Stephen Curry est devenu le premier joueur de l'histoire de la NBA et du sport professionnel nord-américain à dépasser le cap des 200 M$.

Pluie de dollars pour les vedettes de la NBA

Il a fallu moins de 36 heures pour que les équipes de la NBA s'engagent à dépenser plus d'un milliard $ en salaires : Stephen Curry a touché le gros lot avec son contrat mirobolant de 201 millions $ sur cinq ans.
Contrairement à l'hystérie de l'été 2016, seules des vedettes, comme Curry, Blake Griffin ou Kyle Lowry, ont, pour l'instant, signé des contrats XXL.
Dans la nuit de vendredi à samedi, quelques minutes après l'ouverture officielle du marché des joueurs autonomes, la période de négociation des nouveaux contrats, Curry est devenu le joueur le mieux payé de l'histoire de la NBA. En 2017-2018, le meneur de Golden State va recevoir de son employeur 34,7 millions $.
Il n'est pas le sportif le mieux payé de la planète, puisque ce titre officieux revient toujours à l'étoile du Real Madrid Cristiano Ronaldo (93 millions $US, dont 58 en salaires). Mais Curry va devenir le premier, dans la NBA et dans le sport professionnel nord-américain, avec un contrat dépassant le chiffre astronomique de 200 millions $.
Golden State récompense ainsi le double meilleur joueur de la NBA pour sa contribution aux deux championnats remportés en trois ans (2015, 2017), mais aussi pour sa patience. Curry était jusque-là une très bonne affaire pour les Warriors : il émargeait à un salaire de 11 millions $, bien loin de LeBron James (33,3 millions $).
À qui le tour?
Élu meilleur joueur de la NBA la semaine dernière, Russell Westbrook pourrait lui aussi parapher avec Oklahoma City un contrat de 200 millions $.
Blake Griffin a rempilé avec les Clippers de Los Angeles, orphelins de Chris Paul, parti à Houston, pour 173 millions $ sur cinq ans, tandis que le meneur de Toronto, Kyle Lowry, va toucher 100 millions $ sur trois ans à Toronto.
L'autre étoile de Golden State, Kevin Durant, est lui aussi agent libre, c'est-à-dire libre de rejoindre une nouvelle équipe. Il veut rester à Oakland, où il devrait signer un contrat d'un an ou deux avec un salaire revalorisé par rapport aux 26,5 millions $ qu'il a touchés cette année, en attendant le gros lot en 2018.
Ces contrats sont, aux yeux des observateurs, logiques au regard du standing des joueurs en question, pas comme certains, jugés extravagants, signés lors de l'été 2016.
Comme lorsque Memphis a offert 153 millions $ sur cinq ans à son meneur Mike Conley, ou quand les Lakers ont fait signer un contrat de 64 millions $ sur quatre ans au pivot russe Timofey Mozgov, ou les 72 millions $ des Knicks pour le pivot franco-américain Joakim Noah, de retour de blessure.
«Pour la classe moyenne de la NBA, les contrats vont être un peu plus réalistes... Le problème, en 2016, c'était que le plafond salarial avait explosé et qu'il était très difficile de donner la juste valeur d'un joueur», explique Alexandros C. Saratsis, directeur des opérations globales de l'agence Octagon.
D'où vient cet argent?
Les géants de l'audiovisuel Turner et ESPN, une filiale de Disney, se sont engagés à débourser 24 milliards $ sur neuf ans pour diffuser les rencontres de la NBA. Depuis la saison 2016-2017, ils versent 2,6 milliards $ par saison, comparativement à 930 millions $ jusque-là.
Et ce n'est pas tout : chaque équipe négocie la vente de ses droits de télévision à un diffuseur local. Les Lakers de Los Angeles ont ainsi touché le gros lot quand le câblo-opérateur Time Warner Cable a signé un contrat sur 20 ans d'une valeur de quatre milliards $, soit 200 millions $ par saison.
Tout le monde est donc content?
Non. Des joueurs, en particulier la super vedette LeBron James, trouvent que les propriétaires d'équipes reçoivent une part du gâteau bien trop généreuse.
«Steph [Curry] devrait en fait signer cet été pour 400 millions $», a ainsi tweeté «King James», frustré contre le plafond salarial qui empêche la surenchère pour garantir la concurrence sportive entre les équipes et, aussi, protéger les bénéfices des propriétaires.
Si les salaires explosent, la valeur des équipes de la NBA s'envole : racheté en 2010 450 millions $, Golden State est désormais évalué à 2,6 milliards $.
L'univers complexe des contrats de joueurs
Magic Johnson a beau avoir remporté cinq championnats de la NBA, puis fait fortune dans les affaires, il a dû, de son propre aveu, «retourner à l'école» pour maîtriser la question très complexe des contrats consentis aux joueurs lorsqu'il est devenu président des Lakers, le printemps dernier.
La première décision de l'ancien meneur emblématique des Lakers a été de nommer Rob Pelinka, un agent de joueurs respecté, au poste de directeur général.
Sa «Bible» est un document de 598 pages, le Collective Bargaining Agreement (CBA), la convention collective qui régit notamment les contrats, la grille de salaires et la répartition des recettes.
La dernière version de cette convention collective, négociée entre les propriétaires d'équipes et les représentants des joueurs, a été signée le 19 janvier 2017 pour prendre en compte l'explosion des droits de télédiffusion (2,6 milliards $ par saison, comparativement à 930 millions $ précédemment).
C'est elle qui va permettre à Stephen Curry de signer un contrat dit «supermax» de 201 millions de dollars pour cinq ans.
Selon cette convention collective, seul Golden State était en mesure d'offrir à Curry un tel contrat - 70 millions $ de plus que ce que pouvaient proposer les autres équipes.
Parce que la franchise d'Oakland l'a repêché et parce que Curry remplissait toutes les conditions : il a plus de huit saisons dans la NBA à son actif, il a été nommé meilleur joueur de la ligue en 2015 et 2016, et il a été sélectionné dans une des équipes d'étoiles de la saison 2016-2017.
Variables
Tous les contrats sont soumis à un nombre de variables qui définit le montant du salaire annuel : l'âge, les années d'expérience, le palmarès et même le rang du repêchage, en tout début de carrière.
Mais le chiffre qui obnubile les dirigeants est le plafond salarial, le montant maximum que chaque franchise peut consacrer aux salaires et fixé pour la saison 2017-2018 à 99 millions de dollars.
Comme la NBA applique, à la différence de la NFL, un plafond dit «doux», il peut être dépassé à condition de payer une amende, la «taxe de luxe», qui peut atteindre 40 millions de dollars dans les cas de Cleveland et Golden State.
Une année exceptionnelle en 2018
Un championnat ne se gagne pas que sur les parquets. Ce sont aussi les dirigeants qui peuvent faire la différence.
En prévision d'une liste de joueurs autonomes qui s'annonce exceptionnelle en 2018 avec LeBron James, Paul George ou Isaiah Thomas sur le marché, les Lakers, en quête de leur gloire passée, ont déjà bougé leurs pions pour pouvoir dépenser plus que les autres équipes dans un an.
Ils se sont débarrassés de Timofey Mozgov (48 millions $ sur trois ans) en l'envoyant à Brooklyn, qui a, en échange, cédé Brook Lopez, un pivot qui présente plus de garanties sur le terrain et qui n'a plus qu'une année de contrat.
Avec la masse salariale ainsi libérée, les Lakers espèrent réaliser un gros coup en juillet 2018 et, pourquoi pas, s'offrir «King James».
Les sportifs les mieux payés de la planète
Les sportifs les mieux payés de la planète après le contrat-record de 201 millions de dollars sur cinq ans de Stephen Curry avec Golden State
Les sportifs les mieux payés (salaires + partenariats)
• 1. Cristiano Ronaldo (Por/soccer, Real Madrid)  93,0 M de dollars 
• 2. LeBron James (É.-U./basket, Cleveland)  86,2
• 3. Stephen Curry (É.-U./basket, Golden State)  80,0
• . Lionel Messi (Arg/soccer, FC Barcelone  80,0
• 5. Roger Federer (Sui/tennis)  64,0
• 6. Kevin Durant (É.-U./basket, Golden State)  60,6
• 7. Andrew Luck (É.-U./football/Indianapolis)  50,0
• . Rory McIlroy (Irl/golf)  50,0
• 9. James Harden (É.-U./basket, Houston)  46,6
• 10. Lewis Hamilton (G-B/F1, Mercedes)  46,0
Source magazine Forbes, chiffres pour 2016, sauf pour Curry, nouvelle estimation avec son nouveau contrat.
Les plus gros salaires du sport mondial
• 1. Cristiano Ronaldo (Por/soccer, Real Madrid)  58,0 M de dollars 
• 2. Lionel Messi (Arg/soccer, FC Barcelone)  53,0
• 3. Andrew Luck (É.-U./football, Indianapolis)  47,0
• 4. Lewis Hamilton (G-B/F1, Mercedes)  38,0
• . Sebastian Vettel (All/F1, Ferrari)  38,0
• 6. Stephen Curry (É.-U./basket, Golden State)  34,7
• 7. Fernando Alonso (Esp/F1, McLaren)  34,0
• 8. Fletcher Cox (É.-U./football, Philadelphie)  33,4
• 9. LeBron James (É.-U./basket, Cleveland)  33,3
• 10. Clayton Kershaw (É.-U./Baseball, Dodgers)  32,5
Pour les joueurs de football, le salaire mentionné prend en compte une prime de signature qui peut dépasser les 20 millions de dollars.
Les joueurs NBA les mieux payés lors de la saison 2017-18 (salaire uniquement)
• 1. Stephen Curry (Golden State)  34,7 millions de dollars 
• 2. LeBron James (Cleveland)  33,3
• 3. Kyle Lowry (Toronto)  30,8
• 4. Blake Griffin (Clipper)  29,7
• 5. Mike Conley (Memphis)  28,5
• . Russell Westbrook (Oklahoma City)  28,5
• 7. James Harden (Houston)  28,3
• 8. DeMar DeRozan (Toronto)  27,7
• 9. Kevin Durant (Golden State)  26,5 (2016-17, contrat en négociation)
• 10. Carmelo Anthony (New York Knicks)  26,2
Sources sites internet Spotrac et basketball-reference