La déception était visible chez les partisans du oui après le référendum de mardi à Calgary, 56 % des votants ayant voté contre la présentation de la candidature de leur ville en vue des Jeux de 2026.

Qui veut des Jeux d'hiver?

TORONTO — Une rotation des villes où se tient les Jeux olympiques? Une seule destination tous les quatre ans? Laisser tomber complètement la formule de mise en candidature? Il n’y a pas de réponse simple à ce qui est devenu un défi de nos jours : trouver des villes candidates intéressées et équipées pour accueillir les JO d’hiver.

Les rêves de Calgary pour 2026 s’estompent fortement après la victoire du non lors du vote de mardi. Lors de ce référendum, 40 % des électeurs admissibles se sont prononcés et 56 % d’entre eux ont rejeté le projet.

Le Conseil municipal de Calgary, qui était nerveux et divisé sur l’enjeu, devrait donc se retirer du processus d’octroi des JO de 2026 dès lundi prochain. Seules Stockholm et Milan-Cortina restent en lice, mais rien n’est simple là non plus.

Le CIO a récemment rompu avec la tradition des Jeux d’été en  déclarant deux hôtes en même temps : Paris en 2024 et Los Angeles en 2028. Pour les Jeux d’hiver de 2022, la ville de Pékin, peu reconnue pour les merveilles de l’hiver, a battu une seul concurrente : Almaty, au Kazakhstan.

«Le monde a changé», a déclaré mercredi la présidente du Comité olympique canadien, Tricia Smith. «Je pense que nous avons vu des mégaprojets qui ont peut-être effrayé un peu les gens.»

Athlètes déçus

Mercredi, de nombreux athlètes ont exprimé leur déception face au résultat du plébiscite. Gilmore Junio a joué au hockey à Calgary avant de se concentrer sur le patinage de vitesse sur longue piste. «S’il n’y avait pas eu une installation comme l’anneau olympique, qui sait si j’aurais pu passer au patinage de vitesse et pouvoir rêver en grand et me qualifier deux fois pour les Olympiques.»

En bobsleigh, Kaillie Humphries, qui s’entraîne à Calgary, a remporté l’or aux JO de Vancouver et de Sotchi. «Je suis triste, j’ai l’impression que c’est une occasion ratée pour la ville et pour le pays.»

Smith espère que le Canada accueillera un jour de nouveaux JO d’hiver. «Je pense que chaque ville est unique et nous n’essayons jamais de convaincre une ville de poser sa candidature. L’approche doit être organique et la ville doit avoir une vision pour elle-même qui inclurait des Jeux.»

Si une ville avec un héritage olympique comme celui de Calgary refuse d’organiser des JO, alors quelle autre ville canadienne le fera? «Le sport unit, de manière très positive, un pays», a noté Smith. «Ça fait partie de nous, de nos valeurs. Je crois donc que nous verrons un jour le Canada déposer de nouveau sa candidature pour l’obtention des JO.»

Pause nécessaire

Scott Hutcheson, président de l’organisation responsable de la candidature de Calgary, croit cependant que la ville albertaine doit prendre du recul plutôt que d’espérer organiser les JO d’hiver de 2030. «Je crois qu’il faut laisser la poussière retomber pendant sept ans. Tu ne fais pas ça pour trois ans. Tu peux toujours ressortir les plans plus tard, mais tu ne peux faire subir ça à une ville tous les quatre ans. Selon moi, il faut abandonner, accepter le résultat, tourner la page et revenir avec une nouvelle offre dans sept ans.»

Entretemps, l’ovale, la piste de glisse et les pentes de WinSport, ainsi que le Centre nordique de Canmore, qui ont produit nombre de médaillés olympiques et paralympiques, doivent être entretenus, a affirmé le chef de la direction d’À Nous le podium, Anne Merklinger. «Nous devons arriver avec un plan B. Ces installations sont essentielles pour la poursuite de nos objectifs d’excellence en sports d’hiver à long terme.»