Contrairement au moment où il a dû former l'équipe olympique canadienne, composée de joueurs évoluant partout dans le monde, Sean Burke peut se concentrer sur la LNH pour assembler son club en vue du prochain Championnat mondial.

Plus facile de former Équipe Canada pour le Mondial que pour les JO

Sean Burke avait visité une panoplie d’aéroports et d’amphithéâtres la dernière fois qu’il a eu à assembler une équipe. Sa tâche actuelle, du moins en surface, semble beaucoup plus facile.

Burke, le codirecteur général d’Équipe Canada en prévision du Mondial de hockey qui aura lieu le mois prochain, a davantage accès aux joueurs qui représenteront le pays cette fois-ci comparativement aux ex-joueurs de soutien de la LNH qu’il a dû dénicher en prévision des Jeux olympiques de PyeongChang.

Puisque la LNH a refusé de participer aux Jeux d’hiver en Corée du Sud, Burke avait dû se rendre aux quatre coins du monde afin de compléter sa formation avec des joueurs qui évoluaient pour des clubs tels que le Medvescak Zagreb, le Baris Astana, le Linköping HC et le Kunlun Red Star.

«Nous y avons mis beaucoup de temps, et beaucoup d’heures de transport», a convenu l’ex-gardien dans un entretien téléphonique, plus tôt cette semaine. «Je me suis rendu en Europe à de nombreuses reprises, ainsi qu’en Russie. On ne voit pas les joueurs qui jouent là-bas aussi souvent à la télé; tu ne peux pas te contenter d’ouvrir la télé pour les apercevoir. Ç’a pris beaucoup de temps pour compléter le processus.»

Pour le Mondial qui se déroulera du 4 au 20 mai au Danemark, Burke et son codirecteur général Martin Brodeur devraient disposer d’une kyrielle d’options en raison des nombreux clubs du circuit Bettman qui seront déjà éliminés, dont le Canadien de Montréal.

Le Canada a déjà identifié de nombreux candidats potentiels pour le tournoi de 2018, dont Connor McDavid (Edmonton), Jamie Benn et Tyler Seguin (Dallas), Mike Smith et Sean Monahan (Calgary), Jonathan Toews et Patrick Sharp (Chicago), Bo Horvat (Vancouver), Mathew Barzal (Islanders de New York) et Jeff Skinner (Caroline), entre autres.

D’autres joueurs sont impliqués dans une course aux séries éliminatoires, mais il n’est pas impossible qu’ils deviennent disponibles sous peu. Parmi eux se trouvent Jonathan Huberdeau et Aaron Ekblad (Floride), Ryan Getzlaf et Corey Perry (Anaheim), Drew Doughty (Los Angeles), Nathan MacKinnon (Colorado) et Alex Pietrangelo (St. Louis).

La patience de mise

La patience est donc de mise pour un pays qui a décroché la médaille d’or au Mondial en 2015 et 2016, et qui tentera de grimper de nouveau sur la plus haute marche du podium ce printemps. «Nous aurons une très bonne équipe», a mentionné Burke. «Une équipe qui peut aspirer aux grands honneurs.»

Burke a souligné qu’il avait déjà obtenu l’assurance de huit ou neuf joueurs, mais rappelé qu’il était confronté à de nombreux autres obstacles avant de pouvoir compléter sa formation. Certains sont ennuyés par des blessures et d’autres doivent négocier de nouvelles ententes, sans compter les absences pour des motifs personnels. C’est notamment le cas du gardien Carey Price.

«Les gars que tu crois pouvoir obtenir ne sont pas disponibles... ta liste évolue», a dit Burke. «C’était différent pour l’équipe olympique, car tu savais que la plupart des gars que nous approchions étaient partants.»

Burke, qui est âgé de 51 ans, a pris part au Mondial à cinq reprises — il a récolté deux médailles d’or et deux autres d’argent —, et il est le meneur chez les Canadiens au chapitre des matchs disputés (35), des minutes jouées (1991) et des victoires (21) dans ce tournoi.

«C’est une opportunité de terminer ton année sur une bonne note», a dit Burke, qui a aussi décroché la médaille d’argent à titre de joueur aux Jeux olympiques d’Albertville en 1992. «Cette compétition est très réputée à travers le monde. La plupart des joueurs qui viennent d’autres pays considèrent ce tournoi comme étant aussi important que les séries éliminatoires de la Coupe Stanley.»