Kimi Räikkönen a remporté son 21e GP.

Räikkönen s’impose à Austin, le sacre d’Hamilton retardé

AUSTIN — Lewis Hamilton devra attendre : le Britannique de Mercedes n’est pas parvenu à conquérir un cinquième titre mondial en Formule 1 à son premier essai au Grand Prix des États-Unis dimanche mais disposera d’une deuxième chance dès la semaine prochaine au Mexique.

Troisième sur le Circuit des Amériques à Austin (Texas), il n’a inscrit que trois points de plus que l’Allemand Sebastian Vettel, quatrième, alors qu’il lui en fallait huit pour être sacré.

La tâche devrait être plus facile à Mexico : à l’issue de la 19e manche sur 21 cette saison, une avance de 50 points sur le pilote Ferrari lui permettrait d’être titré, or la vedette de Mercedes en compte désormais 70.

Il peut donc se contenter d’une septième place, quel que soit le résultat de son rival, pour coiffer la couronne.

Celui qui n’a de cesse de dire qu’il veut «faire entrer (son) nom dans l’Histoire» de son sport égalerait ainsi, à 33 ans, l’Argentin Juan Manuel Fangio, devenu quintuple champion du monde dans les années 50.

Seul l’Allemand Michael Schumacher a fait mieux, avec sept titres conquis entre 1994 et 2004.

«Fangio est un peu le parrain de tous pilotes. L’un des grands depuis le début de ce sport et il sera toujours admiré, disait de lui le Britannique jeudi. C’est dingue de penser que je m’embarque vers le même nombre de titres que lui.»

Räikkönen regagne enfin! 

Le suspense a tenu dimanche jusqu’aux derniers tours d’une course haletante, remportée par Kimi Räikkönen (Ferrari), qui n’avait plus gagné depuis... 114 GP, le plus long intervalle en nombre de courses entre deux victoires par un même pilote.

«Ça ne change pas ma vie», a réagi +Iceman+ imperturbable, dans son style caractéristique et apprécié du public. «Qui sait, les gens sont peut-être plus heureux que moi ?» a-t-il plaisanté.

Parti depuis la pole position, Hamilton a vu le Finlandais, vainqueur pour la dernière fois au GP d’Australie 2013 avec Lotus, le dépasser au premier virage grâce à ses pneus plus tendres et donc plus efficaces.

La stratégie à deux arrêts aux stands tentée par son équipe, le premier sous voiture de sécurité virtuelle, n’a pas été payante face à celle à un arrêt adoptée par Räikkönen et le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull), deuxième après être remonté de la... 18e place sur la grille !

«Collectivement, en tant qu’équipe, nous n’avons pas réussi la meilleure performance aujourd’hui, a regretté l’Anglais. Il va falloir se regrouper pour discuter de ce qu’il s’est passé.»

«Ça a été une belle bataille avec Ferrari, qui est revenue à notre niveau (après trois courses sans, ndlr), et ça va continuer de l’être», a-t-il anticipé.

Vettel de nouveau dans le dur 

Le Britannique aurait pourtant pu profiter d’une nouvelle course compliquée pour Vettel, relégué en deuxième partie de peloton après un accrochage avec l’Australien Daniel Ricciardo (Red Bull) dans le premier tour.

Il n’est toutefois pas parvenu à gagner la bataille pour la deuxième place avec Verstappen au 54e tour sur 56, quand Vettel a lui surclassé le Finlandais Valtteri Bottas (Mercedes) pour la quatrième au 55e.

Si Hamilton était passé et que Vettel ne l’était pas, le Britannique aurait été sacré...

«Ce n’est pas le résultat que j’espérais et qu’on pouvait obtenir, a déploré l’Allemand, contraint dernièrement au même type de remontée en Italie et au Japon. Heureusement, ça a marché pour Kimi.»

Ricciardo a lui subi par la suite un nouveau coup du sort, contraint à un septième abandon cette saison par un problème de batterie.

Deux autres pilotes ont abandonné durant les premiers tours : le Français Romain Grosjean (Haas) après un accrochage avec le Monégasque Charles Leclerc (Sauber) qui lui a valu trois places de pénalité sur la grille du GP du Mexique, et surtout Fernando Alonso (McLaren), percuté par Lance Stroll (Williams) au premier tour. Leclerc a ensuite lui aussi abandonné en seconde partie de course.

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HAMILTON SACRÉ AU GP DU MEXIQUE SI...

Le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes), qui compte 70 points d’avance au classement des pilotes, sera champion du monde de F1 au GP du Mexique le 28 octobre s’il conserve une marge de 50 points sur l’Allemand Sebastian Vettel (Ferrari) après la course.

Il sera donc titré:

- s’il termine devant Vettel, quelles que soient leurs positions,

- si Vettel ne gagne pas, quelles que soient leurs positions,

- s’il termine dans les sept premiers en cas de victoire de Vettel.

En cas de succès de l’Allemand au Mexique et dans les deux dernières manches de la saison, celui-ci pourrait rattraper Hamilton en nombre de points, mais pas en nombre de victoires (neuf contre cinq actuellement), ce qui assurerait la couronne à l’Anglais.