Randy Moss a passé sa carrière à se moquer des défensives grâce à sa vitesse, sa grande taille et sa vision du jeu.

Randy Moss a pris la NFL d'assaut

MINNEAPOLIS — Le ballon volait souvent en fond de terrain pour les Vikings en cette soirée mouilleuse à Green Bay, et Randy Moss se moquait constamment de la défensive.

Après cinq matchs dans la NFL, Randy Moss était déjà une vedette. Il était aussi un révolutionnaire. Il n’y a pas de moment qui a mieux défini son arrivée dans la ligue comme menace en zone profonde que cette performance explosive en heure de grande écoute contre les Packers, leurs éternels rivaux de la Division nord de la Conférence nationale.

Ce soir-là, Moss n’avait eu qu’à capter cinq passes pour étourdir la défensive des Packers, lui qui avait récolté pas moins de 190 verges de gains et inscrit deux touchés, une performance qui permis aux Vikings de l’emporter 37-24.

Quand les Vikings ont débarqué de l’avion à leur retour au Minnesota, son demi-frère et coéquipier, Eric Moss, a proposé de sortir pour célébrer la grosse victoire. «J’ai dit “Sortir? Non, je veux rentrer à la maison”», a répondu Moss.

Puis, le plaqueur défensif John Randle lui a tapé sur l’épaule. «Mon gars, ce soir, on fait la fête!» se rappelle Moss. C’est à ce moment que j’ai enfin compris ce que ça voulait dire pour nous d’aller à Lambeau [Field] et de gagner.» 

Vingt ans plus tard, avec Moss sur le point de faire son entrée au Temple de la renommée dès sa première année d’éligibilité, l’agile, puissant et parfois insolent receveur a enfin compris son importance dans l’histoire du football.

«Je suis arrivé dans cette ligue avec la tête pas tout à fait vissée sur mes épaules», a récemment admis Moss lors d’une entrevue téléphonique.

Au fil du temps, le «p’tit gars» du minuscule hameau qu’est Rand, en Virginie occidentale, qui se trouve au deuxième rang des réceptions pour des touchés (156) et au quatrième rang des verges sur réception (15 292), a appris à peaufiner son jeu, mais aussi des aspects de sa personnalité.

«J’ai réussi à m’ouvrir et à rencontrer des gens, j’ai pu voyager partout à travers le monde», indique Moss, qui en est à sa troisième année comme analyste à ESPN. «Le football, ici aux États-Unis, est un sport très puissant, et par le simple fait de porter ce veston doré, j’espère être en mesure de continuer à motiver les gens à accomplir de grandes choses.»

Moss deviendra samedi le 14e immortel chez les Vikings, et le 27e receveur à faire son entrée au musée à Canton. La petite ville de l’Ohio n’est qu’à trois heures de voiture de sa ville natale, mais à des lieues de la pauvreté dans laquelle Moss a grandi avec ses amis. Pour surmonter cette situation, les garçons jouaient au football autant qu’ils le pouvaient.

«C’était simplement quelque chose qui faisait du bien. J’adorais aller sur le terrain et me salir comme le font les enfants», explique Moss.

Rancune productive

Quelques années plus tard, des ennuis hors du terrain l’ont empêché d’être recruté par des institutions prestigieuses comme Florida State ou Notre Dame. Le receveur s’est donc retourné vers l’Université Marshall, où il a mené les Thundering Herd vers le championnat national de la Divison I-AA de la NCAA en 1996.

Malgré son talent indéniable, plusieurs équipes de la NFL ont été freinées par son passé, mais le pilote des Vikings, Dennis Green, a sauté sur l’occasion pour cueillir Moss, qui était toujours libre au 21e rang du repêchage de 1998. Le receveur n’a jamais oublié les équipes qui ont décidé de passer leur tour, revenant souvent les hanter avec ses performances. 

«J’ai toujours gardé une certaine rancune, parce que j’ai été élevé avec une mentalité de dur à cuire», a ajouté Moss. 

Moss a toujours eu la réputation d’être un joueur à problèmes, autant par ses effforts sur le terrain que par son comportement. C’est cette attitude qui a provoqué son départ du Minnesota vers Oakland, en 2005.

Les Raiders l’ont envoyé en Nouvelle-Angleterre deux ans plus tard, quand les Patriots sont devenus la première équipe avec une saison parfaite à perdre au Super Bowl, aux mains des Giants de New York.

Après une année 2010 difficile — Moss a été échangé par les Patriots et retranché par les Vikings —, il a pris une année de congé. Il est revenu en 2012 pour retourner une fois de plus au Super Bowl, cette fois avec les 49ers de San Francisco, qui ont été vaincus par les Ravens de Baltimore. 

Le receveur des Vikings et natif du Minnesota, Adam Thielen, n’était qu’un jeune fan de 8 ans en 1998 quand Moss a aidé les Vikings à inscrire 556 points, ce qui était à l’époque un record. 

«C’était toujours un plaisir de revoir les faits saillants de sa carrière. J’adore quand ces choses-là arrivent sur Instagram, d’être en mesure de voir ces jeux de Randy qui m’ont donné envie de jouer. Je fais mon possible pour l’imiter», a avoué Thielen.