Luke Kutkevicius est un centre de troisième trio possédant une solide e expérience. Exactement le genre de joueur que recherchaient les Remparts.

Luke Kutkevicius: un cadeau de «Bundy»

Il a beau avoir des racines lituaniennes et comprendre le français, Luke Kutkevicius est surtout un centre de troisième trio avec de l’expérience. Et c’est exactement ce que cherchaient les Remparts, qui reçoivent les Saguenéens cet après-midi.

«J’ai appelé mon chum Bundy, à Windsor, et je lui ai demandé : “Is it O.K.? ” Il m’a dit : “Oui, ça me fait plaisir de te l’envoyer.” Et c’est comme ça que Luke est arrivé ici», explique simplement Patrick Roy, à propos de son nouvel attaquant de 20 ans.

Bon. «Bundy», c’est Warren Rychel. L’ancien dur à cuire de la LNH devenu copropriétaire, vice-président et directeur général des Spitfires de Windsor, dans la ligue de l’Ontario. Le surnom lui viendrait d’un coach des rangs mineurs qui comparait son tour de taille à celui de l’adipeux lutteur King Kong Bundy. Ça lui est resté.

Rychel et Roy ont gagné une Coupe Stanley ensemble, en 1996, avec l’Avalanche du Colorado. Ils sont aujourd’hui chacun à la barre d’un club junior majeur, le célèbre gardien de but occupant les chaises de dg et d’entraîneur-chef à Québec.

Bonne année!

L’histoire commence au tournant de la nouvelle année. Voyant que ses Spitfires végètent au classement — 15es sur 20 avant les matchs de vendredi — et que son attaquant de 20 ans ne revendique que six buts et 16 points en 30 matchs, Rychel décide d’y aller avec des jeunes et libère Kutkevicius.

L’agent de Kutkevicius, Ian Pulver, dont l’agence codirigée par Igor Larionov gère aussi la carrière des joueurs des Remparts Philipp Kurashev et Aleksei Sergeev, se tourne alors vers Roy et lui offre les services du Torontois. Roy contacte tout de go son chum Rychel et l’affaire est dans le sac.

«Ça ne fonctionnait pas à Windsor. J’aimais bien tous les joueurs, mais je ne m’entendais pas avec les entraîneurs. Alors on a convenu qu’il était mieux pour moi de partir», affirme de son côté le nouveau numéro 18 des Remparts, révélant sa version des circonstances entourant son divorce avec les Spitfires.

Québec constitue un quatrième arrêt en quatre saisons dans le junior majeur pour Kutkevicius, après Mississauga (11 points en 41 matchs), Hamilton (28 points en 95 matchs) et Windsor (38 points en 70 matchs).

«J’espérais trouver le meilleur endroit pour continuer à jouer et les Remparts cherchaient quelqu’un. Patrick est un bon gars, a été un bon joueur et est un bon coach. Ça va bien jusqu’à maintenant et j’espère que ça va continuer», résume celui qui comprend bien le français et le parle un minimum.

Il a inscrit son premier but avec sa nouvelle équipe à son troisième match, dans une défaite contre Gatineau. La plus grande différence entre les ligues du Québec et de l’Ontario réside dans le jeu plus physique de ce côté-ci, estime-t-il.

Jamais repêché par la LNH, le patineur de 6’ 1” et 180 lb a participé aux camps présaison des Red Wings de Detroit et des Blue Jackets de Columbus, en 2017. Avec maintenant plus ou moins trois mois de hockey junior à disputer, le jeune homme dit y aller «un jour à la fois» et attend de voir où la vie le mènera ensuite.

Entre deux jeunes

«Depuis le début de la saison, je me cherchais un troisième centre. On avait un bogue là», fait valoir Roy. «Je voulais un gars d’expérience pour jouer entre Pierrick Dubé et Gabriel Montreuil, alors Luke cadrait parfaitement. C’est plaisant d’avoir deux joueurs de 17 ans chaque bord, mais ça prend un peu d’expérience avec eux. J’aime aussi sa vitesse et il fait du bon boulot sur les mises en jeu.»

Le patron du volet hockey des Remparts avait d’ailleurs tenté l’expérience de muter le défenseur de 20 ans Benjamin Gagné à l’attaque, avant les Fêtes. Roy n’avait toutefois pas été convaincu et voyant les arrières recrues Félix-Olivier Chouinard et Dylan Schives prendre du galon, le sort de Gagné en a été jeté. Il a d’abord été retourné chez lui, ce qui sous-tend aussi d’autres différends avec Roy, avant d’être échangé aux Sea Dogs de Saint-Jean.

Un poste de joueur de 20 ans se libérait alors pour Kutkevicius, les deux autres appartenant toujours aux défenseurs Étienne Verrette et Sam Dunn.

Et la Lituanie? Son grand-père paternel vient du petit pays balte et a immigré au Canada. Ses deux parents sont nés ici et il ne parle pas un mot de lituanien.

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PECA ÉCHANGÉ CONTRE...UN MATCH!

Le meilleur joueur ontarien qui a failli jouer avec les Remparts de Québec est assurément Matthew Peca, cette saison avec le Canadien de Montréal. Mais à l’été 2011, Peca, prometteur Franco-Ontarien de Petawawa, doit décider s’il privilégie l’avenue du junior canadien ou celle des universités américaines. Après avoir travaillé fort sur le dossier, Patrick Roy proclame que le seul endroit où le choix de septième ronde du Lightining de Tampa Bay jouera au Canada, c’est à Québec. Et en retour de sa libération, Roy offre à l’équipe ontarienne qui détient ses droits un ou même deux matchs hors concours que ses Remparts iront jouer au domicile du généreux club. Puis s’engage une danse où Peca passe d’une équipe à l’autre à travers transaction et ballottage : Windsor, Kingston, Kitchener, Niagara Falls et Ottawa seront impliquées de près ou de loin. Les Remparts iront bel et bien jouer un match préparatoire chez les 67 d’Ottawa, mais à la suite d’une intervention du commissaire de l’OHL et de la LCH, David Branch, pour l’empêcher de jouer au hockey junior majeur ailleurs qu’en Ontario — Roy criera au conflit d’intérêts —, Peca passera les quatre saisons suivantes à l’Université Quinnipiac, au Connecticut, au rythme de presque un point par match. Olivier Bossé

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D’AUTRES ONTARIENS MARQUANTS 

En 21 saisons depuis leur renaissance, les Remparts de Québec ont fait confiance à quelques joueurs provenant de l’Ontario, certains avec plus de succès que d’autres. Luke Kutkevicius est le dernier en lice des neuf ayant aussi évolué dans le circuit junior majeur ontarien (OHL), comme le montre le tableau ci-contre. Mais d’autres patineurs originaires de la province voisine ont eu un impact certain lors de leur passage dans l’uniforme des Diables rouges. Au premier chef, l’adjoint au capitaine et actuel arrière de 20 ans Sam Dunn (2017-19; 53 pts en 110 pj), Aaron Dutra (2014-17; 36 pts en 124 pj), Mike McNamee (2011-12; 41 pts en 57 mj) et Alexandre Boivin (2012-14; 29 pts en 79 pj). Outre Dunn et Kutkevicius, on compte cette année aussi les recrues Dylan Schives (3 pts en 32 mj), un défenseur, et Spencer Blackwell (2 pts en 31 mj), un attaquant, qui viennent de l’Ontario et qui occupent un casier dans le vestiaire des Remparts.

Fiche en saison avec les Remparts des Ontariens ayant joué dans l’OHL

  • Luke Kutkevicius, att (2018-19) 7 pj 1 b 2 a 3 pts 0 mp
  • Austin McEneny*, déf (2015-16) 48 pj 2 b 9 a 11 pts 18 mp
  • Adam Chapman, att (2013-15) 39 pj 11 b 19 a 30 pts 108 mp
  • Stephen Midensky, déf (2012-13) 39 pj 1 b 10 a 11 pts 23 mp
  • Charles Lavigne, gar (2008-09) 51 pj 34-11-2 moy 2,37 eff ,916
  • Scott Della Vedova, gar (2000-01) 31 pj 5-19-1 moy 4,54 eff ,879
  • Ivan Curic, déf (2000-01) 10 pj 0 b 5 a 5 pts 32 mp
  • Billy Rochefort*, déf (1999-2000) 2 pj 0 b 0 a 0 pts 0 mp
  • Kurt Johnston, att (1997-98) 50 pj 14 b 10 a 24 pts 142 mp

* Ont joué dans l’OHL après leur passage chez les Remparts.