Le partant des Giants Yomiuri, Tomoyuki Sugano, lance devant des gradins vides lors du match d’ouverture contre les Tigers Hanshin, à Tokyo, vendredi.
Le partant des Giants Yomiuri, Tomoyuki Sugano, lance devant des gradins vides lors du match d’ouverture contre les Tigers Hanshin, à Tokyo, vendredi.

Play ball... au Japon

TOKYO — Le baseball japonais a réussi ce que le baseball majeur ne parvient pas à faire — donner le coup d’envoi à sa saison.

Après un retard de trois mois causé par la pandémie de coronavirus, la deuxième ligue de baseball la plus importante au monde a amorcé, vendredi, une saison qui sera écourtée de ses 143 matchs habituels à 120. Cela représente, bien sûr, le double des chiffres de la MLB — si on arrive à s’entendre.

La saison régulière se terminera le 7 novembre, suivie des matchs éliminatoires.

Ce n’est pas un début parfait, mais les 12 équipes de la ligue ont pu jouer. Deux des matchs ont été présentés dans des stades à ciel ouvert à Tokyo et à Yokohama. Ils ont commencé avec un retard d’environ 30 minutes en raison d’une menace de pluie.

Les quatre autres ont eu lieu dans des stades couverts à Tokyo, Osaka, Fukuoka et Saitama.

«Je suis très heureux, excité par le match d’aujourd’hui, a admis le Vénézuélien Alexander Ramirez, le gérant des BayStars de Yokohama. Juste à penser à tout ce temps que nous avons dû attendre. C’est une sensation agréable.»

Pas le droit de cracher

Tous les matchs au Japon se joueront sans spectateurs au moins jusqu’à juillet. La ligue a également révisé le calendrier pour limiter les déplacements. Il y aura des tests et des quarantaines périodiques et, selon les directives de la ligue, les joueurs n’auront pas le droit de cracher.

Les équipes peuvent avoir 26 joueurs en uniforme et choisir parmi 31 joueurs sur la liste active de la formation. Le personnel de soutien doit porter des masques.

Au Tokyo Dome, l’équipe locale des Giants Yomiuri a défait les Tigers Hanshin 3-2. Il s’agit de la 6000e victoire de l’équipe depuis 1934.

Le stade de Yokohama, qui accueillera la finale olympique de baseball l’année prochaine, reflétait bien l’atmosphère. Les sièges derrière le marbre et le long des lignes de démarcation étaient recouverts de 5000 grands panneaux, la plupart portant des visages d’amateurs avec divers messages de soutien.

«J’attends depuis si longtemps», lisait-on en japonais sur un panneau. Un autre disait : «Mon cœur est toujours ici.»

Michael Peoples, un Américain qui est censé être le partant, samedi, à Yokohama, contre Hiroshima, a quitté l’organisation des Indians de Cleveland pour tenter sa chance au baseball japonais comme joueur autonome.

«C’est évidemment un nouvel environnement, mais je pense que je peux en dire beaucoup, a mentionné Peoples. Même avec la pause que nous avons connue et les moments difficiles à travers le pays — et partout dans le monde — nous avons obtenu un soutien incroyable de la part des amateurs et du personnel.»

Le Japon a enregistré près de 1000 décès attribués à la COVID-19. Si on compare aux presque 120 000 décès aux États-Unis, qui comptent 2,6 fois la population du Japon, mais environ 120 fois plus de décès.