Raphaël Lessard
Raphaël Lessard

Raphaël Lessard a hâte de reprendre le volant!

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Après plus de trois mois d’inactivité, le pilote beauceron Raphaël Lessard, qui dispute sa première saison avec l’écurie Kyle Busch Motorsports, avoue qu’il a hâte de reprendre le volant.

Les courses de camionnettes de la série NASCAR Gander RV & Outdoor Truck reprennent en effet mardi avec le North Carolina Education Lottery 200 au Charlotte Motor Speedway de Concord, en Caroline du Nord. 

Il s’agira seulement de la troisième course de la saison puisque celles qui devaient avoir lieu en mars, avril et mai ont toutes été remises ou annulées en raison de la pandémie de COVID-19.

«C’est un peu spécial, car j’ai déménagé en Caroline du Nord pour courir, courir, courir et là, je n’ai fait que deux courses au cours des six derniers mois», explique au bout du fil le pilote de 18 ans qui a rarement été inactif si longtemps puisqu’il fait de la course automobile depuis l’âge de 11 ans.

Erreurs d’inexpérience

Vingtième à Daytona le 14 février, Raphaël n’a pas terminé la course du 21 février à Las Vegas après avoir heurté un mur. 


« À Daytona, c’était ma première course sur un super speedway et j’ai roulé “top 5” une bonne partie de la course. J’ai même atteint la troisième et la deuxième place. »
Raphaël Lessard

«Cependant, les vétérans connaissent certains trucs et m’ont fait perdre mon aérodynamisme en se collant sur moi. J’ai dérapé dans un virage, j’ai réussi à ne pas toucher le mur, mais ma manoeuvre a provoqué une crevaison à un pneu avant et j’ai dû rentrer au puits, ce qui m’a fait reculer au classement.»

À Las Vegas, encore une fois le manque d’expérience a coûté cher au jeune pilote. «C’était ma première course sur un circuit d’un mille et demi et j’étais dans le top 10 pour les deux premières étapes. Cependant, à cause d’un cafouillage dans le puits, je suis reparti trentième et j’ai trop forcé pour revenir. J’ai atteint de nouveau la dixième place, mais j’ai fait une erreur, je n’ai pas ralenti assez dans le virage et j’ai frappé le mur», poursuit-il.

S’entraîner en Caroline

Malgré tout, Raphaël ne s’en fait pas trop avec ça. «J’ai beaucoup appris! L’important, c’est que j’avais beaucoup de rapidité et que j’ai démontré que j’étais capable de compétitionner avec tout le monde.»

Le pilote a ensuite décidé de passer la période de confinement en Caroline du Nord plutôt que de rentrer au Canada. «Je ne savais pas quand les courses allaient reprendre et je voulais m’entraîner le plus possible. Je n’avais pas accès au gym que Toyota a construit pour les pilotes, mais je m’entraînais à la maison et je courais. J’ai aussi étudié beaucoup de vidéos, car toutes les pistes sont nouvelles pour moi cette année», explique-t-il.

Il a aussi fait plusieurs simulations. «D’abord avec le jeu vidéo de course iRacing, qui est l’un des meilleurs pour reproduire l’effet d’une course. Puis, au cours des deux dernières semaines, j’ai pu utiliser le simulateur que Toyota a développé pour ses pilotes.»

Sans entraînement ni spectateur

Mardi à Charlotte, sur une piste où il pilotera encore pour la première fois, Raphaël devra de plus courir sans tours d’entraînement et sans qualifications en raison des nouvelles règles de reprise des courses durant la pandémie.

«J’ai déjà fait une course sans avoir pratiqué avec la voiture, mais sur une piste que je connaissais», précise-t-il. Pour lui, ce sera aussi une première course avec une équipe réduite et devant des gradins vides. 

«Ma camionnette sortira du trailer, elle passera l’inspection et s’en ira à la ligne des puits. Les pilotes les rejoindront seulement 10 minutes avant le départ», explique-t-il.

Il s’attend à une atmosphère, disons particulière. «Je pense que durant la course, on ne se rendra pas compte qu’il n’y a pas de spectateurs. C’est quand on va débarquer à la fin qu’on va le réaliser. Et les entrevues devront aussi être données avec une perche de deux mètres.»

Avec Busch

Même s’il n’avait pas imaginé ainsi sa première saison complète dans la série NASCAR Gander RV & Outdoor Truck, Raphaël est heureux d’avoir l’occasion d’apprendre d’un grand champion qui compte plus de 200 victoires en NASCAR.

«Je fais partie d’une très bonne équipe et je peux demander conseil à Kyle Busch quand je veux. C’est une légende, il est très impressionnant. Je veux apprendre de lui et je pense qu’il le voit», poursuit-il.

À Charlotte, Raphaël aura la chance d’avoir Busch comme coéquipier, comme c’était le cas à Las Vegas. «Après l’entraînement, on avait jasé et il m’aide tellement à mieux comprendre», conclut-il.