Le jeune Nicolas Deblois-Guérin et son père Christian Deblois ont eu le bonheur de rencontrer Pascal Siakam lors de la visite des joueurs des Raptors au Centre hospitalier de l’Université Laval.

Raptors: de la (très) grande visite au CHUL

Les enfants hospitalisés au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) ne sont pas près d’oublier la journée de mercredi, alors qu’ils ont reçu de la grande, pour ne pas dire de la très grande visite. Tous les joueurs des Raptors de Toronto, qui tiennent leur camp d’entraînement au PEPS de l’Université Laval, se sont en effet tous déplacés à l’hôpital pour jaser et s’amuser un peu avec les enfants et leurs parents.

Même les plus petits qui ne connaissaient pas les champions de la NBA étaient impressionnés par la présence de ces athlètes souvent plus grands que les vrais raptors, ces dinosaures qui ont vécu durant la période du crétacé et qui faisaient au maximum 6 pieds 8 pouces.

Le bonheur d’Oscar

«Mais vous êtes trop grands!» a d’ailleurs lancé Oscar M’Soumwa, un adolescent qui est atteint d’une infection à la clavicule dont les yeux brillaient à la vue de Pascal Siakam, qui fait 6 pieds 9 pouces, Serge Ibaka et Chris Boucher, qui font tous les deux 6 pieds 10 pouces. La conversation était lancée entre le jeune homme et les trois basketteurs. «Nous, on est grands, car on vient d’Afrique!» a lancé Ibaka. Apprenant ensuite que les parents d’Oscar étaient originaires du Congo, Ibaka s’est étonné que le garçon n’ait jamais goûté au foufou, un plat traditionnel africain. 

«On va lui faire manger du foufou pour qu’il grandisse!» a lancé un Siakam hilare au jeune homme qui avoue préférer le poulet. «À la télé, ils ont l’air plus petits. C’est vraiment incroyable de me retrouver avec eux!» a poursuivi Oscar. «C’est toi, le champion, ici, ce n’est pas moi», a ensuite laissé tomber Boucher.

Boucher, qui est né à Sainte-Lucie dans les Antilles, mais a grandi au Québec, avoue apprécier beaucoup ces visites dans les hôpitaux. «Ce sont des jeunes qui vivent toutes sortes de difficultés et plusieurs ne réalisent pas comment c’est dur pour un enfant d’être à l’hôpital et comment c’est dur pour un parent d’avoir un enfant hospitalisé. Moi, j’ai eu la chance de ne jamais être malade, mais mon frère l’a été souvent et j’allais le voir à l’hôpital», a-t-il expliqué. «Ces visites apportent beaucoup aux enfants, mais elles nous apportent aussi beaucoup à nous. On réalise qu’on est chanceux d’être en santé et de pouvoir faire du sport.»

Des sportifs appréciés

Christian DeBlois a pour sa part déclaré que son fils Nicolas Deblois-Guérin avait beaucoup apprécié l’expérience. «Avec leur taille, ils sont impressionnants, mais ils sont aussi vraiment sympathiques. Ils ont réussi à le dégêner!» lance le père à propos de Siakam, qui avait entamé la conversation avec le garçonnet.

Alexandrine Bernier a aussi apprécié la disponibilité des basketteurs, qu’elle a suivis comme plusieurs autres Canadiens en grande finale de la NBA. «Ça a tombé qu’ils sont venus ici la même journée que mon fils Édouard a obtenu son congé. C’est une belle journée pour lui! J’ai trouvé ça bien gentil que quelques joueurs prennent le temps de placer des formes avec un enfant de deux ans!»

Vladimir Hervieux était tout sourire lui aussi avec sa fille Sarah, cinq ans, coiffée d’une tuque des Raptors. «Elle ne sait pas encore qui ils sont, mais plus tard je vais lui raconter encore cette journée où elle a rencontré les champions!» conclut-il.

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IBAKA AGRÉABLEMENT SURPRIS PAR LE CARACTÈRE FRANCOPHONE DE QUÉBEC

Même s’il évolue avec les Raptors de Toronto depuis 2017, le pivot Serge Ibaka n’avait jamais mis les pieds à Québec. Sa première visite dans la capitale a donc été une agréable surprise pour le basketteur congolais, qui n’avait auparavant pas réalisé à quel point Québec était une ville francophone.

«Je ne m’attendais vraiment pas à ce que tout soit en français. Même les panneaux sont en français! C’est vraiment agréable», a déclaré celui qui est retourné dans son pays natal, la République du Congo, cet été avec le trophée Larry O’Brien. «C’était vraiment beau comme expérience. J’en rêve encore. Jamais je n’aurais pensé retourner chez moi avec un trophée!»

Il avait aussi un message pour les jeunes qui l’admirent et souhaiteraient suivre ses traces. «Tous ceux qui aiment le basket et qui rêvent de la NBA, il faut continuer à travailler. J’ai joué en Afrique, ensuite en Europe avant d’aboutir ici. Si je suis ici, c’est grâce aux sacrifices que j’ai faits et parce que j’avais la passion.»

Ibaka sait que lui et ses coéquipiers devront travailler encore plus fort pour conserver leur trophée, surtout après la perte de Kawhi Leonard et Danny Green. «Oui, je suis fatigué de répondre à cette question, mais je sais, tu fais seulement ton travail. On sait tous que l’équipe sera différente et qu’il faudra travailler plus fort, car on a perdu deux grands joueurs», a-t-il déclaré en point de presse.

À un autre journaliste qui lui demandait comment il entrevoyait un possible changement de position en raison de la présence de Marc Gasol, qui est aussi un pivot, Ibaka a avoué qu’il ne se préoccupait pas de cela. «Moi, je pense que je travaille dur et j’adore jouer, je veux jouer. Et ne vous inquiétez pas : jeudi, lors du match intraéquipe [au PEPS de l’Université Laval], on va se donner à fond.» 

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L’ÉQUIPE DU CANADA... ET DE L’AFRIQUE

Dans leur course folle vers le championnat de la NBA, les Raptors de Toronto ont réussi à rallier tout le Canada d’un océan à l’autre. Ce dont on entend moins parler, c’est que les Raptors sont aussi l’équipe de basketball la plus populaire en Afrique en raison de la présence de natifs de ce continent dans tous les échelons de l’organisation. 

Tout le monde connaît bien Serge Ibaka et Pascal Siakam, mais il y a aussi la recrue Sagaba Konate qui est Malien jusqu’au président de l’équipe, Masai Ujiri, un Nigérian, en passant par de nombreux dépisteurs et entraîneurs nés sur le continent africain comme Jama Mahlalela, entraîneur-chef du club-école des Raptors 905 qui est né au royaume d’Eswatini, un pays enclavé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud autrefois connu sous le nom de Swaziland, et y a vécu une partie de son enfance et de son adolescence. 

«Il y a quelques décennies, mon pays était un joyau du sud de l’Afrique alors que la guerre faisait rage en Angola et au Mozambique et qu’il y avait l’apartheid en Afrique du Sud. Maintenant, ces pays ont changé, mais mon pays n’a pas vraiment changé, ce qui a amené diverses problématiques avec les infrastructures et les services de santé», explique Mahlalela, dont le père était un homme d’affaires important. «J’ai même déjà rencontré le roi Mswati III quand j’étais petit. Mon père parlait de lui en bien en tant que personne», poursuit celui qui est resté profondément attaché à l’Eswatini même s’il a passé la majeure partie de sa vie au Canada. «On tient des camps de basketball là-bas chaque année et c’est bien, car le basketball est devenu le sport «cool» en Afrique pour les jeunes. Avant, il n’y avait pas beaucoup de courts, mais maintenant, avec le programme Giants of Africa [lancé par Masai Ujiri], on en a bâti plusieurs», signale-t-il.

Mahlalela est d’ailleurs très fier de faire partie d’une confrérie d’entraîneurs africains dans l’organisation des Raptors. «Tu sais qu’il y a seulement cinq entraîneurs africains dans la NBA, dont deux avec les Raptors : les assistants entraîneurs Patrick Mutombo [Congolais] et Eric Khoury [Égyptien]. Il y a aussi des dépisteurs africains chez nous, dont le dépisteur en chef Patrick Engelbrecht d’Afrique du Sud et Mike Akuboh du Nigéria», fait-il remarquer. «Il y a bien quelques fans de Joel Embiid [le centre camerounais des 76ers de Philadelphie], mais cette année on a vraiment senti que non seulement tout le Canada, mais aussi toute l’Afrique était derrière nous», termine le pilote des Raptors 905.