Selon Gabriel Nadeau-Dubois, les joueurs de hockey québécois subissent une injustice.

QS veut payer les joueurs de la LHJMQ

Gabriel Nadeau-Dubois croit que le gouvernement crée un «dangereux précédent» en excluant les joueurs de hockey junior et tous les sportifs étudiants de sa loi sur les normes du travail.

En conférence de presse jeudi, aux côtés de Gilles Lupien, agent de joueurs de la LNH, le député de Québec solidaire a demandé à la ministre du Travail Dominique Vien de retirer l’article 1 du projet de loi 176, le temps de s’asseoir pour trouver une façon équitable de rémunérer les jeunes joueurs de hockey.

«La vérité, puis tout le monde dans le monde du hockey le sait, c’est que ce sont, avant tout, des joueurs de hockey. Ils étudient un peu à côté, et encore, c’est extrêmement difficile de le faire. Donc, il y a vraiment un enjeu de protection sociale de ces jeunes-là.»

Québec solidaire ne demande pas à ce que le salaire minimum s’applique pour toute heure de match ou d’entraînement des jeunes qui évoluent au sein de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Le parti souhaite plutôt une forme de rémunération adaptée à la réalité du hockey. 

«J’entends les parents dire que, financièrement, c’est très difficile», témoigne pour sa part Lupien. Selon lui, plusieurs problèmes, comme les longues heures de voyage, minent les conditions de vie des joueurs de la LHJMQ. Il réclame une table de réflexion sur ces enjeux. 

Pour M. Nadeau-Dubois, les joueurs de hockey québécois subissent une injustice. «Il y a des joueurs, en ce moment, dans les équipes du junior majeur, qui font 50 000 $, 60 000 $, 80 000 $, parce qu’ils sont des joueurs étrangers, pendant que les petits gars du Québec, à côté, sur le même trio, dans le même club, font 60 $ par semaine. Et, avec son article, la ministre vient rendre cette injustice-là permanente, en disant : dès que tu vas à l’école, tu n’as plus le droit aux normes du travail.»

L’étude détaillée du projet de loi 176, qui réforme les normes du travail, débute vendredi. Le cabinet de la ministre Vien a indiqué au Soleil qu’il n’était pas question de retirer l’article 1 du projet de loi. Elle s’était rendue en 2016 aux arguments de la LHJMQ et a décidé d’exclure tous les athlètes amateurs des normes du travail, afin de ne pas mettre en péril les organisations de sport étudiant. 

Un écho à Shawinigan

La sortie de Nadeau-Dubois et de Lupien a eu un écho à Shawinigan, où se déroulent le assises annuelles de la LHJMQ. Pendant que le commissaire Gilles Courteau promettait de réagir vendredi, le maire Michel Angers acceptait de livrer sa pensée.

«Si on est rendu à se poser des questions par rapport aux normes du travail, c’est probablement parce que la LHJMQ a encore du travail à faire pour mieux encadrer les jeunes. Personnellement, j’aimerais voir la ligue mettre davantage l’accent sur les études. Il y a trop de joueurs à mon goût qui se concentre uniquement sur le hockey, quand on sait que seulement 1 ou 2 % vont atteindre la LNH.

«Ça ne veut pas dire par contre qu’il faut aller jusqu’à imposer le salaire minimum. Ce sont des jeunes qui font le choix de jouer junior, qui sont un peu mi-stagiaire et mi--travailleur. C’est complexe. À mon avis, il faut absolument trouver des solutions qui ne mettront pas en péril les franchises. Elles sont tellement importantes dans leur milieu.»  Avec Steve Turcotte (Le Nouvelliste)