Le Belge Michael Goolaerts, qui n’avait que 23 ans, aurait subi un arrêt cardio-respiratoire, dimanche. Cette mort subite soulève plusieurs questions sur l’encadrement médical des cyclistes.

Quel encadrement médical pour les cyclistes?

PARIS — Le décès du Belge de 23 ans Michael Goolaerts, qui aurait subi dimanche un arrêt cardio-respiratoire lors du Paris-Roubaix, braque les projecteurs sur l’encadrement médical des cyclistes.

Si la surveillance cardiologique n’est jamais sûre à 100 %, les coureurs cyclistes doivent subir des examens réguliers. Dans son règlement, l’Union cycliste internationale (UCI) impose des contrôles annuels afin de déceler d’éventuelles anomalies cardiaques. Mais des spécialistes demandent un changement de réglementation afin que la décision éventuelle de contre-indication relève d’une autorité extérieure et non plus du médecin d’équipe.

Que prévoit le règlement?

«Il y a un règlement médical UCI actuellement en vigueur, qui impose une surveillance biologique et cardiologique aux équipes», explique pour l’AFP le Français Armand Mégret, membre de la commission médicale de l’UCI.

«Les obligations à respecter au niveau de l’UCI sont un test annuel d’effort cardiologique maximal, en vue d’obtenir le certificat d’absence de contre-indication, et une échographie cardiaque une fois tous les deux ans. Pour les coureurs de haut niveau», précise Jacky Maillot, médecin de l’équipe Groupama-FDJ.

Il arrive toutefois que certaines anomalies cardiaques ne soient pas détectées lors de ces tests. «Les examens ne sont jamais sûrs à 100 %. Même le meilleur cardiologue du monde faisant pratiquer tous les examens à disposition — écho du cœur, électrocardiogramme — pourra voir une pathologie lui échapper», confie le docteur Kris Van der Mieren, membre de la commission médicale de la fédération belge de cyclisme. «Ce qui est sûr, c’est que chacun a un suivi très efficace», assure-t-il.

Les coureurs cyclistes belges ont été particulièrement touchés ces dernières années par des cas de décès consécutifs à des crises cardiaques. Ainsi, deux années avant Goolaerts, Daan Myngheer, qui n’avait pas encore 23 ans, avait eu un infarctus en course, lors du Critérium international. En 2009, Frederiek Nolf, âgé de 21 ans, avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel lors du Tour du Qatar. L’accident rappelait celui du jeune Français Fabrice Salanson, lui aussi retrouvé mort après un arrêt cardiaque pendant son sommeil au Tour d’Allemagne 2003.

Que se passe-t-il en cas d’anomalie?

En cas d’une anomalie cardiaque détectée lors des examens, le règlement médical de l’UCI stipule que «le transfert de décision se fait vers le médecin d’équipe», souligne Armand Mégret. Début 2016, le Belge Johan Vansummeren, alors âgé de 35 ans, avait été mis au repos, en raison de problèmes cardiaques, par l’équipe AG2R La Mondiale qu’il avait rejointe deux ans plus tôt en provenance de Garmin. Le vainqueur de Paris-Roubaix 2011 a mis un terme à sa carrière quelques semaines plus tard.

«Comme on le fait pour la médecine du travail, il faut que ce soit une autorité extérieure à l’équipe qui détermine les examens à réaliser et qui applique les décisions que des experts auront prises, lorsque l’on trouve des anomalies», plaide le Dr Mégret. «Notre volonté, c’est de bien repérer les risques encourus, quels examens doit-on faire pour les dépister, et une fois que l’anomalie est dépistée, quelles mesures de prévention et de protection prenons-nous, et comment peut-on l’intégrer dans le règlement pour que ce soit vite applicable.»

Depuis 2004, le processus va plus loin en France puisque «c’est le médecin de la surveillance médicale réglementaire [indépendant des employeurs des coureurs] qui émet une contre-indication médicale» et non le médecin d’équipe, précise Jacky Maillot, qui est aussi le médecin fédéral français.

Les contre-indications peuvent alors être transitoires, pour une période pouvant aller de six mois à un an, ou définitives.