Les Remparts ont réduit la circulation des Tigres autour du filet de Dereck Baribeau, mercredi soir à Victoriaville.

Quelques secondes ont suffi aux Remparts

VICTORIAVILLE — Quelques secondes en fin de partie ont suffi aux Remparts pour renverser la vapeur et transformer une défaite de 2-1 en gain de 3-2, mercredi contre les Tigres, à Victoriaville.

Thomas Caron a créé l’égalité à 18:05 en complétant un jeu d’Aleksei Sergeev et Philipp Kurashev, puis Pierrick Dubé est revenu à la charge 54 secondes plus tard pour tromper à nouveau la vigilance de Fabio Iacopo.

«Au cours des deux premières périodes, on n’est pas sortis comme on aurait dû. On pouvait faire mieux et on a eu un petit message, un wake up call» de la part de Patrick [Roy] entre la deuxième et la troisième», a déclaré l’auteur du but gagnant.

«On en parle depuis le début de l’année, d’aller au filet. C’est une partie de ma game qu’il faut que je travaille et je crois l’avoir fait ce soir», a repris Dubé, satisfait de voir la séquence de quatre défaites des Remparts prendre fin.

Les Remparts ont eu de bonnes occasions de marquer en supériorité numérique en troisième, mais, surtout, ont réussi à écouler une pénalité pour obstruction à Sergeev avant de niveler la marque. «Le fait qu’on ait “tué“ cette pénalité nous a redonné le momentum, je dirais», a résumé Dubé.

L’entraîneur Patrick Roy, lui, voyait les choses d’un angle plus positif, même s’il admettait qu’il n’était pas entièrement satisfait du début de match des siens. «C’est certain que tu peux voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, mais nous sommes invaincus en temps réglementaire au cours des trois derniers matchs.»

Sans élever la voix

Roy a avoué qu’il trouvait que ses protégés avaient un peu trop étiré leurs présences sur la glace en deuxième, une période où il a fallu quelques gros arrêts de Dereck Baribeau pour garder les visiteurs dans le match.

«Je n’ai pas élevé la voix [entre la deuxième et la troisième], mais je leur ai dit qu’il me semblait qu’on avait une meilleure équipe que ce qu’on avait démontré. J’avais hâte de voir qui prendrait charge», a-t-il déclaré, satisfait du dernier vingt des siens.

«En troisième, j’ai senti qu’on bougeait, qu’on devenait plus menaçants. Kurashev ne se sentait pas très bien ce soir, il a attrapé un petit virus, mais ça ne l’a pas empêché de faire un bon jeu sur le but égalisateur.»

Quant à Caron, il était heureux lui aussi d’avoir pu participer à cette remontée tardive en marquant le but égalisateur. «Ce but-là fait du bien, car on n’a jamais arrêté de travailler. On s’est parlé entre les périodes et on s’est dit qu’on ne jouait pas comme on devrait et qu’on aimerait ça aller chercher la victoire. On l’a fait en troisième.»

Il a avoué qu’il appréciait beaucoup évoluer avec Kurashev et Sergeev depuis son rappel des Inouk de Granby. «C’est stimulant de jouer avec eux. J’essaie de les compléter avec mon style de jeu en leur faisant plus d’espace sur la glace.»

Les Remparts avaient marqué le premier but à 6:19 de la première période quand Christian Huntley a déjoué Iacopo avec un tir de loin. Les Tigres ont cependant nivelé la marque quelques minutes plus tard quand Adam Gaudreau a inscrit son premier but de la saison. 

Les Tigres ont bourdonné en zone des Remparts en fin de deuxième et leurs efforts ont porté fruit avec 29 secondes à faire quand Dominic Cormier, surgissant de derrière le filet de Baribeau, a déjoué le gardien des Remparts.

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DES LOUPS DES STEPPES DEVENUS DES TIGRES

Ils ont quitté des métropoles russes pour s’établir cette année dans le plus petit marché de la LHJMQ. Egor Serdyuk et Mikhail Abramov, tous deux âgés de 17 ans, se plaisent tout de même beaucoup avec les Tigres de Victoriaville, dont ils sont les deuxième et troisième pointeurs.

«C’est différent ici!» lance Abramov à propos du fait qu’il a quitté Moscou, une mégalopole de 13 millions d’habitants, pour Victoriaville et ses 45 000 âmes. «Pour la neige, il n’y a pas de problème, on connaît ça en Russie!» ajoute-t-il en riant dans un anglais qui s’améliore de jour en jour.

«C’est une très belle ville, les gens sont très gentils avec nous», renchérit Serdyuk, encore meilleur que son compatriote dans la langue de Shakespeare. «Nous sommes venus ici, car nous voulons être repêchés dans la LNH. C’est beaucoup plus intéressant que de jouer dans la Kontinental Hockey League», ajoute l’ailier originaire de Novossibirsk, en Sibérie.

«Les Tigres m’avaient invité ici, nous avons parlé et ils m’ont repêché», indique Abramov, dont le joueur préféré est Connor McDavid, un joueur de centre comme lui. Tant Abramov que Serdyuk pourraient éventuellement évoluer avec McDavid, puisque des dépisteurs des Oilers d’Edmonton ont déjà rendu visite aux deux Russes victoriavillois. Les Coyotes de l’Arizona et les Capitals de Washington ont aussi envoyé des dépisteurs dans les Bois-Francs pour les voir à l’œuvre.

Les deux joueurs passent beaucoup de temps ensemble et avec leur coéquipier ukrainien Feliks Morozov. «Louis Robitaille est un bon entraîneur pour nous, il nous fait travailler fort», indique aussi Abramov. «Moi, ce que je veux, c’est marquer des buts!» lance Serdyuk, qui est un admirateur de l’ex-Remparts Alexander Radulov, des Stars de Dallas.

Avant le match de mercredi, Serdyuk avait déjà 12 buts, et autant d’aides, en 25 matchs. Abramov, qui est davantage un fabricant de jeux, avait pour sa part trois buts et 19 mentions d’aide à sa fiche.