Félix Auger-Aliassime

Premier titre en Challenger pour Auger-Aliassime

À seulement 16 ans et 10 mois, le Québécois Félix Auger-Aliassime est devenu le septième plus jeune joueur de l'histoire à gagner un tournoi Challenger, après avoir été sacré champion de l'Omnium Sopra Steria de Lyon, dimanche.
Auger-Aliassime, qui était déjà le plus jeune finaliste d'un Challenger de l'ATP après que Stefan Kozlov eut réussi l'exploit en 2014 à Sacramento, a pris la mesure du Français Mathias Bourgue 6-4, 6-1 en finale de ce tournoi disputé sur la terre battue.
En vertu de la conquête d'Auger-Aliassime, c'est la première fois depuis 2013 que trois Canadiens s'adjugent un titre sur le circuit Challenger de l'ATP. Denis Shapovalov avait été sacré champion du Challenger Banque Nationale de Drummondville en mars dernier, et Vasek Pospisil l'avait imité au Challenger de Busan en mai.
Auger-Aliassime n'aura pas beaucoup de temps pour savourer son triomphe puisqu'il participera dès lundi au Challenger de Bois, en France. Au premier tour, il croisera le fer avec le Français Gianni Mina.
Un beau cadeau pour Sam
«Félix, c'est un beau cadeau de la fête des Pères qu'il vient de faire à Sam!» a lancé d'entrée de jeu Jacques Hérisset, le grand manitou de l'Académie de tennis Hérisset Bordeleau, où Auger-Aliassime a fait ses premières armes dans les tennis.
Ce cadeau, c'est une victoire en finale de l'Omnium Sopra Steria de Lyon, où le jeune prodige a facilement vaincu le Français Mathias Bourgue en deux manches de 6-4 et 6-1, dimanche. Ce faisant, l'athlète originaire de L'Ancienne-Lorette est devenu, à 16 ans et 10 mois, le septième joueur le plus jeune de l'histoire - entre Rafael Nadal (16 ans et 9 mois), sixième, et Novak Djokovic (17 ans), huitième -, à remporter un tournoi de type Challenger.
«C'est fou!» convient d'entrée de jeu Hérisset, dont Sam Aliassime est l'associé à l'Académie. «Même si je me suis un peu habitué, au contact de son papa Sam, qui est très discret et humble [à ne pas trop m'emballer]. Parce que la route est quand même longue, peu importe quel est l'objectif, que ce soit d'être numéro mondial un ou top 10», a-t-il continué.
Selon le directeur de la Coupe Banque Nationale, cette impressionnante victoire de Félix Auger-Aliassime démontre à quel point Tennis Canada a su bien le conseiller et le développer au cours des dernières années, et plus particulièrement au cours des derniers mois, où il a connu une progression fulgurante.
«Ils l'encadrent bien, le dirigent bien et dictent bien la suite. Il y a un an à peine, ils lui ont dit qu'il ne ferait plus de tournois juniors. Après ça, ils l'ont embarqué dans les Futures. Dans les Futures, il y a des gars classés 400e, 500e, qui ont de l'expérience et tout. Il a fait ses classes là-dedans. Ç'a été plus vite que prévu», a expliqué Hérisset, ajoutant qu'il aurait pu continuer à jouer dans cette catégorie de tournois toute l'année.
Les performances dominantes du jeune homme ont toutefois convaincu son entourage de passer plus rapidement à l'étape suivante, celle des Challenger.
«Les gens de Tennis Canada et son coach Guillaume Marx ont dit que c'est lui qui leur pousse dans le dos. C'est pour ça qu'il est rendu là. C'est une autre étape, parce que dans les Challenger, il se bute à des top 200, top 300, et il passe à travers! Ça, c'est la bonne nouvelle. C'est qu'il ne stagne pas. Ce serait logique de dire, à 16 ans, qu'il ne montera pas les marches deux à la fois, mais une à la fois.»
Éviter les écueils
Il ne faut pas regarder très loin, selon Hérisset, pour constater les dangers d'une progression trop rapide, mais Auger-Aliassme semble pour l'instant éviter tous les écueils.
«Des fois, tu peux gravir les échelons très rapidement, comme l'a fait Eugenie [Bouchard], et tout d'un coup, c'est oups! Ce oups-là, il ne l'a pas connu encore. Il est en développement et tout se passe bien. Et oui, la cerise sur le sundae, c'est qu'il vient de gagner un Challenger et on est tous très excités. Le connaissant, je pense toutefois qu'il garde les deux pieds sur Terre.»
Déjà, à 16 ans, la 336e raquette mondiale - son classement devrait faire un bond autour du 220e rang lundi - se préoccupe de sa capacité à durer dans son sport. «Il a un an ou deux, il disait à son père que ce qui l'inquiétait le plus, c'était de savoir s'il allait continuer d'être aussi bon quand il allait être adulte. Alors, il est loin de penser que tout est fait. C'est ce qui fait qu'il travaille encore fort.»
Pour qu'il garde la tête froide, ses conseillers s'assurent de le protéger d'une trop grande exposition médiatique.
«On veut être prudent pour ne pas que ça dérape. Cela dit, ce qu'il vient de réaliser est digne de mention. Il y a 164 pays au monde qui jouent au tennis. La personne qui est classée top 1000 au tennis, elle sait jouer. Et les 500 meilleurs peuvent jouer du gros tennis. Alors, quand tu es rendu environ 220e à 16 ans, il faut le signaler. C'est un petit gars de chez nous, après tout! Pas de Montréal!»  Kathleen Lavoie