L'Américaine CoCo Vandeweghe célèbre sa victoire contre la favorite Karolina Pliskova, mercredi à New York.

Quatre as américaines à Flushing Meadows!

Pour la première fois depuis 1981, il y aura jeudi quatre Américaines en demi-finales des Internationaux des États-Unis, un carton plein réalisé en l'absence de l'incontestée reine du tennis américain, Serena Williams.
Jeudi, l'aînée des soeurs Williams, Venus, doyenne des engagées à 37 ans, va affronter Sloane Stephens (24 ans), tandis que CoCo Vandeweghe (25 ans) sera opposée à Madison Keys (22 ans).  Il y aura donc une finale entièrement américaine pour une première fois depuis 2002 aux Internationaux des États-Unis.
Alors que Serena Williams, qui a remporté 23 titres du Grand Chelem et passé 309 semaines en tête du classement mondial, découvre la vie de jeune maman, le tennis féminin américain redécouvre sa gloire passée. Il faut remonter en effet à 1981 pour retrouver une telle domination américaine aux Internationaux des États-Unis.
Tracy Austin avait battu Martina Navratilova en finale; Chris Evert et Barbara Potter étaient les deux autres demi-finalistes. Le denier carré d'as féminin totalement américain en Grand Chelem date de 1985, alors que Navratilova, Evert, Kathi Rinaldi et Zina Garrison avaient atteint les demi-finales à Wimbledon.
Petit goût de revanche
Depuis le début de l'ère moderne en 1968 et l'acception des pros sur le circuit, les États-Unis n'ont monopolisé les demi-finales dames en Grand Chelem qu'à cinq reprises. L'exploit est donc rare, mais a un petit goût de revanche.
«Combien de fois on m'a parlé de l'état horrible du tennis aux États-Unis, ce carton plein fait du bien», s'est félicitée Keys (16e mondiale), la dernière à avoir obtenu son billet pour le carré d'as en dominant 6-3 et 6-3 l'Estonienne Kaia Kanepi (418e).
«Les gens vont pouvoir se rendre compte qu'il y a beaucoup de jeunes qui montent, il y a beaucoup de bonnes choses à venir pour le tennis américain», a souri celle qui est entraîné par Lindsay Davenport. 
«Nous, les plus jeunes, nous avons regardé les exemples donnés par Lindsay, Jennifer [Capriati] Serena et Venus, c'est génial pour le tennis américain, pour le public aussi, d'avoir trois Américaines, peut-être quatre en demi-finales», avait indiqué Vanderweghe (22e mondiale) après avoir surpris 7-6 (4) et 6-3 la favorite Karolina Pliskova, en après-midi.
En atteignant le carré d'as, Vandeweghe a égalé sa meilleure prestation en tournois du Grand Chelem. En janvier dernier, elle avait atteint le carré d'as des Internationaux d'Australie, où elle s'était inclinée devant Venus Williams. «J'ai gagné le titre dans ce tournoi quand j'étais junior, c'est depuis un rêve de remporter ce Grand Chelem. Cette victoire est la validation de tout le travail accompli depuis.»
En attendant le retour de Serena Williams, programmé pour les Internationaux d'Australie en janvier, le tennis américain va marquer les esprits. Les Internationaux des États-Unis reviendront soit à Venus, qui deviendra de fait la doyenne des joueuses sacrées en Grand Chelem, ou à une Américaine ne portant pas le patronyme des Williams, une première depuis Davenport en 1998.
Nadal ne perd pas de temps
Le favori Rafael Nadal n'a pas perdu de temps en quarts de finale, mercredi, écartant 6-1, 6-2 et 6-2 le Russe Andrey Rublev (53e mondial) en 1h37. Le no 1 mondial a décroché son billet pour sa 26e demi-finale en Grand Chelem, sa première à New York depuis son titre en 2013. Il a dû patienter tard en soirée pour connaître le nom de son prochain adversaire  : l'Argentin Juan Martin del Potro (28e), tombeur 7-5, 3-6, 7-6 (10/8) et 6-4 de Roger Federer (3e). L'autre demi-finale opposera Kevin Anderson (32e) à l'Espagnol Pablo Carreno Busta (19e), qui atteignent le carré d'as d'un Grand Chelem pour la première fois. Âgé de 31 ans, Anderson est devenu le premier Sud-Africain depuis Wayne Ferrera (Australie, 2003) à atteindre le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Il est aussi le premier représentant de son pays à se hisser en demi-finales des Internationaux des États-Unis depuis son compatriote Cliff Drysdale, en 1965. L'ancien no 10 mondial, qui sort de deux saisons perturbées par des blessures, a battu dans la nuit de mardi à mercredi l'Américain Sam Querrey 7-6 (7/5), 6-7 (9/11), 6-3 et 7-6 (9/7) à l'issue d'un affrontement d'une rare violence aux services et du fond de court qui a duré 3h27.  AP et AFP
Fognini s'excuse
Fabio Fognini s'est excusé d'avoir insulté une arbitre aux Internationaux des États-Unis - il l'a notamment traitée de truie - et il se dit prêt à discuter de son erreur avec de jeunes élèves afin que ça lui serve de leçon. L'Italien pourrait être privé de tous les événements du Grand Chelem. Il a déclaré à la chaîne italienne Sky TV qu'il «s'excusait auprès de tout le monde, pas seulement l'arbitre, à qui j'ai déjà offert mes excuses à New York, mais à tous ceux qui ont été offensés, surtout les femmes». Âgé de 30 ans, l'époux de Flavia Pennetta (championne à New York en 2015) a insulté l'arbitre suédoise Louise Engzell à l'issue de sa défaite au premier tour face à son compatriote Stefano Travaglia. Expulsé du tournoi, il a écopé d'une amende de 24 000 $. En 2014 à Wimbledon, il avait dû acquitter une amende d'un peu plus de 27 000 $US en raison d'un comportement déplacé. «Il n'y aura pas de prochaine fois», a-t-il encore assuré. «Je sais ce que j'ai dit, je ne peux pas le retirer, mais je ne le ferai plus. C'est à cause de mon caractère. Je travaille avec un préparateur mental et je pensais être sur la bonne voie donc je ne peux pas vraiment expliquer ce dérapage. Je n'ai rien contre les femmes. On dit que je suis sexiste, je ne le suis pas. J'ai toujours respecté les femmes.»  AP et AFP
Pliskova perd son trône
La défaite de Karolina Pliskova contre Coco Vandeweghe, mercredi, signifie que le tennis féminin aura une nouvelle reine, lundi. La Tchèque devait obligatoirement atteindre la finale pour espérer rester no 1 mondiale. «C'était nouveau pour moi, je n'avais jamais connu cette pression, j'espère que je ferais mieux la prochaine fois que je me retrouverais dans cette situation, mais ne plus être no 1 mondiale ne va pas changer ma vie, je ne l'étais que huit semaines. Peut-être que c'est différent quand on occupe cette place pendant un an.» Âgée de 23 ans, l'Espagnole Garbine Muguruza va devenir la 24e joueuse à occuper la place de no 1 mondiale, la troisième cette année après l'Allemande Angelique Kerber et Pliskova.  AP et AFP