Gianni Infantino, le président de la FIFA, a dévoilé mardi le plan qu'il favorisait pour la présentation de la Coupe du monde de soccer qui aura lieu en 2026, probablement en Amérique du Nord.

Quarante-huit équipes à la Coupe du monde en 2026

La FIFA élargira le format de la Coupe du monde à 48 équipes, ajoutant 16 pays supplémentaires au tournoi de 2026 qui sera probablement organisé en Amérique du Nord.
Le plan privilégié du président Gianni Infantino - avec une première phase de 16 groupes de trois équipes dont les deux premiers accéderont aux seizièmes de finale - a été approuvé à l'unanimité par le conseil de la FIFA.
Cette réforme s'inscrit dans la foulée d'une promesse électorale d'Infantino d'une Coupe du monde élargie qui devrait aider à financer les augmentations promises aux 211 fédérations membres de la FIFA.
Revenus supplémentaires 
Avec 80 matchs au lieu de 64, la FIFA prévoit l'équivalent de 1 milliard $US de revenus supplémentaires selon les taux actuels des ententes de télédiffusion et de commandites, plus la vente des billets, comparativement aux 5,5 milliards $ prévus pour la Coupe du monde 2018 en Russie. La FIFA projette un bénéfice de 640 millions $ en dépit de certaines dépenses supplémentaires de fonctionnement et des bourses remises aux équipes.
Les six continents de la FIFA devraient apprendre en mai combien de places supplémentaires ils auront. «Aucune promesse n'a été faite, a déclaré Infantino. La seule chose sûre est que, évidemment, avec 48 équipes, tout le monde aura un peu plus que ce qu'ils ont aujourd'hui.»
L'UEFA désire que 16 équipes européennes participent au tournoi, qui devrait être présenté en Amérique du Nord. La région de la CONCACAF n'a pas accueilli la Coupe du monde depuis le tournoi de 1994 aux États-Unis.
Les dirigeants du soccer américain, canadien et mexicain ont eu des entretiens informels au sujet d'une coorganisation. Les membres de la FIFA sont censés choisir l'hôte de la compétition en mai 2020, et il pourrait y avoir peu de compétition dans un processus que Infantino souhaite être «à toute épreuve» afin de respecter toutes les règles d'intégrité.
Baisse de niveau
L'Afrique et l'Asie pourraient être les gagnantes d'une Coupe du monde élargie avec jusqu'à neuf places chacune. Elles avaient seulement cinq et quatre équipes, respectivement, lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil.
Pourtant, la FIFA a expliqué qu'elle s'attend à une baisse du niveau de football par rapport au format de 32 équipes en vigueur pour les deux prochaines Coupes du monde en Russie et au Qatar.
La «qualité absolue» du jeu, définie par des équipes de haut rang s'affrontant le plus souvent, est atteinte avec 32 équipes, a reconnu la FIFA dans un document d'informations envoyé aux membres le mois dernier. Elle a effectué 10 000 simulations de tournoi pour parvenir à cette conclusion.
Ferveur
Toutefois, Infantino veut créer la ferveur et des mois d'anticipation parmi les 16 nations supplémentaires qui seraient qualifiées, certaines probablement pour leur première Coupe du monde. La FIFA a fait allusion au Costa Rica, au Pays de Galles et à l'Islande comme des exemples d'équipes qui ont surpassé les attentes lors de récents tournois.
La FIFA doit rompre avec la tradition du soccer pour aller de l'avant avec son nouveau format car le plan original de 48 équipes - avec une formule à 48 qui prévoyait 16 qualifiés et un barrage d'un match entre 32 équipes pour en qualifier 16 autres - était impopulaire.
Dans la formule retenue inédite, les deux premiers des 16 groupes de trois sont qualifiés pour les seizièmes de finale. Cela laisse toutefois une équipe inactive pour les derniers matchs de groupes et pourrait entraîner de la collusion entre les deux autres équipes.
La FIFA a précisé qu'elle pourrait se prémunir contre le trucage des résultats en introduisant des tirs de barrage après des matchs de groupes. Infantino a déclaré qu'une décision pourrait attendre jusqu'en 2024 pour finaliser les règlements de la compétition.
La Ligue espagnole songe à déposer un recours contre la FIFA
Le président de la Ligue espagnole, Javier Tebas, a indiqué mardi étudier la possibilité de «déposer un recours» contre la décision de la FIFA d'élargir le Mondial à 48 équipes à compter de 2026, adoptée plus tôt à l'unanimité par l'instance suprême du football.
Les décisions de la FIFA «affectent la politique et l'économie des grandes ligues européennes et ne peuvent donc pas être prises sans consensus», a estimé Tebas quelques heures après l'annonce officielle du passage de 32 à 48 équipes pour le Mondial 2026, réforme souhaitée par le président de la FIFA, Gianni Infantino.
«Nous allons voir si nous déposerons un recours auprès du Commissaire européen à la concurrence, ou bien également auprès d'institutions de contrôle des règles de la concurrence en Suisse», a-t-il annoncé, ajoutant «que l'opinion des ligues devrait être entendue car 75 % des joueurs des Mondiaux évoluent dans les championnats européens».
L'influente Association européenne des clubs (ECA) a également exprimé sa vive opposition au projet, jugeant le modèle actuel à 32 équipes comme étant «la formule parfaite», et déplorant une «décision prise pour raisons politiques plutôt que sportives».
Selon un rapport confidentiel de la FIFA, un Mondial à 48 équipes assurerait une hausse conséquente des revenus : 640 millions de dollars supplémentaires par rapport aux prévisions du Mondial 2018 en Russie à 32 équipes.  AFP