L’ancien attaquant du Canadien Pierre Sévigny est non seulement fier que ses fils Mathieu (à gauche) et Vincent évoluent dans la LHJMQ, il est également très heureux que ceux-ci soient coéquipiers chez les Tigres.

Place aux Sévigny, nouvelle génération

Le hockey junior regorge de fils d’anciens joueurs de la LNH. Mais deux frères, dans la même équipe en plus, c’est rare. Les garçons de Pierre Sévigny, Mathieu et Vincent, en profitent le plus possible pendant que ça passe.

«Ce n’est pas le rêve de notre père, c’est vraiment notre rêve. Et on est heureux de le faire, encore plus ensemble. On a vécu ça avec lui étant plus jeunes et c’est maintenant à lui de vivre ça avec nous», a expliqué l’aîné Mathieu, jeudi, avant la rencontre opposant les Tigres de Victoriaville aux Remparts de Québec, au Centre Vidéotron.

L’ailier de 20 ans a regardé le match du haut de la passerelle. Il s’est blessé après avoir reçu un tir sur la cheville au premier match de la saison. Son frangin, Vincent, défenseur recrue de 17 ans, disputait pour sa part son quatrième match à vie dans le junior majeur, son troisième cette saison.

Ils n’avaient jamais joué dans la même équipe. Pas officiellement. «C’est spécial, mais on s’entraîne ensemble l’été et que ce soit dans la rue ou au X-Box, on joue souvent ensemble pour le fun», sourit le plus vieux, sous le regard complice du plus jeune.

Fierté paternelle

Repêché par les Voltigeurs de Drummondville en 2014, Mathieu a été échangé aux Tigres quelques minutes avant que ceux-ci ne repêchent son frère, lors de la sélection de 2017. Une journée très émotive pour le paternel.

«Les deux dans le junior majeur, c’est une fierté!» reconnaît Pierre Sévigny, présent jeudi soir dans les gradins. «Mais on ne pensait jamais qu’ils joueraient ensemble. C’est la première fois que je vais sauver sur l’essence!» rigole-t-il.

Aujourd’hui âgé de 47 ans, Sévigny a joué 15 ans dans les rangs professionnels. Mais surtout 81 matchs dans la LNH au milieu des années 1990, presque tous avec le Canadien de Montréal, qui en avait fait son choix de troisième ronde en 1989. Deux rangs avant que les Red Wings de Detroit ne prennent Niklas Lidstrom.

«Je suis plus nerveux quand je viens les voir jouer que quand je jouais», enchaîne le paternel, qui a passé l’essentiel de sa carrière dans la Ligue américaine. Sévigny a entre autres enregistré deux saisons de 39 et 36 buts avec le Canadien de Fredericton.

L’importance du plan B

Il insiste sur l’importance pour ces fistons d’avoir un plan B. Car malgré une très belle carrière chez les juniors, il a été le tout premier choix en 1988 pour Verdun et a remporté l’or au Mondial junior en 1991, puis dans les rangs professionnels avec plus de 500 matchs dans la LAH, Sévigny rappelle avoir joué «moins que 100 matchs dans la LNH».

La famille habite Cap-Rouge, les garçons logent dans la même pension, à Victoriaville. Avec son épouse Chantal, Pierre dirige le Tim Hortons de la rue Bouvier depuis 14 ans. Les garçons prêtent main-forte de temps à autre, surtout l’été. À la fête du Travail, l’un était à la vaisselle et l’autre au service à l’auto.

Après avoir participé à des camps pros avec Winnipeg et Calgary, Mathieu, dont c’est la dernière saison junior, pourrait se diriger dans le domaine de l’assurance. Vincent est au cégep et s’est vanté jeudi à son père d’avoir décroché un 92 % dans son examen de mathématiques.

Un troisième Sévigny érafle les patinoires de Québec avec le Noroît atome BB : Olivier, huit ans. Papa voit que le benjamin s’intéresse plus au hockey depuis que ses frères sont dans le junior. «On lui donne quelques conseils, mais à cet âge-là, il doit jouer juste parce qu’il a le goût de s’amuser et non parce que nous on joue ou que notre père a joué», indique Vincent.