Marie-Hélène Pedneau (à gauche) et Valérie Samson, les deux anciennes du Rouge et Or basketball qui faisaient partie des Canadian Ballers, avec leur médaille d'or gagnée aux Jeux mondiaux des maîtres, en Nouvelle-Zélande.

Quand l'or importe peu pour Pedneau

Dans cette histoire, la médaille d'or aura finalement un rôle bien secondaire. En Nouvelle-Zélande, Marie-Hélène Pedneau a renoué avec le plaisir de voyager avec une gang de filles, tout en vivant le grisant tourbillon des Jeux mondiaux des Maîtres. Une belle façon de fêter sa victoire contre le cancer.
Pedneau l'admet sans détour : point de vue sportif, ce fut trop facile. Seule équipe dans la catégorie élite des 30-35 ans de la compétition de basketball, les Canadian Ballers se sont retrouvées dans le niveau inférieur, faute d'adversaires. Elles ont complètement dominé leurs rivales, même si sept des huit joueuses du groupe ont plus de 35 ans. Au terme des six matchs, elles ont inscrit 462 points et en ont accordé... 199.
«J'aimerais ça te dire : "Oui, on a gagné, et ç'a été fou!" Mais je suis trop honnête!» rigole la sympathique basketteuse de 37 ans, jointe en Nouvelle-Zélande, mardi, deux jours après la fin des Jeux.
Peu importe, au fond. Car sa seule présence à Auckland avait une saveur de victoire. En 2016, elle a subi six mois de chimiothérapie pour tuer un lymphome derrière son oreille. Elle abandonne alors son rêve de bâtir une équipe pour ces Jeux des Maîtres. Mais elle guérit, et le rêve renaît grâce à son ancienne coéquipière chez le Rouge et Or de l'Université Laval, Valérie Samson, membre de l'équipe torontoise championne en titre de 2013. Pedneau embarque dans l'aventure.
Malgré le manque de compétition sur le parquet, la femme de Québec a adoré son séjour en Nouvelle-Zélande, retrouvant les belles sensations de son passé dans l'élite. Les huit membres de l'équipe ont habité la même maison pendant deux semaines; elle a assisté à la cérémonie d'ouverture dans le stade des légendaires All Blacks, l'équipe nationale néo-zélandaise de rugby; elle portait tuque et manteau aux couleurs canadiennes. «Tu te penses comme bon pendant un petit moment. Et ça fait du bien à ton ego», lance Pedneau en riant.
«C'est tellement une expérience humaine, les Mondiaux. Hey, il y avait quasiment 30 000 athlètes! C'est hallucinant! Partout où on allait dans la ville, il y avait du monde.»
Du monde de tous les âges, d'ailleurs. Même si elle blague en se traitant de «vieille», Pedneau faisait partie de la jeune frange des athlètes présents à Auckland. Voir les plus vieux se défoncer par simple amour du sport a été inspirant. «Il y a du monde sur le terrain de basket, tu te dis : ils vont casser! Ben non! Ils sont là! Et non seulement ils sont là, mais ils ont fait des levées de fond, ils se sont motivés, huit gars ou huit filles ensemble. C'est quelque chose», dit Pedneau, admirative.
Les yeux sur 2021
Elle avait une autre raison de se réjouir, sans doute la meilleure des raisons : elle s'est présentée à Auckland dans une forme physique exemplaire. «On a joué 6 matchs, j'aurais pu en jouer 12. J'avais des jambes. Je me suis vraiment entraînée. J'ai quasiment pas pensé [à mon cancer]. Ç'a tellement fait du bien à la tête», a savouré la mère de famille. «Ça concluait magnifiquement bien une année un peu tough
Et ce n'est que le début, si l'on se fie à elle. Pedneau a déjà les yeux sur 2021, où les Jeux des Maîtres auront lieu dans la région de Kansaï, au Japon. «C'est sûr que je suis là!» assure-t-elle, sans perdre ce rire contagieux. «Et je pense que je vais réussir à convaincre mon amoureux» de bâtir une équipe pour faire le voyage, a ajouté Pedneau, parlant d'une autre ancienne gloire du Rouge et Or, Samuel Audet-Sow.