Karen Paquin, Stéphanie Bernier, Magali Harvey et Marie-Pier Pinault-Reid participeront à la Coupe du monde de rugby à 15 à Paris au début août.

Quatre filles de Québec à la Coupe du monde de rugby à 15

En rugby à 15 féminin, il n'y a rien de mieux que la Coupe du monde. Stéphanie Bernier, Magali Harvey, Karen Paquin et Marie-Pier Pinault-Reid, toutes de Québec, y participeront début août, à Paris.
«C'est le rêve de toute joueuse! Avant, je regardais la Coupe du monde et pour moi, ces filles-là étaient des stars!» s'exclame Pinault-Reid. La pilier de 25 ans rentre de deux saisons en championnat de France.
Elle retourne à l'Université Laval pour devenir médecin. Pas de doute que cette Coupe du monde, compétition présentée aux quatre ans, constituera l'apogée de sa carrière. Même si elle part avec le statut de remplaçante.
«Juste d'être sélectionnée, c'est déjà un rêve. Tu joues pour le Canada, alors tu es contente! Et après, il y a un rêve d'équipe qui peut se réaliser», explique celle que l'entraîneur-chef François Ratier utilise souvent jusqu'à la moitié des 80 minutes de jeu d'un match.
Ratier a choisi 26 joueuses. Huit sont Québécoises, quatre proviennent de la capitale. Le Club de rugby de Québec (CRQ) est le club le plus représenté dans la formation canadienne. Trois sont de Capilano, à West Vancouver, et trois de Saint-Anne-de-Bellevue.
Sur 26, cinq ont joué la dernière Coupe du monde, en 2010. Les Canadiennes s'étaient contentées du sixième rang, après avoir fini quatrièmes les trois Mondiaux précédents. En 2010, l'équipe n'alignait que deux filles du Québec. Marie-Ève Brindamour-Carignan, de Québec, avait renoncé en raison d'une blessure.
«Dans la région de Québec et au Québec en général, le rugby féminin s'est beaucoup développé dans les dernières années. À preuve, l'an dernier, le CRQ a gagné le championnat québécois et l'équipe du Québec a gagné le championnat canadien», fait valoir Bernier, demie de mêlée de 26 ans membre du programme national depuis seulement deux ans.
Quatrièmes favorites
Le Soleil a rencontré Bernier et Pinault-Reid avant leur départ pour un camp préparatoire au bord de la mer, à Concarneau, en Bretagne. Harvey et Paquin, elles, sont déjà loin. Aussi membres de l'équipe canadienne de rugby à sept, version plus courte qui deviendra olympique en 2016, elles passent l'année au centre national d'entraînement de Victoria, en Colombie-Britannique.
Comme trois autres joueuses de l'équipe à 15, Harvey et Paquin en seront à leur deuxième Coupe du monde en 13 mois. Elles étaient du Mondial à sept l'an dernier, à Moscou, d'où les Canadiennes ont ramené la médaille d'argent. À 15, Harvey est ailière ou arrière, Paquin postée en troisième ligne.
Les Canadiennes débarqueront à Paris quatrièmes favorites. Derrière les Néo-Zélandaises, quatre fois championnes en titre, les Anglaises, qui bénéficient en plus du support public du prince Harry, et les Françaises, équipe hôtesse. Pinault-Reid croisera quatre ex-coéquipières de Lons.
Sur 12 équipes, le Canada compose un groupe avec l'Angleterre (2e au monde), l'Espagne (10e) et Samoa (15e). Les Canadiennes reviennent tout juste de battre les Australiennes (12es) 22-0 avant de s'incliner devant les Néo-Zélandaises (1res) 16-8 et 33-21.
«Notre objectif ne serait vraiment pas atteint si on n'est pas en demi-finale», avertit Pinault-Reid. «On vise le podium», relance Bernier. Les matchs seront télédiffusés à RDS et à TSN. «Ce sera plus facile de justifier mon absence au travail!» conclut Bernier.