoir échappé la première manche, Branstine semblait être en bonne posture pour aller chercher la seconde en se forgeant une avance de 4-0.

Malheureusement, les fautes directes répétées sur des jeux de routine et quatre doubles fautes ont ouvert la porte à Bouzkova qui a remonté la pente pour l’emporter.

«Je n’avais pas de grandes attentes, mais une fois dans le match j’étais vraiment confiante que je pouvais gagner, mais au fond ça n’a pas marché», analyse la 1031e joueuse au monde.

Branstine aura cependant l’occasion de se reprendre, puisqu’elle participe au tournoi en double avec… Rebecca Marino!

«J’ai joué avec elle deux fois. Nous avons joué ensemble à la Coupe Rogers et aussi à Vancouver», explique celle qui a l’habitude de jouer avec Bianca Andreescu. «La Coupe Rogers a été un ajustement, parce que bien sûr Rebecca est revenue au jeu. Nous n’avions jamais joué ensemble à ce moment et elle n’avait pas joué en double en cinq ans. Par contre, à Vancouver, nous avons fait les demi-finales et on a joué du bon tennis, donc je crois qu’on peut le refaire ici.»

Née en Californie d’une mère canadienne et d’un père américain, Branstine a choisi de s’entraîner à Montréal, après une offre de Tennis Canada, en octobre 2016.

«Je suis tombée en amour! Déménager dans un nouveau pays, jusqu’au Québec, nouvelle langue et toutes ces choses, ça prend du temps à s’ajuster, mais c’était définitivement la bonne décision pour mon tennis», conclut la joueuse qui célèbre son 18e anniversaire dimanche (9 septembre).

Le fait d’avoir un entraînement plus personnalisé et de ressentir le soutien de ses pairs et du personnel font partie des grandes différences que Branstine note entre le développement chez Tennis Canada et celui aux États-Unis.

Ayant toujours possédé la double citoyenneté, Carson Branstine a remporté son premier titre en tant que Canadienne aux championnats International Spring, en mars 2017, chez les juniors.

+

UN PAS DE PLUS POUR DABROWSKI ET SEBOV

Gabriela Dabrowski a fait fi d’une première manche désastreuse pour finalement l’emporter en trois manches de 0-6, 6-4 et 6-4 contre la Tchèque Jovana Jaksic. Sa compatriote Katherine Sebov a quant à elle éliminé la 11e tête de série des qualifications Emina Bektas en deux manches de 6-2 et 6-4. Outre Carson Branstine, l’Ontarienne Jada Bui a aussi plié l’échine face à l’Américaine Maria Mateas qui a eu le dessus par la marque de 6-4 et 6-1.