PKP au PQ: «impact zéro» sur le retour des Nordiques, clame Labeaume

L'implication de Pierre Karl Péladeau en politique avec le Parti québécois n'aura aucun impact sur la gestion de l'amphithéâtre, ni sur les négociations entourant le retour des Nordiques, a juré le maire de Québec, Régis Labeaume. Dorénavant, Brian Mulroney est l'homme de la situation au sein du «trio de choc» formé avec Robert Dépatie et Pierre Dion.
<p>Le maire Régis Labeaume a convoqué les médias lundi pour réagir à l'entrée de Pierre-Karl Péladeau dans l'arène politique. </p>
Le maire avait convoqué les médias lundi pour réagir à l'entrée-surprise de Pierre Karl Péladeau dans l'arène politique. Ce faisant, celui qui menait de front le dossier de la gestion de l'amphithéâtre et les négociations avec la Ligue nationale de hockey (LNH) pour le retour des Nordiques à Québec a annoncé qu'il se désengageait de ces deux dossiers majeurs pour la capitale.
M. Labeaume a été mis au courant de sa démarche dimanche soir, avant de prendre l'avion qui le ramenait de la Suisse. Il a parlé à M. Péladeau lundi matin. Il a salué l'implication politique de son «ami» et affirmé que sa venue était «une excellente nouvelle pour la démocratie».
Mais il n'a pas voulu commenter quand les journalistes lui ont demandé s'il avait été surpris par la candidature de M. Péladeau. «On se connaît bien depuis trois ans. Je ne veux pas commenter là-dessus.»
Le projet «entre bonnes mains» avec Mulroney
Régis Labeaume a voulu faire une «mise au point» sur le dossier du retour des Nordiques. Le projet est «entre bonnes mains», estime-t-il. Et ces mains sont celles de l'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, de Robert Dépatie, président et chef de la direction de Québecor, et de Pierre Dion, président de TVA. «Pierre Karl Péladeau incarnait le projet jusqu'à lundi. Mais il était appuyé par une équipe de très haut calibre. Une équipe de choc», dont Brian Mulroney est maintenant la figure de proue.
L'ancien premier ministre est impliqué dans les négociations «depuis le tout début» et est très respecté par le commissaire de la LNH, Gary Bettman, avec qui il est en contact constant, a fait savoir le maire. «Ils se parlent directement depuis très longtemps et sans intermédiaire», assure-t-il. «C'est une garantie extraordinaire, M. Mulroney, dans ce dossier-là.»
Ce changement à la tête de l'entreprise qui négocie avec la Ligue ne changera rien. «Impact zéro sur la gestion [de l'amphithéâtre], impact zéro sur le démarchage auprès de la LNH», a-t-il martelé. «L'implication politique de Pierre Karl Péladeau n'altère aucunement le travail concernant le retour éventuel des Nordiques de Québec.»
Quant à la confession souverainiste faite par l'ancien patron de Québecor, cela n'aura pas davantage de conséquences, croit-il. La LNH n'a que faire de la situation politique du Québec, soutient le maire. Elle s'intéresse «à l'argent» et à la rentabilité d'une future équipe. «C'est une organisation qui fait des affaires et qui ne fonctionne pas sur l'émotion.»
Même chose pour les autres propriétaires d'équipe, a dit le maire, qui a cité au hasard les Kings de Los Angeles et les Maple Leafs de Toronto. «Qu'est-ce que vous voulez que ça leur fasse? Lui, à Toronto, il veut juste savoir si les Nordiques qui reviennent à Québec, ça va être plus payant pour lui. Et ils sont très heureux, ces propriétaires-là. Et ils adorent Québecor depuis qu'ils ont signé le nouveau contrat [de 5,2 milliards $ sur 12 ans] sur les droits de télédiffusion avec Rogers.»
Sur les questions touchant l'éthique, le maire n'a pas voulu s'avancer. «Ça ne me regarde pas», a-t-il répondu à plusieurs reprises aux journalistes qui le talonnaient afin de savoir ce qu'il pensait du fait que Pierre Karl Péladeau conservait ses parts dans Québecor, alors qu'il s'engage en politique. «Je ne suis que le maire de Québec.»  
PKP au PQ : mauvais pour les Nordiques, selon Couillard
Pour sa part, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, croit que le saut en politique de Pierre Karl Péladeau risque de «sérieusement fragiliser» le possible retour des Nordiques à Québec.
«Je ne pense pas que les dirigeants de la Ligue nationale vont apprécier», a lancé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) lundi matin en marge d'une annonce dans la capitale.
Il a ainsi fait sienne la position de son candidat dans Louis-Hébert, Sam Hamad, qui, dimanche, disait voir d'un mauvais oeil la décision de M. Péladeau de se joindre au Parti québécois de Pauline Marois.
«C'est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui avaient espoir de revoir les Nordiques à Québec, c'est une mauvaise nouvelle pour Régis [Labeaume], c'est une mauvaise nouvelle pour les amateurs de hockey», a dit M. Hamad.
En plus de travailler à dénicher une équipe de la LNH, Québecor sera le gestionnaire du futur amphithéâtre de 400 millions $ qui ouvrira ses portes en septembre 2015.
Lors de l'annonce de sa candidature, dimanche, M. Péladeau a toutefois voulu se faire rassurant sur les négociations avec la LNH. Il s'est dit convaincu que le plan actuel avec Québecor «permettra à la Ligue nationale et à toutes les parties prenantes de faire en sorte de s'enrichir et, en conséquence, de faire que la candidature de la ville de Québec demeure une excellente et très bonne candidature».