Sur le deuxième penalty prononcé par l’arbitre qui a eu recours à la vidéo, la défenseure Wendie Renard a compté son 23e but en sélection.

Piteuse prestation des Françaises au Mondial

RENNES — Auteures d’une piteuse prestation, les Bleues ont assuré la première place de leur groupe grâce à un penalty de Wendie Renard contre le Nigeria lundi à Rennes (1-0), mais devront nettement élever leur niveau en huitième de finale du Mondial-2019.

La France a maintenant rendez-vous dimanche au Havre pour affronter le troisième du groupe C, D ou E en huitième. Même si les calculs sont difficiles à faire avant la fin du premier tour, il pourrait s’agir de l’Australie ou du Brésil, dans le groupe C.

Il faudra en tout cas faire beaucoup mieux sur le terrain, malgré les trois succès de rang, une première pour la France en Mondial. Car les Françaises ont eu besoin d’un scénario rocambolesque pour s’en sortir face aux Nigérianes.

Après une faute contre Viviane Asseyi et le recours à la vidéo, l’arbitre a sorti le rouge contre Ngozi Ebere et sifflé un premier penalty, raté par Renard. Puis un deuxième dans la foulée, encore grâce à la vidéo, en reprochant à la gardienne d’être sortie trop tôt sur la tentative initiale de la défenseure française...

Renard a cette fois marqué son 23e but en sélection et soufflé un grand coup, après 79 minutes de jeu indigentes, alors que le public breton très enthousiaste ne demandait qu’à s’enflammer.

Thiney souffre

Le match raté de Gaëtane Thiney, symbolisé par sa frappe dévissée à la 58e minute malgré un service impeccable de Delphine Cascarino, a incarné à merveille les difficultés françaises.

Très crispées, elles ont eu un mal fou à construire le jeu. Aucune de leurs tentatives n’a trouvé le cadre en première demie : frappe de Viviane Asseyi à côté dès la 11e minute, tête au-dessus de Valérie Gauvin à la 14e ou une bonne reprise de volée d’Amandine Henry, encore à côté (17e).

Et les Bleues se sont surtout distinguées par leurs approximations, poussant la capitaine Amandine Henry à pester contre Asseyi dès la 20e minute. Comme un air de Danemark-France au Mondial-2018 chez les garçons, pénible troisième match de groupe des joueurs de Didier Deschamps...

Malgré un léger sursaut en deuxième demie et les «Allez les Bleues!» du public pour une frappe dans le petit filet de Delphine Cascarino, elles n’ont guère fait mieux, entre les têtes non cadrées de Renard ou la frappe qui s’envole de Bilbaut.

Corinne Diacre, qui avait voulu ménager ses cadres avec quatre changements dans son onze de départ, à dû se résoudre à faire rentrer Eugenie Le Sommer et Kadidiatou Diani dès la 63e minute.

Bretonne de l’étape, Le Sommer a eu droit à une grande ovation des quelque 28 000 spectateurs du Roazhon Park.

Les Bleues pourront certes se dire qu’elles ont fait un sans-faute avec trois victoires conte la Corée du Sud 4-0, la Norvège 2-1 et ce triste Nigeria-France.

Mais l’éventuel quart de finale qui pourrait avoir lieu contre les États-Unis, championnes du monde en titre et impressionnantes depuis le début du tournoi, a de quoi faire peur.

+

L’ALLEMAGNE VOULAIT «LES NEUF POINTS»

L’Allemagne a gagné contre l’Afrique du Sud 4-0, lundi.

MONTPELLIER — Si la sélectionneuse allemande Martina Voss-Tecklenburg n’a pas fait tourner contre l’Afrique du Sud (4-0), c’est parce qu’elle voulait «les neuf points», a-t-elle expliqué lundi à Montpellier après la victoire de l’Allemagne, synonyme de première place du groupe B du Mondial féminin.

Q  Qu’est-ce qui vous a plu dans ce match, et qu’est-ce qui vous a moins plu?

R  «Par moment, on a réussi de très belles passes, ce troisième but est comme dans un rêve, on voit à quel point le foot peut être simple. Nous avons varié notre jeu, nous sommes passées par les couloirs, arrivées dans la surface. Et nous avons su marquer avant la pause. Il y a des points qui ne m’ont pas plu, vous savez, une sélectionneuse n’est jamais satisfaite [rires]! Je dois revoir le match à tête reposée, mais parfois nous avons cherché des solutions compliquées, par précipitation. J’ai dit à mes joueuses de faire les choses plus simplement, de donner le ballon plus vite, de prendre l’espace plus rapidement. Les joueuses veulent se montrer, marquer des buts, c’est normal, mais on a ouvert les espaces pour l’Afrique du Sud et elles ont des joueuses rapides. Il fallait aussi défendre de manière plus compacte. Mais je peux comprendre que les joueuses se disent qu’on va jouer un foot offensif.»

Q  Vous étiez déjà qualifiées, pourtant vous n’avez pas fait tourner, ne vouliez-vous pas apporter un peu de fraîcheur?

R  Nous voulions remporter ce match pour obtenir les neuf points, nous choisissons le onze de départ qui pourra remporter le match. Nous avons des remplaçantes, mais je n’ai pas jugé nécessaire à la mi-temps de mettre des joueuses au repos. Et puis en tant qu’entraîneur, on cherche aussi la sécurité. Après, j’aurais aimé changé cinq postes si possible... Mais j’espère que ce résultat insufflera de la confiance, neuf points cela ne coule pas de source, nous nous sommes battues.»

Q  Dzsenifer Marozsan sera-t-elle remise pour les huitièmes de finale?

R  «Nous ne pouvons pas encore répondre à cette question. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qu’elle va jouer en huitièmes, elle n’était pas encore sur le terrain avec nous hier. On enregistre de petits progrès, mais je ne sais pas si ça suffira pour les huitièmes.»