Le demi défensif Gabriel Ouellet a le don de se démarquer lors des grands rendez-vous, comme celui qui opposera le Rouge et Or et les Carabins, samedi, au stade de l’Université Laval.

R et O football: la défensive entre en scène

C’est connu, la défensive gagne les championnats. «J’ai hâte de voir laquelle aura le dessus pour gagner cette partie-là», lance le demi défensif du Rouge et Or Gabriel Ouellet, en vue de la finale québécoise contre les Carabins.

Samedi, Ouellet livrera son cinquième et dernier match de la Coupe Dunsmore en cinq ans. Sa fiche et celle du Rouge et Or dans les quatre dernières années y est de 2-2. Même chose pour Montréal. «La décisive!» sourit Ouellet, excité à l’approche de cette rencontre à ranger avec «tous les grands matchs qu’on a eus».

Grands rendez-vous où le numéro 36 de l’Université Laval a le don de se démarquer. Cette année, il a réussi ses deux interceptions de la saison régulière dans le même match, au domicile des Carabins. L’an passé, quatre dans une même rencontre de saison contre Montréal et une autre à la Coupe Dunsmore.

«Je pense encore à ces moments-là. Avant des parties importantes comme celle de samedi, tu te visualises en train de faire ce genre de gros jeux en espérant que ça va arriver sur le terrain», explique Ouellet.

En neuf rencontres régulières et éliminatoires en 2018, Montréal a accordé 48 points, six de moins que Laval. Qui a toutefois alloué moins de verges à l’adversaire, 1593 contre 1724.

La guerre des revirements
Mais comme l’a démontré le dernier duel, remporté par le Rouge et Or 18-15 en prolongation, les verges offensives ne font pas foi de tout. Sinon, avec 412 verges d’attaque nette contre 166, le club de l’UL aurait gagné beaucoup plus facilement.

«Les revirements sont encore plus importants. On ne peut pas se permettre de leur donner le ballon», martèle le coordonnateur offensif du Rouge et Or, Justin Ethier.

Dans ce match du 7 octobre, le quart-arrière Hugo Richard avait encaissé ses deux seules interceptions de toute la campagne, tandis qu’une échappée du receveur Vincent Forbes-Mombleau avait mené au seul majeur des Carabins dans la rencontre. En plus, l’une des deux interceptions est survenue sur un jeu amorcé à 11 verges de la zone des buts, après avoir essuyé une pénalité de 10 verges pour un surplus d’hommes sur le jeu.

«Ah oui! Il faut aussi jouer à 12 sur le terrain et pas 13...» laisse tomber Ethier. «On ne peut pas se permettre ce genre d’erreur. On doit limiter les erreurs et attendre les occasions. Et quand on frappe à la porte des buts, il faut concrétiser, idéalement avec des touchés au lieu de placements.»

Une valeur sûre
Avec un enjeu aussi élevé, Ethier pourrait être tenté de se tourner vers ses valeurs sûres. Comme le receveur finissant Benoît Gagnon-Brousseau. Que l’on a moins vu cet automne, mais dont le seul touché est survenu dans le deuxième duel contre Montréal. Gagnon-Brousseau avait aussi inscrit un majeur à la Coupe Dunsmore 2017.

Comme Ouellet, le quart-arrière Hugo Richard, le porteur de ballon Christopher Amoah et d’autres figures de proue de l’équipe, Gagnon-Brousseau a fait partie en 2014 de cette première génération perdante au championnat de conférence depuis très longtemps.

Les Carabins mettaient alors fin à un règne provincial ininterrompu de 11 ans du Rouge et Or et ils l’ont fait durant deux ans. Les Lavallois ont repris le dessus ces deux dernières années, atteignant chaque fois la grande finale canadienne et soulevant la Coupe Vanier en 2016.

Les voilà au crépuscule de leur carrière universitaire. «Je n’ai pas honte de ces deux défaites-là, ça fait partie de notre bagage», conclut le petit 11, encore prêt à tout mettre sur la table.

NOTES : Le Rouge et Or a gagné ses quatre derniers affrontements face aux Carabins et six des sept derniers... Plus de 9000 billets ont trouvé preneur pour le match de samedi (14h) au stade de l’UL. L’assistance moyenne à la Coupe Dunsmore lors des 10 dernières présentations à Québec est de 12 949 spectateurs... On annonce un mélange de pluie et de neige avec 2 °C.

Le quart-arrière du Rouge et Or Hugo Richard

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Un troisième titre pour Richard?

Qui sera le joueur par excellence du football universitaire québécois pour la saison 2018? On le saura vendredi, au PEPS, lors de la conférence de presse de veille de Coupe Dunsmore. Les prix individuels pour la saison y seront remis, dont aussi meilleure recrue et entraîneur de l’année.

Le quart-arrière du Rouge et Or Hugo Richard pourrait gagner le titre de meilleur joueur pour une troisième fois en cinq ans, après 2014 et 2017. Cela le placerait à égalité au sommet avec Benoît Groulx (Laval; 2006, 2008 et 2009) et Phil Côté (Ottawa; 1998, 1999 et 2000). En plus de trois trophées Jeff Russell, ces deux quarts ont aussi mis une fois la main sur le trophée Hec Crighton remis au meilleur joueur sur la scène canadienne. Mais pas Richard, pas encore.

En huit matchs réguliers cette saison, Richard a passé pour 2185 verges, 18 touchés et seulement deux interceptions, trois sommets au Québec. Richard a réussi 72 % (170/236) de ses passes, son taux de complétion le plus élevé en cinq ans. Il est aussi devenu le premier quart universitaire au Canada à passer pour au moins 60 touchés (70) et à courir pour 30 majeurs sur ses cinq saisons d’admissibilité.

L’autre candidat serait le porteur de ballon du Vert & Or de Sherbrooke Gabriel Polan pour ses 666 verges et trois touchés. Et si jamais les cinq entraîneurs décidaient de nommer un élément défensif joueur par excellence, ce qui ne s’est pas produit depuis 1994, Mathieu Betts serait tout désigné. Avec neuf sacs en 2018 et le record de conférence de 35,5 sacs en carrière en seulement quatre ans, l’ailier défensif du Rouge et Or est vu par plusieurs comme le meilleur footballeur universitaire québécois cette année. Il n’a toutefois disputé que six des huit rencontres régulières, à cause d’une blessure au dos. Le titre de joueur de ligne de l’année pourrait plutôt lui revenir pour une troisième campagne consécutive.