Après avoir joué le rôle d’organisatrice, Marie-Renée Blanchet se glissera dans celui de défenseure pour l’équipe canadienne qui tentera de remporter le Championnat mondial de hockey subaquatique, qui se tiendra du 20 au 28 juillet au PEPS de l’Université Laval.

Québec prête à accueillir les Crosby de la piscine

Le marché des joueurs autonomes au hockey... subaquatique se révèle assez tranquille par les temps qui courent. Mais la piscine du PEPS est en pleine ébullition avec la venue à Québec dans deux semaines du Championnat du monde de ce sport méconnu.

Du 20 au 28 juillet, 42 équipes de 16 pays lutteront pour les honneurs dans quatre catégories. Ce qui n’empêche pas la présidente du comité organisateur local d’annoncer sa démission effective le 14 juillet, à quatre jours de l’arrivée des 700 joueurs, entraîneurs, officiels et bénévoles!

«Je ne veux même pas que quelqu’un me demande où sont les toilettes!» lance en riant Marie-Renée Blanchet. C’est qu’à partir de ce moment, elle se concentrera sur son rôle de défenseure au sein de l’équipe nationale féminine.

Mais d’ici là, elle doit voir à tout. Dont la netteté du fond de la piscine du pavillon sportif de l’Université Laval, qui laisse à désirer. Une couche d’algues vertes recouvre les tuiles. Le chlore en pastilles ne fait pas le travail. Cette semaine, deux travailleurs s’affairaient à brosser et à aspirer cette flore aquatique indésirable dans la section où le fond se remonte mécaniquement presque à la surface.

Un plongeur ira aussi réparer une tuile ébréchée, tout au fond. Pas un problème pour les adeptes de natation, mais qui dans un match de hockey subaquatique peut faire dévier la rondelle et se révéler crucial.

Puissances mondiales

Après une huitième place au dernier Mondial, en 2016, les femmes de la formation canadienne élite visent cette fois une place en ronde des médailles. Pour monter sur le podium, Blanchet et ses coéquipières, dont Cathie Pearson, aussi de Québec, devront déloger au moins l’une des puissances parmi les Sud-Africaines, championnes en titre de 2016, les Australiennes et les Néo-Zélandaises.

Dans le volet masculin élite, Australie, détentrice du titre, Nouvelle-Zélande, France et Turquie, seul pays où les joueurs sont rémunérés un peu comme les athlètes olympiques ici, constituent les grandes forces internationales au fond de la piscine. Un membre du club de Québec, Charles Savard, qui vient d’Alma, s’aligne avec l’équipe canadienne élite.

Au Canada, ce sport souvent appelé hockey sous-marin même s’il ne se joue jamais dans la mer trouve ses principaux adeptes au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. La saison d’un joueur de l’équipe canadienne lui coûte autour de 10 000 $, ses principales dépenses étant les déplacements.

Nage synchronisée

À 41 ans et à son cinquième Championnat du monde, Blanchet songe à bientôt baisser son jeu d’un cran et faire la transition vers l’équipe des maîtres, ouverte aux 32 ans et plus. Des catégories maîtres seront en action durant cette dizaine à Québec.

Chercheuse en pneumologie à l’hôpital Laval et prof à l’université, elle est aussi entraîneuse au sein du club de nage synchronisée Québec Excellence Synchro, depuis 1996. Cette implication lui a valu ce printemps le prix Charlotte Tutte-Eyres de la part de Synchro Canada. Cet honneur salue sa participation au développement des athlètes autant dans la piscine qu’à l’extérieur.

Elle-même vient de la synchro, comme nageuse. Ce qui lui a donné «une longueur d’avance» une fois plongée dans l’eau du hockey subaquatique. Sport qu’elle a adopté dès son premier essai, en 2002, avant de devenir présidente du club Hockey subaquatique Québec en 2011.

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12 JOUEURS, 30 MINUTES, BEAUCOUP DE SOUFFLE

Un match de hockey subaquatique dure 30 minutes, soit deux demies de 15 minutes. Chaque équipe a six joueurs en jeu, sans gardien, et quatre substituts sur le «banc». Deux autres réservistes ne sont pas en maillot. Le défi réside davantage dans la communication que la respiration. Difficile de crier à un coéquipier «ici, ici!» ou «je l’ai, je l’ai!» sous l’eau. Des stratégies claires doivent donc être préétablies et répétées. Pour l’air, l’idée n’est pas tant de retenir son souffle le plus longtemps possible que de savoir respirer aux bons moments.

La piscine du PEPS a entre autres été choisie pour la tenue du Championnat du monde à cause de sa profondeur de trois mètres, idéale pour les matchs d’élite. La règle internationale demande entre deux et trois mètres de profondeur, mais à deux mètres, l’aire de jeu devient trop petite et les contacts, pourtant illégaux, trop fréquents et dangereux. Les matchs seront filmés avec une caméra sous l’eau et les images retransmises sur place sur écrans géants et en direct sur la chaîne YouTube UWH Worlds 2018.